Assurance propriétaire bailleur : quelles garanties pour protéger votre bien et vos revenus locatifs ?

Publié le 16 septembre 2026

Temps de lecture : 8 minutes

Mettre un logement en location expose à des risques bien réels : sinistres non couverts par le locataire, loyers impayés, dégradations, vacance locative. L'assurance propriétaire bailleur permet de protéger le logement et la responsabilité du propriétaire. Selon les contrats et garanties souscrites, elle peut être complétée par des protections relatives à la relation locative, comme la garantie loyers impayés.

L'essentiel :

Pour tout logement situé en copropriété, le copropriétaire doit être assuré au titre de sa responsabilité civile depuis la loi ALUR du 24 mars 2014, et cette assurance est fortement recommandée pour une maison individuelle. Dans les faits, cette couverture de responsabilité civile est le plus souvent incluse dans un contrat d'assurance propriétaire non occupant (PNO). Cette assurance peut couvrir les sinistres survenant dans votre bien, y compris pendant les périodes sans locataire. Pour sécuriser vos revenus locatifs, deux dispositifs complémentaires existent : la garantie loyers impayés (GLI) et la garantie Visale, proposée gratuitement par Action Logement. Les cotisations d'assurance sont déductibles de vos revenus fonciers si vous êtes au régime réel d'imposition, conformément à l' article 31 du Code général des impôts.

La question de l'obligation légale est souvent la première que se pose un propriétaire bailleur avant de mettre son bien en location. La réponse dépend du type de logement concerné et du cadre juridique issu de la loi ALUR.

Pour un appartement situé en copropriété, la souscription d'une assurance responsabilité civile est obligatoire depuis la loi ALUR du 24 mars 2014. Elle couvre les dommages que votre logement pourrait causer aux autres copropriétaires ou à des tiers. Pour une maison individuelle mise en location, l'assurance propriétaire non occupant de maison individuelle n'est pas légalement imposée. Mais elle reste vivement recommandée : sans elle, vous seriez personnellement tenu d'indemniser les victimes d'un sinistre trouvant son origine dans votre bien.

L' assurance habitation souscrite par un locataire ne couvre pas tous les cas de figure. Elle peut être insuffisante, voire absente si le locataire n'a pas respecté son obligation légale de s'assurer contre les risques locatifs, prévue à l' article 7 de la loi du 6 juillet 1989. L'assurance PNO prend alors le relais pour couvrir les situations suivantes :

  • les sinistres survenus pendant une période de vacances locatives
  • les dommages liés à un vice de construction
  • les situations où la responsabilité du locataire n'est pas engagée
Bon à savoir

Depuis la loi ALUR, si un locataire ne justifie pas d'une assurance habitation, le bailleur peut souscrire une assurance pour son compte et en récupérer le coût sur le loyer. Cette possibilité est encadrée par la loi et ne peut être utilisée qu'après mise en demeure restée sans réponse. Elle ne dispense pas le propriétaire de souscrire sa propre assurance PNO pour couvrir sa responsabilité et les risques qui lui sont propres.

L' assurance propriétaire non occupant s'apparente à une assurance habitation adaptée au profil du propriétaire qui n'occupe pas son logement. Elle se compose de garanties de base, présentes dans la quasi-totalité des contrats, et de garanties optionnelles à activer selon votre situation locative. Voici ce qu'il faut savoir pour bien évaluer votre niveau de protection.

Selon les contrats, les garanties de base peuvent notamment inclure :

  • une garantie responsabilité civile, pour couvrir les dommages causés à des tiers
  • une couverture contre les risques classiques (incendie, explosion, dégâts des eaux, catastrophes naturelles)
  • une garantie bris de glace, vol et vandalisme

Sous réserve des conditions, limites et exclusions prévues au contrat, ces garanties peuvent continuer à s'appliquer pendant certaines périodes de vacance locative. C'est un avantage majeur par rapport à la seule assurance du locataire, qui cesse de produire ses effets dès que le bail prend fin.

En complément des garanties de base, plusieurs options permettent d'adapter la couverture aux spécificités de votre investissement locatif. Parmi les plus utiles :

  • la garantie loyers impayés (GLI), pour sécuriser vos revenus en cas de défaut de paiement 
  • la protection juridique propriétaire bailleur, pour couvrir les frais de procédure en cas de litige 
  • l'indemnisation des dégradations locatives imputables au locataire 
  • la couverture des biens mobiliers, particulièrement utile pour une location meublée

Plus votre exposition au risque est élevée, plus ces options méritent d'être étudiées sérieusement.

Les loyers impayés représentent l'une des principales préoccupations des propriétaires bailleurs. Deux dispositifs permettent de sécuriser ses revenus locatifs : la garantie loyers impayés (GLI), souscrite auprès d'un assureur, et la garantie Visale, proposée gratuitement par Action Logement. Ces deux solutions répondent à des profils de locataires différents et peuvent se révéler complémentaires selon votre situation.

La GLI est une assurance payante qui peut vous indemniser en cas de défaut de paiement du locataire. Elle peut également couvrir les frais de procédure (commissaire de justice, avocat) et les dégradations locatives, selon les conditions prévues au contrat. Pour en bénéficier, le locataire doit présenter un profil de solvabilité solide : les critères d'éligibilité varient selon les assureurs. Ils reposent généralement sur la situation professionnelle du locataire et sur un niveau de revenus suffisant au regard du loyer. Son coût se situe généralement, à titre indicatif, entre 2 % et 4,5 % du loyer mensuel charges comprises. 

À noter : conformément à l' article 22-1 de la loi du 6 juillet 1989, il n'est pas possible de cumuler une assurance loyers impayés et une caution solidaire, sauf dans le cas d'un étudiant ou d'un apprenti.

Alternative gratuite à la GLI, la garantie Visale est un dispositif de cautionnement géré par Action Logement. En cas d'impayé, c'est Action Logement qui indemnise le propriétaire, puis se retourne vers le locataire pour récupérer les sommes dues. Depuis 2019, les dégradations locatives imputables au locataire peuvent également être couvertes dans ce cadre.

Pour être éligible à Visale en 2026, le locataire doit répondre à l'un des critères suivants :

  • avoir entre 18 et 30 ans, quelle que soit sa situation professionnelle
  • avoir plus de 30 ans et être salarié du secteur privé ou agricole, en remplissant l'une des conditions suivantes : 
  1. être en prise de poste depuis moins de 6 mois (CDI, CDD, intérim ou promesse d'embauche) ;
  2. être en situation de mobilité professionnelle (mutation géographique) ;
  3. disposer d'un salaire net mensuel inférieur ou égal à 1 710 €.

Le logement doit également respecter plusieurs conditions :

Pour le propriétaire bailleur, la démarche est simple : création d'un compte sur le site d'Action Logement, puis validation du visa transmis par le locataire. La garantie Visale est proposée sans frais au bailleur par Action Logement.

Attention : le contrat Visale doit impérativement être signé avant la signature du bail d'habitation. Passé ce délai, la garantie ne peut plus être activée.

Le prix d'une assurance PNO varie selon plusieurs critères : nature du bien (appartement ou maison), superficie, caractère meublé ou vide, montant de la franchise et garanties souscrites. En moyenne, la cotisation annuelle se situe à titre purement indicatif entre 60 € et 150 € pour une couverture de base, soit environ 1 % à 2 % des loyers annuels perçus. Une couverture étendue peut atteindre 4 % des loyers. 

Si vous avez opté pour le régime réel d'imposition, les cotisations de votre assurance PNO sont déductibles de vos revenus fonciers. En effet, selon le Bulletin Officiel des Finances Publiques (BOFIP), l'ensemble des primes d'assurance se rapportant à un immeuble dont les revenus sont imposés dans la catégorie des revenus fonciers, selon le régime réel d'imposition, sont déductibles pour leur montant réel et justifié. Il en va de même pour les cotisations d'une assurance loyers impayés souscrite en complément. Cette déductibilité s'applique au même titre que les intérêts d'emprunt, les frais de gestion locative ou la taxe foncière. Elle réduit sensiblement le coût réel de votre protection locative et renforce l'intérêt économique de ces garanties. Pour vérifier les conditions exactes applicables à votre situation, il est conseillé de consulter un professionnel.

Le choix entre ces 2 dispositifs dépend avant tout du profil de votre locataire. Voici les points de différenciation à retenir :

  • La GLI s'adresse à tous les profils de locataires solvables, sans condition d'âge ni de type de contrat de travail.
  • Visale cible les locataires jeunes (18-30 ans) ou les salariés en début de poste, et reste totalement gratuite pour le bailleur.
  • La GLI offre généralement une couverture plus large (durée d'indemnisation, plafonds), selon les conditions prévues au contrat.
  • Visale et GLI ne sont généralement pas cumulables, sauf dans les cas prévus par la réglementation, notamment pour certains étudiants ou apprentis.

En pratique, si votre locataire est éligible à Visale, ce dispositif représente une solution sans coût direct pour vous. Si son profil ne correspond pas aux critères d'éligibilité, la GLI constitue alors une alternative sérieuse à envisager, en tenant compte de son coût et des conditions de souscription. Dans tous les cas, ces dispositifs viennent en complément de votre assurance PNO, qui reste le socle de protection de votre bien.

C'est l'un des avantages les moins connus de l'assurance propriétaire bailleur : contrairement à l'assurance habitation souscrite par un locataire, qui cesse de produire ses effets dès la fin du bail, l'assurance PNO peut couvrir votre bien en permanence, y compris pendant les périodes de vacance locative. Concrètement, si un dégât des eaux survient entre deux locations, ou si un incendie se déclare alors que le logement est inoccupé, vous restez couvert. C'est précisément dans ces situations que l'absence d'assurance PNO peut coûter très cher, puisqu'aucune assurance locataire ne peut alors prendre le relais.

L'assurance PNO ne couvre pas automatiquement les dommages liés à des travaux de rénovation ou d'agrandissement. Si des travaux importants sont prévus, il peut être nécessaire de souscrire une assurance spécifique, comme une assurance dommages-ouvrage dans les cas où elle est obligatoire. Il est également recommandé d'informer votre assureur des modifications apportées au bien afin d'adapter votre contrat si nécessaire.

Oui, si ces annexes font partie de la location, il est conseillé de vérifier qu'elles sont bien incluses dans le contrat d'assurance propriétaire bailleur. Selon les assureurs, les caves, garages, parkings ou dépendances peuvent être couverts d'office ou nécessiter une déclaration spécifique. En cas de sinistre, une annexe non déclarée pourrait entraîner une indemnisation réduite, voire un refus de prise en charge.

Oui, une assurance PNO peut être particulièrement pertinente pour une location saisonnière, où les changements fréquents d'occupants augmentent certains risques (dégradations, sinistres, responsabilité civile). En revanche, les contrats classiques ne couvrent pas toujours ce type de location. Il est donc important de vérifier que votre assurance prévoit explicitement un usage en location de courte durée ou de souscrire une garantie adaptée.