Contrat de location : quelles sont les obligations légales du bail en France ?

Publié le 2 juillet 2026

Temps de lecture : 8 minutes

Louer un logement en France implique de respecter un cadre juridique strict, renforcé au fil des années par plusieurs lois majeures. Un contrat de location doit aujourd'hui contenir des mentions précises, respecter un modèle type imposé par la loi, et définir clairement les droits et obligations de chaque partie. Voici ce que bailleur et locataire doivent absolument savoir avant de signer.

L'essentiel :

Tout contrat de location à usage de résidence principale doit obligatoirement suivre un modèle type défini par la loi depuis le 1er août 2015. Le bail doit mentionner des informations précises sur le logement, le loyer, les charges et le dépôt de garantie. Le bailleur est tenu de joindre plusieurs diagnostics obligatoires au contrat. Le locataire, de son côté, doit souscrire une assurance habitation couvrant les risques locatifs et en fournir l'attestation à la signature. Certaines clauses, même signées, sont interdites par la loi et n'ont aucune valeur juridique.

Le contrat de location d'un logement à usage de résidence principale est encadré par plusieurs textes législatifs qui ont progressivement renforcé la protection des locataires tout en clarifiant les responsabilités des bailleurs. 

Depuis le 1er août 2015, tout bail d'habitation doit obligatoirement s'appuyer sur un modèle type défini par le décret n° 2015-587 du 29 mai 2015. Ce décret fixe les mentions obligatoires applicables à tous les baux vides ou meublés. La loi Alur du 24 mars 2014 (loi n° 2014-366) a également instauré l'encadrement des loyers dans les zones tendues et plafonné les frais d'agence à la charge du locataire. Un bailleur ou une agence qui refuse d'utiliser ce modèle type s'expose à 1 an d'emprisonnement et 20 000 € d'amende.

La loi Elan du 23 novembre 2018 (loi n° 2018-1021) a introduit le bail mobilité, d'une durée de 1 à 10 mois et sans dépôt de garantie. Elle a également légalisé le bail numérique avec signature électronique. La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a, quant à elle, conditionné la mise en location à la performance énergétique du logement. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE) ne peuvent plus être proposés à la location, avec un calendrier d'interdiction progressif jusqu'en 2034 pour les étiquettes F puis E. Toutefois, ce dispositif fait actuellement l'objet de débats. Une proposition de loi déposée au Sénat en 2025 vise à assouplir, voire à suspendre dans certains cas, l'interdiction de louer les logements classés G, notamment lorsque les propriétaires sont engagés dans des travaux de rénovation énergétique ou confrontés à des contraintes techniques, administratives ou liées à la copropriété.

Le modèle type légal impose une structure au bail d'habitation. L'omission de certaines mentions peut fragiliser le contrat en cas de litige et ouvrir des recours pour le locataire. Voici les rubriques que tout contrat de location doit comporter.

Le contrat de location doit identifier clairement le bailleur et le locataire (nom, prénom, adresse). Il doit également décrire précisément le logement avec les éléments suivants :

  • l'adresse et la surface habitable (loi Boutin) ;
  • le nombre de pièces et les équipements ;
  • les annexes éventuelles (cave, parking, jardin) ;
  • la destination du bien (résidence principale).

Si la surface indiquée est erronée de plus de 5 % en défaveur du locataire, celui-ci peut exiger une réduction proportionnelle du loyer. Le loyer, les charges (avec leur mode de calcul), la durée du bail, le montant du dépôt de garantie et les modalités de révision annuelle indexée sur l' indice de référence des loyers (IRL), publié chaque trimestre par l' INSEE (Institut national de la statistique et des études économiques), sont également des mentions indispensables. Concernant le dépôt de garantie, son montant est plafonné à 1 mois de loyer hors charges pour un logement vide, et à 2 mois pour un logement meublé.

Depuis le 1er janvier 2024, 3 informations supplémentaires doivent figurer dans tout nouveau contrat de location :

  • l'identifiant fiscal du logement (numéro à 13 chiffres disponible sur l'avis de taxe foncière) ;
  • la lettre de classement énergétique issue du DPE (de A à G) ;
  • un rappel du calendrier d'interdiction de location des passoires thermiques.

Ces ajouts s'inscrivent dans la continuité des obligations introduites par la loi Climat et Résilience, visant à informer les locataires sur la performance énergétique du logement qu'ils s'apprêtent à occuper.

Bon à savoir

Le modèle type de bail est obligatoire depuis le 1er août 2015 pour tous les logements loués à titre de résidence principale, qu'ils soient vides ou meublés. Ce modèle est librement accessible sur le site de l' ANIL et doit être utilisé tel quel, sans modification des mentions imposées par la loi. En cas de clause contraire au modèle type, celle-ci est réputée non écrite et ne peut être opposée au locataire.

Le propriétaire bailleur ne se contente pas de mettre un logement à disposition. La loi lui impose un ensemble d'obligations précises, tant au moment de la signature du bail que pendant toute la durée de la location. Le non-respect de ces obligations peut engager sa responsabilité civile, voire pénale.

Le bailleur doit remettre un logement décent, en bon état d'usage et de réparation, et assurer au locataire une jouissance paisible des lieux. Il est tenu de joindre au contrat de location un ensemble d'annexes obligatoires. Voici les documents qui doivent impérativement accompagner le bail :

  • le diagnostic de performance énergétique (DPE) ;
  • le constat de risque d'exposition au plomb (CREP), pour les logements construits avant 1949 ;
  • les diagnostics obligatoires électricité et gaz, si les installations ont plus de 15 ans ;
  • l'état des risques et pollutions (ERP) ;
  • la notice d'information sur les droits et devoirs des parties.

L' état des lieux d'entrée est également obligatoire et doit être établi contradictoirement, c'est-à-dire en présence du bailleur et du locataire. Enfin, le bailleur ne peut donner congé au locataire qu'à l'échéance du bail et uniquement pour 3 motifs légaux : la vente du logement, la reprise pour y habiter, ou un motif légitime et sérieux, conformément à l' article 15 de la loi du 6 juillet 1989.

Le locataire bénéficie d'une protection légale étendue, mais il est lui aussi soumis à des obligations précises inscrites dans la loi du 6 juillet 1989 tendant à améliorer les rapports locatifs. Leur non-respect peut justifier la résiliation du bail.

  • Le locataire est tenu de payer le loyer et les charges aux dates convenues dans le contrat de location. 
  • Il doit également entretenir le logement et prendre en charge les réparations locatives, c'est-à-dire les menues réparations et l'entretien courant, sans dégrader le bien au-delà de l'usure normale. 
  • À son départ, il doit restituer le logement dans l'état décrit à l'état des lieux d'entrée, conformément à l' article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989.

La souscription d'une assurance couvrant les risques locatifs (incendie, dégât des eaux, explosion) est une obligation légale pour tout locataire d'un logement à usage de résidence principale. Cette assurance couvre uniquement certains dommages causés au logement. Elle peut être complétée par d’autres garanties selon le niveau de protection souhaité. Concrètement, le locataire doit fournir une attestation d'assurance au bailleur à la signature du bail, puis à chaque renouvellement annuel.

Si le locataire n’est pas assuré, le bailleur peut demander la résiliation du bail après lui avoir envoyé un courrier officiel (mise en demeure) et laissé un mois pour régulariser la situation.

Il peut également souscrire lui-même une assurance pour le compte du locataire et lui en répercuter le coût sur le loyer, comme le précise la note juridique de l'ADIL 94 d'août 2024. Cette procédure vise à protéger à la fois le locataire et le bailleur en cas de sinistre.

À noter : l’assurance habitation ne couvre pas tous les sinistres. L’indemnisation dépend des garanties souscrites, des plafonds, des franchises et des exclusions prévues au contrat.

Certaines clauses, même signées par le locataire, sont réputées non écrites par la loi et n'ont aucune valeur juridique, en application de l' article 4 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989. Parmi les clauses abusives les plus fréquentes, on trouve notamment :

  • obliger le locataire à payer son loyer par prélèvement automatique ;
  • lui imposer un assureur désigné par le bailleur ;
  • lui facturer l'envoi des quittances de loyer ;
  • lui interdire de détenir un animal domestique (hors chiens de 1re et 2e catégories) ;
  • lui interdire toute activité associative, politique ou syndicale dans le logement.

En cas de doute sur une clause figurant dans un bail, le locataire peut consulter gratuitement l' Agence départementale d'information sur le logement (ADIL)de son département. Cet organisme public apporte des conseils sur les droits et obligations de chaque partie.

Sources :

Ce n'est pas qu'une question de mobilier. Le type de bail choisi influe directement sur : 

  •  la durée du contrat : un bail vide est conclu pour une durée de 3 ans (6 ans si le bailleur est une personne morale), tandis qu'un bail meublé est signé pour 1 an seulement ou 9 mois pour un étudiant
  • le montant du dépôt de garantie : il est plafonné à 1 mois de loyer hors charges pour un logement vide, contre 2 mois pour un meublé
  • le préavis à respecter : le locataire d'un logement vide dispose en principe de 3 mois pour donner congé, réduits à 1 mois dans les zones tendues ou en cas de motif légitime. Pour un meublé, le préavis est d'1 mois quelle que soit la zone. 

Ces différences peuvent peser lourd dans le choix du type de bail, selon la durée d'occupation envisagée.

La durée minimale dépend du type de bail. Pour une résidence principale, elle est généralement de 3 ans pour un bailleur particulier (ou 6 ans pour une personne morale) en location vide, et de 1 an en meublé (réduit à 9 mois pour un étudiant). Toutefois, certains dispositifs spécifiques comme le bail mobilité permettent une durée plus courte, comprise entre 1 et 10 mois, sans renouvellement possible.

Un avenant au contrat de location est nécessaire dès qu’une modification intervient en cours de bail sans nécessiter la signature d’un nouveau contrat. Cela concerne par exemple un changement de colocataire, une révision exceptionnelle du loyer (hors indexation annuelle), l’ajout d’un équipement ou encore une modification des conditions de charges. L’avenant doit être signé par toutes les parties pour être juridiquement valable.

Pour rédiger un contrat de location conforme, il est recommandé d’utiliser le modèle type officiel imposé par la loi. Celui-ci doit être complété avec les informations propres au logement, aux parties et aux conditions de location. Il est possible de le télécharger gratuitement sur des sites publics ( ANIL, service-public.fr) ou de passer par un professionnel (agent immobilier, notaire). Le contrat peut être signé au format papier ou électronique, à condition que toutes les annexes obligatoires soient jointes.

Créé par la loi Elan en 2018, le bail mobilité est un contrat de location de courte durée, compris entre 1 et 10 mois, non renouvelable. Il s'adresse exclusivement aux locataires en situation de mobilité temporaire : étudiants, personnes en formation professionnelle, en mission temporaire, en stage ou en mutation. Ce bail présente deux particularités importantes : il ne peut être conclu que pour un logement meublé, et il n'exige aucun dépôt de garantie, conformément à l' article 25-14 de la loi du 6 juillet 1989. En contrepartie, le locataire doit justifier de sa situation de mobilité au moment de la signature. Si le bailleur souhaite renouveler l'occupation, il devra conclure un nouveau contrat d'un type différent, car le bail mobilité ne peut pas être reconduit.

La loi est précise sur ce point. Le bailleur dispose d'un délai d'un mois pour restituer le dépôt de garantie si l'état des lieux de sortie est conforme à celui d'entrée, et de 2 mois si des différences ont été constatées. Ce délai court à compter de la remise des clés par le locataire. En cas de retard, le locataire est en droit de réclamer des pénalités : le montant retenu est majoré de 10 % du loyer mensuel hors charges par mois de retard entamé. Si le bailleur refuse de restituer le dépôt sans justification valable, le locataire peut saisir la commission départementale de conciliation, puis le tribunal judiciaire en cas d'échec de la médiation.

Oui, mais les modalités diffèrent selon la partie concernée. Le locataire peut résilier le bail à tout moment en respectant un préavis (généralement 1 à 3 mois selon les situations). Le bailleur, en revanche, ne peut mettre fin au contrat qu’à son échéance et uniquement pour des motifs légaux stricts. Toute résiliation non conforme peut être contestée.