Loi Elan : ce qui change pour les copropriétés
Applicable depuis le 23 novembre 2018, la loi Elan portant sur l'évolution du logement, de l'aménagement et du numérique, a modifié beaucoup de choses pour les copropriétés. Son objectif ? Simplifier et faciliter le droit à la copropriété. Mais concrètement, qu'est-ce que la loi Elan change pour les copropriétés ?
Les 6 principales mesures introduites par la loi Elan
La loi Elan apporte des améliorations concrètes pour simplifier la vie des copropriétaires et renforcer la transparence dans la gestion des immeubles. Objectif : rendre les démarches plus fluides, sécurisées et adaptées aux besoins actuels.
Elle introduit des outils numériques plus performants, des règles de gouvernance modernisées et des dispositifs pour prévenir les blocages en assemblée générale. Elle vise aussi à responsabiliser davantage le conseil syndical et à encadrer les retards de paiement pour préserver la santé financière des copropriétés. Enfin, elle clarifie la définition des parties communes et impose une mise en conformité des règlements pour tenir compte des évolutions législatives.
Voici les principaux changements à retenir :
L'extension de l'obligation du Syndic vis-à-vis de l'extranet
La loi Elan (n°2018-1021), entrée en vigueur le 25 novembre 2018, impose la mise à disposition dématérialisée d’une liste minimale de documents pour les copropriétaires et le conseil syndical. Cette obligation vise à garantir la transparence et l’accès simplifié aux informations essentielles. Le syndic peut compléter cette liste avec des documents supplémentaires jugés utiles. En tout, 20 documents sont concernés, répartis en trois catégories :
Le conseil syndical est chargé de vérifier que le syndic respecte cette obligation et de réclamer tout document manquant.
La réforme de l'Assemblée Générale
Pour faciliter la prise de décision et éviter les blocages, la loi Elan introduit plusieurs nouveautés :
Le renforcement du pouvoir du Conseil Syndical
Pour améliorer la gestion des copropriétés, la loi Elan donne plus de pouvoirs au conseil syndical :
L'élargissement des règles de recouvrement des charges impayées
Si un copropriétaire ne paie pas à temps ses charges et ses provisions, il recevra une mise en demeure avec un délai de paiement de 30 jours. Si malgré cette mise en demeure, il ne s'acquitte toujours pas de ses charges liées aux provisions du budget prévisionnel, il devra régler immédiatement l’intégralité des provisions des trimestres à venir.
Notez également que cet élargissement des règles de recouvrement des charges s'appliquent maintenant aux dépenses de travaux et aux cotisations du fond de travaux, même ceux qui n’étaient initialement pas inclus dans le budget prévisionnel tel que l'entretien, les équipements communs, la maintenance ou encore les diagnostics et autres études techniques.
Des précisions apportées sur l'usage des parties communes
La loi Elan du 23 novembre 2018 clarifie la définition des parties communes en copropriété afin d’assurer une meilleure transparence et une conformité avec la jurisprudence.
Selon la loi du 10 juillet 1965, les parties communes sont « les parties des bâtiments et des terrains affectées à l’usage ou à l’utilité de tous les copropriétaires ou de plusieurs d’entre eux ». Cette définition s’élargit désormais pour inclure des éléments liés au gros œuvre, comme les garde-corps ou les solives.
La loi Elan supprime également tout droit de construire, creuser ou surélever une partie commune. Par exemple, il n’est plus possible d’y réaliser des aménagements sans autorisation.
La mise en conformité du règlement de copropriété
La loi Elan impose aux copropriétés de mettre à jour leur règlement de copropriété (RCP) pour intégrer la nouvelle définition des parties communes, notamment celles à usage privatif ou à jouissance exclusive. Cette mise en conformité devait être réalisée avant le 23 novembre 2021.
Aujourd’hui, cette obligation n’est plus une échéance à venir mais une exigence légale qui devrait déjà être respectée. Si votre copropriété n’a pas encore procédé à cette mise à jour, il est indispensable d’agir rapidement. Une assemblée générale extraordinaire peut être convoquée pour voter la mise en conformité, qui doit être adoptée à la majorité simple conformément à l’article 24 de la loi de 1965.
Une fois la décision votée, le notaire doit publier les modifications afin de rendre le règlement opposable à tous, y compris aux futurs acquéreurs. Les frais de notaire sont répartis entre les copropriétaires selon leurs quotes-parts.
Autres mesures prévues par la loi Elan
En complément des six principales évolutions, la loi Elan a introduit plusieurs aménagements importants :
Loi Elan : consultez nos questions/réponses
La loi Elan impose une liste minimale de documents dématérialisés à mettre à disposition via l’extranet, pour garantir transparence et suivi.
Elle autorise la visioconférence, le vote par correspondance et assouplit les règles de mandats pour éviter les blocages.
Le conseil syndical dispose d’un accès garanti aux documents, peut recevoir des délégations pour la gestion courante et engager des actions en justice sous conditions.
Parmi elles : individualisation des frais de chauffage, réduction du délai de prescription, développement de la fibre optique et mise à jour obligatoire du règlement de copropriété.