PER assurance ou banque : quelle différence et lequel choisir ?

Publié le 30 juin 2026

Temps de lecture : 7 minutes

Le Plan d'Épargne Retraite (PER), créé par la loi n° 2019-486 du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises (loi Pacte), existe sous deux formes distinctes : le PER assurance, proposé par un assureur, et le PER bancaire, qui fonctionne comme un compte-titres. Si les deux produits partagent les mêmes avantages fiscaux et les mêmes règles de déblocage, ils se distinguent sur des points essentiels. Les supports d'investissement, la fiscalité en cas de décès et les frais peuvent faire toute la différence selon votre situation. 

L'essentiel :

Le PER assurance et le PER bancaire offrent les mêmes avantages fiscaux sur les versements et les mêmes conditions de déblocage. À ce jour, seul le PER assurance permet d’accéder à des supports à capital garanti de type fonds en euros, c'est-à-dire un support à capital garanti (hors frais de gestion et sous réserve de la solidité de l’assureur). En cas de décès, le PER assurance permet dans la plupart des cas de transmettre le capital à des bénéficiaires désignés avec des abattements fiscaux avantageux, ce que le PER bancaire ne permet pas. 

Avant d'examiner leurs différences, il est utile de rappeler ce qui réunit ces deux formes de PER. Qu'il soit souscrit auprès d'un assureur ou d'un établissement bancaire, le PER répond aux mêmes règles fondamentales issues de la loi Pacte.

Les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite des plafonds légaux. Cette déduction génère une économie d'impôt proportionnelle à votre tranche marginale d’imposition (selon votre situation fiscale). L'épargne est en principe bloquée jusqu'au départ à la retraite, sauf dans 6 cas de déblocage anticipé prévus par la loi, conformément à l' article L. 224-4 du Code monétaire et financier :

  • l'achat de la résidence principale ;
  • le décès du conjoint ou partenaire de Pacs ;
  • l'invalidité de l'épargnant ;
  • le surendettement ;
  • l'expiration des droits au chômage ;
  • la liquidation judiciaire de l'activité professionnelle.

À la retraite, la sortie peut s'effectuer en capital (en une ou plusieurs fois), en rente viagère, ou en combinant les deux options.

La différence la plus structurante entre PER assurance et PER bancaire tient à la nature des supports disponibles. Ce choix conditionne directement le niveau de risque, le potentiel de rendement et les modes de gestion accessibles.

 Le PER assurance est proposé par une compagnie d' assurance retraite. Il fonctionne comme un contrat d'assurance vie. Il propose deux catégories de supports : 

  • Les fonds en euros sont gérés par l'assureur. Ils offrent une garantie en capital et une valorisation annuelle. Ils constituent le seul support à capital garanti disponible dans un PER. 
  • Les unités de compte (UC), quant à elles, sont investies sur les marchés financiers ou immobiliers : actions, obligations, SCPI (Société Civile de Placement Immobilier), OPCVM (Organisme de Placement Collectif en Valeurs Mobilières). Elles offrent un potentiel de rendement plus élevé, mais sans garantie en capital.

Le PER bancaire, assimilable à un compte-titres, ne propose pas de fonds en euros. Comme le précise le site officiel du ministère de l'Économie, seul un PER d'assurance permet d'accéder au fonds en euros, un support à faible risque, dont le capital est garanti par l’assureur (hors frais de gestion et sous réserve de sa solidité financière). L'épargne est investie exclusivement dans des actifs de marché : actions, obligations, ETF (fonds indiciels cotés), OPCVM, fonds communs de placement. Pour sécuriser l'épargne à l'approche de la retraite, l'épargnant peut se tourner vers des fonds obligataires ou monétaires, mais sans garantie de capital. L’épargnant supporte le risque de marché.

Le mode de gestion par défaut du PER est la gestion pilotée à horizon retraite. L'allocation évolue automatiquement au fil du temps, en réduisant progressivement la part des actifs risqués à mesure que l'échéance de la retraite approche. Ce mécanisme est particulièrement adapté au PER assurance, qui peut basculer vers les fonds en euros pour sécuriser le capital. Le PER bancaire peut également proposer une gestion pilotée, mais sans la sécurité du fonds en euros. La gestion libre reste possible dans les deux cas, pour les épargnants souhaitant piloter eux-mêmes leurs arbitrages.

Bon à savoir

Depuis le 1er juillet 2022, les assureurs sont tenus d'afficher le total des frais engendrés par chaque support d'investissement, conformément à l' arrêté du 7 août 2019 portant application de la réforme de l'épargne retraite. Cette obligation de transparence vous permet de comparer plus facilement les contrats avant de souscrire. N'hésitez pas à demander le document d'information clé (DIC) de chaque support avant de vous engager. Cette règle ne s'applique qu'au PER assurance, le PER bancaire relevant d'une réglementation différente.

La fiscalité en cas de décès constitue l'un des avantages les plus significatifs du PER assurance par rapport au PER bancaire. 

Avec un PER assurance, vous désignez librement un ou plusieurs bénéficiaires via une clause bénéficiaire. En cas de décès, le capital transmis bénéficie d'un régime fiscal favorable, proche de celui de l'assurance vie pour certains versements. Deux situations se distinguent selon l'âge au moment du décès :

  • Décès avant 70 ans : en application de l' article 990 I du Code général des impôts, chaque bénéficiaire bénéficie d'un abattement de 152 500 €, puis d'une taxation à 20 % jusqu'à 700 000 € et à 31,25 % au-delà dans certaines conditions, notamment pour les versements effectués avant 70 ans. Le capital n'intègre pas la succession.
  • Décès après 70 ans : un abattement global de 30 500 € est partagé entre tous les bénéficiaires, puis les droits de succession classiques s'appliquent.

Le PER bancaire ne bénéficie pas du cadre assurantiel (clause bénéficiaire) et relève de la succession. Le capital est directement intégré à l'actif successoral et soumis aux droits de mutation à titre gratuit selon le lien de parenté, sans abattement spécifique.

À noter : le PER assurance peut également intégrer une garantie décès plancher (option payante). Elle permet de transmettre l'intégralité du capital versé, sans tenir compte des éventuelles moins-values enregistrées sur les unités de compte.

Les frais influencent directement la performance nette de votre épargne sur le long terme. Le PER bancaire affiche généralement une structure tarifaire plus légère, mais la comparaison mérite d'être nuancée.

Le PER assurance peut comporter plusieurs niveaux de frais :

  • des frais sur versements, pouvant atteindre 3 à 5 % selon les contrats  ;
  • des frais de gestion annuels, d'environ 0,5 à 1 % sur les unités de compte selon les contrats, auxquels s'ajoutent les frais propres à chaque support ;
  • des frais d'arbitrage, d'environ 0,5 à 1 % selon les contrats lors de chaque modification de l'allocation (souvent gratuits en ligne) ;
  • des frais de gestion du contrat, prélevés annuellement sur l'encours total.
  • Le PER bancaire présente une structure tarifaire généralement moins chargée :
  • pas de frais sur versements dans la plupart des cas ;
  • pas de frais d'arbitrage pour les épargnants en gestion libre ;
  • des frais de courtage sur les opérations d'achat et de vente de titres ;
  • des droits de garde calculés sur la valeur du portefeuille en fin d'année ;
  • des frais internes des supports (ETF, OPCVM), généralement compris entre 0,1 et 1 % selon les contrats.

La comparaison des frais ne doit donc pas s'arrêter aux frais d'entrée. Il faut intégrer l'ensemble des coûts sur la durée pour évaluer l'impact réel sur votre épargne.

Texte

Le choix entre PER assurance et PER bancaire ne se résume pas à une question de coût. Il dépend de votre profil d'épargnant, de votre appétence au risque, de votre horizon de placement et de vos objectifs patrimoniaux. Voici comment orienter votre réflexion selon votre situation.

  • Profil prudent : le PER assurance avec une allocation majoritaire en fonds en euros offre une niveau de sécurisation plus élevé dans certaines configurations. Il convient aux épargnants proches de la retraite ou peu à l'aise avec la volatilité des marchés.
  • Profil équilibré : le PER assurance permet de combiner fonds en euros (sécurité) et unités de compte (rendement), avec une gestion pilotée à horizon adaptée à ceux qui souhaitent déléguer la gestion.
  • Profil dynamique : le PER bancaire peut convenir aux investisseurs expérimentés, à l'aise avec la gestion en compte-titres, souhaitant accéder à une large gamme d'actifs (ETF, actions, produits structurés) avec des frais réduits.
  • Objectif de transmission patrimoniale : le PER assurance peut donc être particulièrement intéressant, grâce à la clause bénéficiaire et aux abattements fiscaux en succession.

Les supports en unités de compte présentent un risque de perte en capital. Leur valeur évolue à la hausse comme à la baisse en fonction des marchés financiers et immobiliers. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Avant toute souscription, il est recommandé de prendre connaissance des documents d’information afin de comprendre les caractéristiques, les frais et les risques associés aux supports proposés.

Oui, la loi Pacte a prévu cette possibilité. Vous pouvez transférer votre PER d'un établissement à un autre, qu'il s'agisse de passer d'un PER bancaire à un PER assurance ou l'inverse. Conformément à l' article L. 224-20 du Code monétaire et financier, ce transfert est totalement libre après 5 ans de détention du contrat. Avant ce délai, il reste possible mais peut engendrer des frais de transfert, plafonnés à 1 % de l'encours. Passé les 5 ans, ces frais ne peuvent légalement plus être facturés. Concrètement, c'est une option intéressante si votre situation évolue : par exemple, si vous approchez de la retraite et souhaitez sécuriser votre capital sur un fonds en euros, accessible uniquement via un PER assurance. Pensez simplement à comparer les conditions du nouveau contrat avant de vous lancer.

Absolument. La loi ne limite pas le nombre de PER qu'un épargnant peut détenir simultanément. Vous pouvez tout à fait ouvrir un PER assurance et un PER bancaire en parallèle, voire plusieurs PER assurance auprès de différents assureurs. Cette stratégie peut avoir du sens pour diversifier les supports d'investissement ou optimiser la transmission de votre patrimoine. En revanche, gardez à l'esprit que les plafonds de déductibilité fiscale s'appliquent globalement à l'ensemble de vos PER, et non par contrat. Multiplier les plans ne vous permet donc pas de déduire davantage. Il convient aussi de surveiller l'accumulation des frais de gestion, qui peuvent peser sur la performance nette de votre épargne sur le long terme.

Pas nécessairement de façon universelle : tout dépend de votre profil et de vos objectifs. Pour un épargnant qui démarre tôt et accepte une part de risque, le PER bancaire peut offrir une exposition aux marchés financiers avec des frais réduits, ce qui peut s'avérer performant sur un horizon de 20 ou 30 ans. En revanche, le PER assurance présente des atouts indéniables à mesure que l'on avance en âge : la possibilité de sécuriser progressivement son capital sur un fonds en euros, la souplesse de la clause bénéficiaire pour la transmission, et une offre de gestion pilotée souvent plus aboutie. Pour la majorité des épargnants, notamment ceux qui ne souhaitent pas gérer activement leur portefeuille, le PER assurance peut être une solution adaptée, notamment ceux recherchant une gestion déléguée.