Quel est le meilleur PER individuel : les critères pour bien choisir 

Publié le 30 mars 2026

Temps de lecture : 6 minutes

Avec des dizaines de plans d'épargne retraite disponibles, identifier le meilleur Plan Épargne Retraite (PER) n'est pas une mince affaire. Frais de gestion, qualité du fonds en euros, diversité des supports, mode de gestion : autant de paramètres qui varient fortement d'un contrat à l'autre et qui influencent directement la performance de votre épargne sur le long terme. Connaître les bons critères de sélection vous permet de faire un choix adapté à votre profil et à vos objectifs de retraite, notamment en matière d' assurance retraite.

L'essentiel :

Le PER individuel est encadré par la loi Pacte de 2019, mais les caractéristiques concrètes des contrats varient considérablement d'un assureur à l'autre. Les frais constituent le premier critère de sélection, car ils s'appliquent tout au long de la vie du contrat et réduisent mécaniquement la performance. La qualité du fonds en euros, la diversité des supports d'investissement et le mode de gestion sont également des dimensions à examiner attentivement. Enfin, la solidité de l'assureur et la souplesse du contrat complètent une grille de lecture complète pour choisir en toute connaissance de cause.

Tous les PER individuels (PERIN) partagent le même cadre légal issu de la loi Pacte de 2019, mais leurs caractéristiques concrètes (frais, supports, modes de gestion) peuvent différer considérablement. Avant de comparer les offres, il est utile de comprendre les deux grandes familles de contrats disponibles en France. En effet, selon l' ordonnance n° 2019-766 du 24 juillet 2019 portant réforme de l'épargne retraite, le PER individuel peut être ouvert sous forme d'un compte-titres ou d'un contrat d'assurance.

Le PER assurance, souscrit auprès d'une compagnie d'assurance ou d'une mutuelle, donne accès à un fonds en euros à capital garanti et à des supports en unités de compte (des fonds d'investissement dont la valeur évolue selon les marchés). En cas de décès avant 70 ans, les sommes épargnées sont transmises aux bénéficiaires désignés avec un abattement fiscal pouvant aller jusqu'à 152 000 €, selon les règles de l' assurance vie.

Le PER bancaire, géré par une société de gestion ou une banque, prend la forme d'un compte-titres. Il n'offre pas de fonds en euros, mais donne accès à une gamme de fonds d'investissement. En cas de décès, l'épargne est intégrée dans la succession classique. La grande majorité des PER souscrits en France sont des PER assurance.

Le mode de gestion conditionne directement votre expérience d'épargne au quotidien. Tous les PER individuels doivent légalement proposer une gestion pilotée à horizon, mais la qualité de cette gestion varie considérablement d'un contrat à l'autre.

En gestion libre, vous sélectionnez vous-même les supports d'investissement et gérez votre allocation. Ce mode convient aux épargnants à l'aise avec les marchés financiers, qui souhaitent optimiser leurs frais en choisissant directement des ETF (fonds indiciels à faibles coûts) ou des supports immobiliers. Les contrats les plus adaptés à la gestion libre sont ceux qui offrent un large catalogue de supports avec des frais de gestion au plancher.

En gestion pilotée, un professionnel gère votre allocation en fonction de votre profil de risque et de votre horizon de retraite. Ce mode est recommandé si vous manquez de temps ou d'expertise financière. La délégation entraîne des frais additionnels. La qualité de la gestion pilotée dépend notamment des supports utilisés : une gestion pilotée à base d'ETF sera structurellement moins coûteuse et souvent plus performante à long terme qu'une gestion pilotée recourant à des fonds actifs classiques.

Comparer les PER du marché exige d'examiner plusieurs dimensions simultanément. 

Les frais constituent le premier filtre de sélection. Ils s'appliquent tout au long de la vie du contrat et viennent mécaniquement réduire la performance de votre épargne. Cinq types de frais sont à examiner attentivement. À noter que, conformément à l' article L. 224-7 du Code monétaire et financier, les titulaires d'un PER bénéficient d'une information détaillée précisant, pour chaque actif du plan, la performance brute de frais, la performance nette de frais et les frais prélevés :

  • Les frais sur versement (ou frais d’entrée) : ils peuvent être prélevés lors de chaque dépôt effectué sur le PER. Leur niveau varie selon les établissements et les contrats : certains n’en appliquent pas, tandis que d’autres peuvent prévoir un pourcentage sur les sommes versées. Il est donc utile de vérifier leur présence et leur montant dans les conditions du contrat.
  • Les frais de gestion annuels : ils s'appliquent au fonds en euros et aux unités de compte. Leur niveau varie selon les contrats et les supports d’investissement.
  • Les frais d'arbitrage : ils peuvent être prélevés lors d'un changement de support d'investissement. Certains contrats prévoient des arbitrages gratuits, tandis que d'autres appliquent des frais.
  • Les frais des supports d'investissement : ils correspondent aux frais propres aux fonds ou aux supports sélectionnés. Ils s’ajoutent aux frais de gestion du contrat et peuvent varier selon le type de support (fonds actifs, ETF, etc.).
  • Les frais de rente : ils peuvent s'appliquer en cas de sortie en rente viagère au moment de la retraite. Leur niveau dépend des conditions prévues par le contrat.

Par exemple : sur un horizon de 20 ans, une différence de 1 % de frais annuels peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros d'écart sur le capital final, selon le montant épargné. Vérifier ce poste en priorité est donc indispensable.

Bon à savoir

Les frais des supports d'investissement ne figurent pas toujours en évidence dans les documents commerciaux. Ils sont pourtant prélevés directement sur la valeur des fonds, sans apparaître sur votre relevé de compte. Pour connaître le coût total réel d'un PER, additionnez les frais de gestion du contrat et les frais moyens des supports que vous envisagez d'utiliser. Ce calcul vous donnera une vision fidèle de l'impact sur votre épargne à long terme.

Le fonds en euros est le support sécurisé du PER assurance : le capital y est garanti, à 100 % ou à 98 % selon les contrats. Deux points méritent une attention particulière : le niveau de garantie en capital et les éventuelles contraintes d'accès. Certains assureurs limitent en effet la part investissable en fonds en euros à 50 % ou 75 % de l'épargne totale, ce qui peut ne pas convenir aux profils les plus prudents.

Au-delà du fonds en euros, la richesse de l'univers d'investissement est un critère différenciant. Les meilleurs PER proposent plusieurs catégories de supports complémentaires :

  • Les ETF (trackers) : selon l'Autorité des marchés financiers (AMF), ces fonds indiciels répliquent des indices boursiers (CAC 40, S&P 500...) avec des frais très bas et une diversification large. Rares dans les PER des banques traditionnelles, ils sont devenus un standard chez les courtiers en ligne.
  • Les supports immobiliers (SCPI ou Sociétés Civiles de Placement Immobilier ; SCI ou Sociétés Civiles Immobilières ; OPCI ou Organismes de Placement Collectif Immobilier) : pour diversifier l'épargne avec des actifs immobiliers locatifs. La présence de SCPI sans frais d'entrée est un avantage notable.
  • Les fonds actifs (OPCVM : Organismes de Placement Collectif en Valeurs Mobilières) : plus coûteux, ils peuvent compléter une allocation mais ne doivent pas constituer la base d'un portefeuille optimisé en frais.

Les critères financiers ne sont pas les seuls à peser dans le choix d'un PER. Deux dimensions complémentaires méritent d'être évaluées avant toute souscription.

La solidité financière de l'assureur est un gage de sécurité pour votre épargne à long terme. En France, les contrats d'assurance vie et PER bénéficient de la garantie du Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP), à hauteur de 70 000 € par contrat et par assureur. Pour un patrimoine retraite conséquent, il peut être pertinent d'ouvrir plusieurs PER auprès d'assureurs différents afin de multiplier cette protection.

Il est également possible de transférer d'anciens produits d'épargne retraite (comme le PERP ou le contrat Madelin) vers un PER individuel, afin de regrouper votre épargne et de bénéficier des meilleures conditions tarifaires disponibles aujourd'hui. Conformément à l' article L. 224-6 du Code monétaire et financier, les droits individuels en cours de constitution sont transférables vers tout autre plan d'épargne retraite, et les frais de transfert sont nuls à l'issue d'une période de cinq ans à compter du premier versement.

La flexibilité du contrat est un critère de confort important sur la durée. Vérifiez notamment :

  • la possibilité d'effectuer des versements libres ou programmés selon vos capacités d'épargne ;
  • les conditions de déblocage anticipé (achat de la résidence principale, accidents de la vie...) ;
  • la facilité de transfert depuis d'anciens produits retraite ;
  • la qualité de l'interface en ligne pour suivre vos investissements et réaliser vos arbitrages.

La réactivité du service client est également à évaluer, notamment pour les actes de gestion courants. Un contrat techniquement performant mais difficile à administrer au quotidien peut rapidement devenir une source de frustration sur un horizon d'épargne de 20 ou 30 ans.

Choisir son PER individuel demande donc de croiser plusieurs critères : les frais en priorité, puis la qualité du fonds en euros, la richesse des supports disponibles, le mode de gestion adapté à votre profil, et enfin la solidité et la souplesse du contrat. Prendre le temps de comparer ces dimensions vous permettra de construire une épargne retraite solide et adaptée à vos objectifs.

Les frais constituent le critère numéro un dans le choix d'un PER, car ils impactent directement la performance de votre épargne sur le long terme. Cinq types de frais méritent votre attention : les frais sur versement (à éviter absolument, les meilleurs contrats en ligne les ont supprimés), les frais de gestion annuels (entre 0,50 % et 1 % selon les contrats), les frais d'arbitrage, les frais des supports d'investissement eux-mêmes (souvent sous-estimés, ils varient de 0,10 % pour un ETF à plus de 2 % pour un fonds actif), et enfin les frais de rente en cas de sortie viagère. Sur un horizon de 20 ans, une différence de 1 % de frais annuels peut représenter plusieurs dizaines de milliers d'euros d'écart sur votre capital final. C'est pourquoi il est essentiel de calculer le coût total réel en additionnant tous ces frais avant de faire votre choix.

Oui, le PER présente un avantage fiscal majeur : les versements effectués sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d'un plafond annuel. Selon service-public.fr, ce plafond est égal à 10 % de vos revenus d'activité nets de frais professionnels de 2025, avec un maximum de 37 680 €, ou à 4 710 € si ce montant est plus élevé. Concrètement, si vous êtes dans une tranche d'imposition élevée, chaque euro versé sur votre PER peut vous faire économiser jusqu'à 45 % d'impôt (tranche marginale d'imposition). Ces économies d'impôt sont d'autant plus significatives que vos revenus sont élevés. À la sortie, lors de votre départ à la retraite, vous serez imposé sur les sommes récupérées, mais généralement à un taux plus faible puisque vos revenus auront diminué. Cette mécanique de différé fiscal constitue l'un des principaux atouts du PER pour préparer sa retraite tout en optimisant sa fiscalité pendant la vie active.

Le choix entre gestion libre et gestion pilotée dépend avant tout de votre niveau de connaissances financières et du temps que vous souhaitez consacrer à votre épargne. La gestion libre convient aux épargnants à l'aise avec les marchés financiers : vous sélectionnez vous-même vos supports d'investissement et pouvez optimiser vos frais en privilégiant des ETF à faibles coûts. En gestion pilotée, un professionnel ajuste automatiquement votre allocation en fonction de votre profil de risque et de votre horizon de retraite, ce qui est rassurant si vous manquez de temps ou d'expertise. Cette délégation entraîne toutefois des frais supplémentaires. Pour limiter ces coûts, privilégiez les contrats proposant une gestion pilotée à base d'ETF plutôt que de fonds actifs traditionnels, structurellement plus onéreux.

Le PER assurance, proposé par les compagnies d'assurance et mutuelles, offre un accès au fonds en euros à capital garanti ainsi qu'à des unités de compte. Il présente également un avantage successoral notable : en cas de décès avant 70 ans, les sommes épargnées sont transmises aux bénéficiaires désignés avec un abattement fiscal pouvant atteindre 152 000 €, selon les règles de l'assurance vie. Le PER bancaire, géré par une banque ou une société de gestion, prend la forme d'un compte-titres sans fonds en euros garanti, uniquement composé de fonds d'investissement. En cas de décès, l'épargne est intégrée dans la succession classique, sans avantage fiscal spécifique. Dans les faits, la grande majorité des PER souscrits en France sont des PER assurance, qui offrent davantage de souplesse et de sécurité pour l'épargnant.