Fiscalité du PER : comment fonctionne la déduction fiscale et quelle imposition à la sortie ?

Publié le 27 mars 2026

Temps de lecture : 8 minutes

Le Plan d'épargne retraite (PER) offre un avantage fiscal immédiat : les versements volontaires sont déductibles du revenu imposable, dans la limite de plafonds annuels qui varient selon votre statut. Mais cette déduction à l'entrée a un coût à la sortie (capital ou rente), les règles d'imposition diffèrent selon les choix effectués au moment des versements. Comprendre ces mécanismes, notamment les plafonds 2026 pour les salariés et les travailleurs indépendants, est indispensable pour optimiser votre épargne retraite et votre assurance retraite.

L'essentiel :

Le PER repose sur une fiscalité différée : vous déduisez vos versements de votre revenu imposable aujourd'hui, et vous êtes imposé à la sortie. Les plafonds de déduction varient selon votre statut professionnel, avec des règles distinctes pour les salariés et les travailleurs indépendants. Le choix de déduire ou non dépend de votre taux marginal d'imposition actuel comparé à celui que vous anticipez à la retraite. En 2026, plusieurs règles évoluent : fin de la déductibilité après 70 ans, hausse des prélèvements sociaux à 18,6 % sur les gains, et extension du report des plafonds non utilisés à 5 ans.

Le principe fondamental du PER repose sur une fiscalité différée : vous déduisez vos versements de votre revenu imposable aujourd'hui, ce qui réduit votre impôt immédiatement, mais les sommes seront imposées au moment de la sortie. Cela est optionnel : vous pouvez choisir de ne pas déduire vos versements pour alléger la fiscalité à la retraite.

Chaque versement volontaire effectué sur un PER individuel est déductible du revenu global imposable de votre foyer fiscal, dans la limite d'un plafond annuel. La déduction s'exerce au moment de la déclaration de revenus : vous indiquez le montant versé dans la case dédiée, dans la rubrique « Charges déductibles – Épargne retraite » de la déclaration de revenus n° 2042.

Plusieurs règles encadrent ce mécanisme :

Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après 70 ans ne sont plus déductibles, quelle que soit la situation professionnelle du titulaire.

Le choix de déduire ou non s'applique à l'ensemble des versements de l'année civile : il n'est pas possible de combiner les 2 options sur une même année.

La déduction réduit mécaniquement votre revenu imposable, ce qui peut vous faire descendre dans une tranche d'imposition inférieure.

Ces règles sont encadrées par les dispositions législatives en vigueur, qui précisent les conditions d'application du régime fiscal du PER. La déductibilité des cotisations repose notamment sur l 'article 163 quatervicies du Code général des impôts, qui en fixe les conditions et limites pour chaque membre du foyer fiscal.

Si vous n'avez pas utilisé l'intégralité de votre plafond de déduction une année, la fraction non consommée est reportable sur les années suivantes. Ce mécanisme vous permet de rattraper des versements non effectués lors d'années de revenus plus faibles. Les modalités de ce report sont précisées par le Bulletin officiel des finances publiques (BOFiP).

Voici ce qui change en 2026 :

  • Le délai de report passe de 3 à 5 ans pour les plafonds générés à partir de 2026.
  • Les plafonds 2024 et 2025 restent reportables sur 3 ans, selon les règles antérieures.
  • Les conjoints ou partenaires de PACS soumis à imposition commune peuvent mutualiser leurs plafonds respectifs, ce qui élargit significativement la capacité de déduction du foyer.
Bon à savoir

La mutualisation des plafonds entre conjoints ou partenaires de PACS est souvent méconnue. Elle permet au membre du foyer qui verse davantage sur son PER de bénéficier du plafond non utilisé de l'autre, conformément à l'article 163 quatervicies du CGI. Cette option peut représenter un levier d'optimisation non négligeable pour les foyers dont les revenus sont déséquilibrés. Pensez à vérifier les plafonds disponibles sur votre avis d'imposition, où ils sont indiqués chaque année — vous pouvez également y accéder directement depuis votre espace personnel sur impots.gouv.fr.

Le montant déductible n'est pas illimité : il est encadré par des plafonds annuels calculés différemment selon que vous êtes salarié ou travailleur non salarié (TNS). Pour les revenus 2025 déclarés en 2026, ces plafonds ont été revalorisés. 

Pour un salarié, le plafond de déduction est égal au plus élevé des 2 montants suivants :

  • 10 % des revenus professionnels nets de l'année 2025 (après déduction des frais professionnels et cotisations sociales), dans la limite de 37 680 € ;
  • ou 4 710 € si ce montant est plus favorable.

Ce plafond est ensuite réduit des versements déjà effectués au titre de la retraite supplémentaire obligatoire, des abondements de l'employeur sur un PER collectif, et des droits issus d'un compte épargne-temps (CET).

Par exemple : un salarié dont les revenus nets 2025 s'élèvent à 40 000 € dispose d'un plafond de déduction de 4 000 € (10 % × 40 000 €). Si son employeur a abondé son PER collectif à hauteur de 1 000 €, son plafond disponible pour ses versements volontaires est ramené à 3 000 €.

Les travailleurs non salariés (artisans, commerçants, professions libérales, gérants majoritaires) bénéficient d'un plafond de déduction plus élevé. Ce plafond majoré reconnaît l'absence de retraite complémentaire obligatoire pour les TNS. Le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), fixé à 48 060 € en 2026, sert de référence pour ce calcul.

Le calcul s'effectue ainsi :

  • 10 % du bénéfice imposable (BIC, BNC ou BA) de 2025, dans la limite de 8 PASS (soit 384 480 € en 2026) ;
  • plus 15 % de la fraction du bénéfice imposable comprise entre 1 et 8 PASS (soit entre 48 060 € et 384 480 €).

Si ce calcul aboutit à un montant inférieur au plancher, un minimum de 4 710 € augmenté de 15 % de la fraction du bénéfice entre 1 et 8 PASS s'applique.

Par exemple : un professionnel libéral dont le bénéfice imposable 2025 est de 80 000 € peut déduire 10 % × 80 000 € = 8 000 €, auxquels s'ajoutent 15 % × (80 000 € − 48 060 €) = 4 791 €, soit un plafond total de 12 791 €. Ce levier est particulièrement puissant pour les indépendants à revenus élevés. Les règles de calcul applicables aux TNS sont détaillées dans les limites de déduction des cotisations et primes d'épargne retraite publiées par le BOFiP.

La déduction fiscale à l'entrée n'est pas systématiquement avantageuse. Son intérêt dépend directement de votre taux marginal d'imposition (TMI) aujourd'hui et de celui que vous anticipez à la retraite. Le TMI correspond à la tranche d'imposition la plus haute à laquelle vous êtes soumis : 11 %, 30 %, 41 % ou 45 % selon votre revenu imposable, conformément au barème progressif de l'impôt sur le revenu fixé par la loi de finances pour 2026.

Si vous déduisez aujourd'hui à un TMI de 41 % et que vous serez imposé à 30 % à la retraite, vous réalisez un gain net. À l'inverse, si votre TMI reste identique ou augmente, l'avantage disparaît. Vous pouvez estimer votre situation à l'aide du simulateur de calcul de l'impôt sur le revenu mis à disposition par l'administration fiscale.

Voici comment orienter votre décision :

  • Déduire est avantageux si votre TMI actuel (30 %, 41 % ou 45 %) est supérieur à votre TMI estimé à la retraite : vous économisez davantage d'impôt aujourd'hui que vous n'en paierez demain.
  • Ne pas déduire peut être préférable si votre TMI à la retraite sera identique ou supérieur à votre TMI actuel, ou si vous prévoyez une sortie en capital : dans ce cas, le capital correspondant aux versements sera exonéré d'impôt sur le revenu à la sortie.
  • La sortie en capital d'un PER dont les versements ont été déduits génère une imposition au barème progressif de l'IR sur la part en capital, ce qui peut représenter une charge fiscale significative pour les TMI élevés.
  • À l'inverse, ne pas déduire permet de récupérer le capital versé en franchise d'impôt : seuls les gains restent soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %.

La fiscalité à la sortie du PER dépend de 2 variables : le mode de sortie choisi (capital ou rente viagère) et le traitement fiscal appliqué aux versements lors de leur réalisation (déduits ou non déduits). Ces 4 combinaisons obéissent à des règles distinctes qu'il est utile de maîtriser avant de débloquer son épargne. 

Lorsque vous choisissez de récupérer votre épargne sous forme de capital, 2 régimes s'appliquent selon vos choix passés :

  • Versements déduits à l'entrée : la part du capital correspondant aux versements est imposée au barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans abattement de 10 %. La part correspondant aux gains (intérêts, plus-values) est soumise au PFU de 30 %, soit 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (taux applicable en 2026).
  • Versements non déduits à l'entrée : la part du capital correspondant aux versements est totalement exonérée d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Seuls les gains restent soumis au PFU de 30 %.

Dans les 2 cas, une dispense du prélèvement de 12,8 % sur les gains est possible. Elle s'applique si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € pour une personne seule, ou 50 000 € pour un couple. Cette demande doit être formulée avant le 30 novembre de l'année précédant le versement.

La sortie en rente viagère suit également des règles différentes selon que les versements ont été déduits ou non. Ces règles relèvent du régime des rentes viagères à titre onéreux (RVTO) pour les versements non déduits.

Voici les 2 régimes applicables :

  • Versements déduits : la rente est imposée comme une pension de retraite, avec un abattement de 10 % (plafonné), puis intégration au barème progressif de l'IR. Des prélèvements sociaux s'appliquent sur une fraction de la rente selon l'âge au premier versement : 70 % avant 50 ans, 50 % entre 50 et 59 ans, 40 % entre 60 et 69 ans, 30 % après 69 ans.
  • Versements non déduits : la rente relève du régime des rentes viagères à titre onéreux (RVTO). Seule une fraction est imposable à l'IR selon l'âge, selon les mêmes tranches que ci-dessus. Cette même fraction est également soumise aux prélèvements sociaux.

Le régime RVTO est généralement plus favorable fiscalement que le régime des pensions, car seule une partie de la rente est imposée. C'est l'un des arguments en faveur du choix de ne pas déduire ses versements, notamment pour les épargnants qui anticipent une sortie en rente et un TMI stable à la retraite.

Le PER fonctionne selon un principe de fiscalité différée : vous pouvez déduire vos versements volontaires de votre revenu imposable au moment où vous les effectuez, ce qui réduit immédiatement votre impôt. En contrepartie, les sommes seront imposées au moment de votre départ à la retraite. Cette déduction est optionnelle et s'applique dans la limite de plafonds annuels qui varient selon votre statut professionnel. Pour les salariés, le plafond 2026 est de 10 % des revenus nets de 2025, plafonné à 37 680 €, ou 4 710 € minimum. Les travailleurs indépendants bénéficient d'un plafond majoré pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros. Depuis 2026, les versements après 70 ans ne sont plus déductibles, et les plafonds non utilisés sont désormais reportables sur 5 ans au lieu de 3.

La fiscalité d'une sortie en capital dépend directement du choix que vous avez fait lors de vos versements. Si vous aviez déduit vos versements de votre revenu imposable, la part du capital correspondant à ces versements sera imposée au barème progressif de l'impôt sur le revenu à la sortie, tandis que les gains seront soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026). En revanche, si vous n'aviez pas déduit vos versements, la part du capital correspondant à ces versements sera totalement exonérée d'impôt : seuls les gains resteront imposés au PFU de 31,4 %. Cette différence explique pourquoi le choix de déduire ou non doit être mûrement réfléchi en fonction de votre situation fiscale actuelle et future.

Le principal inconvénient fiscal du PER réside dans l'imposition à la sortie lorsque vous avez choisi de déduire vos versements. Si vous sortez en capital, l'intégralité des versements déduits sera réintégrée dans votre revenu imposable et taxée au barème progressif, ce qui peut représenter une charge fiscale importante pour les contribuables aux tranches élevées. En cas de sortie en rente, celle-ci sera imposée comme une pension de retraite avec un abattement de 10 %, puis intégrée à vos revenus imposables. L'autre limite importante est le blocage des fonds jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé strictement encadrés. C'est pourquoi il est essentiel de comparer votre taux marginal d'imposition actuel avec celui que vous anticipez à la retraite avant de décider de déduire vos versements.

Le choix entre capital et rente dépend de votre situation personnelle et du traitement fiscal appliqué à vos versements. Si vous avez déduit vos versements, la sortie en rente peut être avantageuse car elle bénéficie d'un abattement de 10 % et d'une imposition progressive, tandis que la sortie en capital impose l'intégralité des versements au barème de l'impôt. Si vous n'avez pas déduit vos versements, la sortie en capital devient très attractive puisque seuls les gains seront imposés au PFU de 31,4 %, le capital versé étant totalement exonéré. La rente offre une sécurité avec un revenu garanti à vie, tandis que le capital permet une gestion plus souple et la possibilité de transmettre le solde restant. Votre choix doit également tenir compte de votre besoin de liquidité, de votre espérance de vie et de vos objectifs patrimoniaux.