Comprendre, anticiper et agir sur le montant de sa retraite

Publié le 20 novembre 2025

Temps de lecture : 8 minutes

Connaître le montant de sa pension de retraite est une question qui concerne tout le monde, quel que soit son âge ou son métier. Beaucoup se demandent à combien s’élèvera leur pension une fois à la retraite. La réponse dépend de plusieurs facteurs : votre carrière, votre âge de départ, vos revenus d’activités, votre durée d’assurance et le régime auquel vous cotisez / avez cotisé, et même certains choix personnels. Mieux comprendre les règles du jeu permet d’anticiper et de préparer une retraite sereine. Voici l’essentiel à retenir. 

La retraite en France repose sur un principe simple : les actifs d’aujourd’hui financent les pensions des retraités actuels. Ce système s’appelle la répartition. Pendant votre vie professionnelle, vous cotisez chaque mois. Ces cotisations servent à payer les pensions de ceux qui sont déjà à la retraite.

Quand vient votre tour, vous touchez une pension, appelée aussi « retraite ». Son montant dépend de l’âge du départ à la retraite, des revenus d’activité et de la durée d’assurance.

Il existe deux grandes catégories de régimes de retraite : la retraite de base et la retraite complémentaire. 

Vous pouvez aussi bénéficier d’une retraite supplémentaire, grâce à une épargne individuelle ou, selon votre situation, une épargne collective via votre entreprise. 

En France, il existe plusieurs régimes de retraite. Le régime de base est obligatoire pour tous, mais il existe aussi des régimes complémentaires, eux aussi obligatoires dans la plupart des cas.

Voici un aperçu des principaux régimes :

Le montant de la retraite dépend de votre statut professionnel. Mais il repose toujours sur deux choses : le montant de vos revenus et la durée de votre carrière. 

Les salariés du secteur privé perçoivent une pension de retraite de base versée par le régime général de la Sécurité sociale, ainsi qu’une pension de retraite complémentaire versée par l’Agirc-Arrco. 

La pension de retraite de base se calcule ainsi : 

  • on prend la moyenne de vos 25 meilleures années de salaire (revenu annuel moyen) ;  
  • on applique un taux de liquidation (souvent 50 % à taux plein) ;  
  • on multiplie ce résultat par le rapport entre votre durée d’assurance (nombre de trimestres validés) et la durée d’assurance requise pour obtenir une pension à taux plein (selon votre date de naissance) 

Exemple : 

Si votre salaire moyen mensuel de vos 25 meilleures années est de 2 000 € bruts, que vous avez validé tous vos trimestres, votre pension de retraite de base sera : 2 000 € x 50 % soit un montant mensuel brut de 1000 €. 

La retraite complémentaire pour les salariés affiliés à l’Agirc-Arrco fonctionne avec un système par points. Chaque euro cotisé vous donne droit à des points (dont le nombre dépend de la valeur d’achat du point). À la retraite, on multiplie le nombre de points acquis par la valeur de service du point en vigueur au moment de votre départ à la retraite. 

La rémunération prise en compte correspond au traitement indiciaire brut moyen des 6 derniers mois (hors primes). Le taux de liquidation est également de 50 % à taux plein.

Chaque caisse de retraite a ses propres règles, mais le principe reste le même : le montant dépend des revenus professionnels déclarés et du nombre de trimestres validés.

Il existe des simulateurs en ligne, comme celui du site officiel info-retraite.fr. Ils permettent d’estimer rapidement votre future pension, en tenant compte de votre parcours.

Estimez le montant de votre pension retraite en quelques clics

Quand on parle de retraite, on entend souvent les termes décote et surcote. Ces notions peuvent sembler techniques, mais elles sont en réalité très simples à comprendre. Elles jouent un rôle majeur sur le montant final de votre pension de retraite.

La décote est une réduction appliquée au montant de votre pension de retraite de base si vous partez avant d’avoir rempli toutes les conditions pour avoir droit au taux plein. 

Autrement dit, si vous : 

  • partez à la retraite avant l’âge légal du taux plein automatique (67 ans) 
  • et que vous n’avez pas validé le nombre de trimestres requis pour avoir droit au taux plein (par exemple, 172 trimestres pour les personnes nées à compter de 1965) 

alors le montant de votre pension sera diminué

La décote est calculée en tenant compte du nombre de trimestres manquants. 

Chaque trimestre non validé entraîne une réduction définitive de 0,625 % sur le taux de liquidation. 

Exemple

  • taux de liquidation à taux plein = 50 % du salaire moyen de référence 
  • il vous manque 8 trimestres 
  • décote : 8 trimestres × 0,625 % = 5 % 

Votre taux de liquidation final sera donc : 50% - 5 % = 45 % qui s’appliquera à votre salaire moyen de référence. 

Pour calculer le nombre de trimestres manquants pour le calcul de la décote, la caisse de retraite de base examine : 

  • Combien de trimestres vous manque-t-il par rapport à l’âge de 67 ans ? 
  • Combien de trimestres vous manque-t-il par rapport au nombre requis pour le taux plein ? 

La caisse retient le nombre le plus avantageux pour vous. 

Exemple :  

  • vous êtes né en septembre 1971 
  • pour le taux plein, il vous faut 172 trimestres 
  • à 64 ans, vous avez validé 162 trimestres 

Il vous manque : 

  • entre 64 ans et 67 ans : il reste 3 ans, soit 12 trimestres 
  • par rapport aux trimestres requis : 172 - 162 = 10 trimestres manquants 

On retient le plus avantageux, soit 10 trimestres. 

La décote appliquée sera donc : 10 × 0625 % = 6,25 % 

La surcote est l’inverse de la décote : c’est un bonus. Elle s’applique si vous continuez à travailler au-delà de l’âge légal de départ (64 ans pour les personnes nées à partir de 1968) et si vous avez déjà validé tous vos trimestres.

Chaque trimestre civil entier travaillé supplémentaire vous donne un bonus définitif de 1,25 % sur votre pension de retraite de base.

La retraite complémentaire vient compléter la retraite de base. Elle représente une part importante des revenus à la retraite, notamment pour les salariés du privé affiliés à l’Agirc-Arrco. 

Contrairement à la retraite de base, qui repose sur les trimestres validés, la retraite complémentaire Agirc-Arrco repose sur un système de points. Tout au long de votre carrière, vos cotisations (prélevées sur votre salaire) vous permettent d’acquérir des points. 

Ces points sont ensuite convertis en pension de retraite au moment de votre départ à la retraite

Plus vous avez accumulé de points, plus le montant de votre retraite complémentaire sera élevé. 

Pour les salariés affiliés à l’Agirc-Arrco, le montant annuel brut de la pension de retraite complémentaire est calculé ainsi : 

Nombre total de points acquis × Valeur du point au moment du départ 

Par exemple : si, au moment de votre départ à la retraite, vous avez acquis 5 000 points et que la valeur de service du point est de 1,35 € (hypothèse), alors le montant de votre retraite complémentaire sera : 

5 000 × 1,35 € = 6 750 € bruts par an, soit environ 562,50 € brut par mois. 

Plusieurs éléments de votre parcours peuvent influer sur le montant de votre pension de retraite, à la baisse comme à la hausse.

Plus vos salaires (ou revenus professionnels) ont été élevés au cours de votre carrière, plus votre pension sera élevée.

Dans le régime général, on retient la moyenne des 25 meilleures années (dans la limite du plafond de la Sécurité sociale pour les revenus perçus à partir de 2005).

Pour les fonctionnaires, on prend en compte les traitements des 6 derniers mois.

Pour les régimes de retraite complémentaire, chaque euro cotisé génère des points retraite, qui s’accumulent année après année.

Le moment où vous décidez de partir à la retraite a des conséquences : 

  • si vous partez à la retraite avant l’âge légal (ou sans les trimestres requis), vous subissez une décote (réduction) 
  • si vous partez plus tard, vous bénéficiez d’une surcote (bonus) 

Décaler son départ de quelques trimestres peut parfois faire une grosse différence sur le montant perçu. 

Le dispositif de retraite anticipée « carrière longue » permet de partir avant l’âge légal de départ à la retraite sans subir de décote, si vous avez commencé à travailler jeune (avant 16, 18, 20 ou 21 ans) et que vous avez validé un nombre déterminé de trimestres d’assurance retraite cotisés (tous régimes confondus) dont un certain nombre avant 16, 18, 20 ou 21 ans.

Vérifiez vos conditions à tout moment pour savoir si vous y êtes éligible.

Avoir des enfants donne droit à des avantages spécifiques dans le calcul de la retraite. 

Pourquoi ? Parce qu’élever des enfants peut ralentir une carrière (congé maternité, temps partiel, pauses). 

Le système prévoit donc : 

  • Une majoration de la durée d’assurance : 
  • dans le privé, la mère obtient automatiquement 4 trimestres par enfant pour la maternité ou l’adoption, 
  • une majoration supplémentaire de 4 trimestres pour éducation est accordée. Ces trimestres pour éducation peuvent être partagés avec le père sous certaines conditions. 
  • Une majoration de la pension : 
  • à partir de 3 enfants, le montant de la pension de retraite de base (surcote comprise le cas échéant) est majoré de 10 % (majoration accordée à la mère et au père), 
  • des bonus existent aussi sur les pensions complémentaires, notamment si des enfants sont encore à charge. 

À noter : si vous avez eu des enfants, vérifiez bien que ces trimestres et majorations apparaissent sur vos relevés ou sur votre compte info-retraite. 

Les périodes d’arrêt maladie peuvent faire peur, car elles diminuent le temps travaillé. Heureusement, le régime général prévoit des compensations : 

  • chaque période de 60 jours d’arrêt indemnisé valide 1 trimestre (dans la limite de 4 trimestres par année civile) 
  • en cas d’incapacité, certains droits continuent à s’accumuler, même sans activité 

Attention toutefois : ces périodes n’augmentent pas le salaire de référence, elles jouent uniquement sur le nombre de trimestres validés. 

Les personnes reconnues handicapées ou invalides peuvent partir plus tôt (dès 55 ans) selon leur taux d’incapacité et les trimestres cotisés. Les règles varient selon les situations (handicap, incapacité permanente, invalidité). 

Le chômage est parfois vu comme un « vide » dans une carrière. Mais du point de vue retraite, il n’annule pas vos droits :

Pour les périodes de chômage intervenues à partir de 1980, chaque période de 50 jours indemnisés, consécutifs ou non, donne droit à 1 trimestre (dans la limite de 4 trimestres par année civile).

Les périodes de chômage non indemnisé peuvent parfois être prises en compte, mais sous conditions spécifiques (par exemple, après une période indemnisée).

À vérifier : faites bien inscrire vos périodes de chômage dans vos relevés de carrière. C’est important pour ne pas perdre de trimestres.

Le temps partiel peut réduire vos cotisations et impacter votre future pension. Pourquoi ? Parce que pour valider 1 trimestre, il faut atteindre un revenu minimum annuel.

Si votre salaire annuel est trop faible, vous risquez de ne valider qu’un ou deux trimestres au lieu de quatre. Sur une longue période, cela peut fortement réduire le montant final de votre pension de retraite.

Conseil : vérifiez chaque année le nombre de trimestres validés, surtout si vous avez travaillé à temps partiel longtemps.

Le service militaire compte pour la retraite :  

  • pour la retraite de base, chaque 90 jours d’incorporation donne droit à 1 trimestre (chaque trimestre étant validé dans l’année civile où se termine la période de 90 jours). Les trimestres pour le service national sont des trimestres assimilés. Ils sont pris en compte sans limitation pour un départ à l’âge légal de la retraite. En revanche, lors d’un départ en retraite anticipée pour carrière longue, seuls 4 trimestres sont retenus. 
  • pour le régime Agirc-Arrco, il n'attribue pas de droit pour le service national effectué depuis 1970. En revanche, si vous avez effectué votre service militaire avant cette date et que vous étiez salarié non-cadre, vous pouvez obtenir des points supplémentaires : pour toute période dépassant 12 mois de service militaire, et si l’incorporation a eu lieu à la suite d'une période d'emploi, de maladie ou de chômage indemnisé. Dans ce cas, votre nombre de points sera calculé sur la base du salaire précédant l'année de votre service militaire. 

Pensez à récupérer vos attestations militaires pour les transmettre à votre caisse de retraite. 

Avoir travaillé à l’étranger impacte vos droits selon le statut que vous aviez à l’époque : 

  • si vous étiez détaché (par une entreprise française), vous cotisiez au régime français, vous avez donc continué à accumuler vos droits, 
  • si vous étiez expatrié, vous cotisiez au régime du pays d’accueil (et éventuellement à la Caisse des Français de l’Étranger, la CFE, en parallèle, vous permettant de continuer à accumuler vos droits au régime de retraite Français) 

Dans certains cas, vous cumulez des droits dans deux systèmes différents. Il est donc important de faire le point pour éviter les erreurs ou les oublis. 

Passer du statut de salarié à celui d’indépendant, ou inversement, change vos régimes de rattachement. Cela peut entraîner des oublis ou des erreurs de relevés. 

Par exemple : 

  • trimestres non reportés 
  • points complémentaires manquants 
  • cotisations mal affectées 

Vérifiez attentivement vos relevés individuels à chaque changement majeur de statut. 

À chaque âge, il existe des réflexes à adopter pour préparer sa retraite.

C’est le moment de s’informer sur le système : 

vous recevez votre premier RIS (Relevé Individuel de Situation), qui vous sera ensuite envoyé tous les 5 ans. Il vous donne une première visibilité sur les trimestres et points acquis 

  • vérifiez que vos trimestres sont bien enregistrés 
  • commencez à penser à l’ épargne retraite, même de façon modeste 
  • plus vous commencez tôt, plus l’effort d’épargne est léger 

Faites un point sur votre relevé de carrière : 

  • corrigez les éventuelles erreurs (trimestres manquants, périodes oubliées) 
  • vous pouvez demander un Entretien Information Retraite (EIR) auprès de l’un des régimes de base ou complémentaire dans lesquels vous avez des droits. Cet entretien vous permet de faire le point, poser toutes vos questions et commencer une réflexion stratégique (comment optimiser votre pension, quelle stratégie d’épargne adopter, etc.) 
  • commencez à simuler votre future pension 
  • si besoin, renseignez-vous sur le rachat de trimestres, surtout pour les années d’études supérieures ou les années incomplètes 

C’est le moment de faire le bilan : 

  • vérifiez vos droits dans tous les régimes où vous avez cotisé 
  • à partir de cet âge, vous recevez automatiquement une Estimation Indicative Globale (EIG), envoyée tous les 5 ans. Ce document vous offre une synthèse de vos droits acquis auprès des différents régimes, ainsi qu’une estimation du montant de votre future pension et de l’âge auquel vous pourriez partir à taux plein 
  • choisissez votre âge de départ à la retraite en fonction de vos besoins et de vos envies 
  • un départ à l’âge légal (entre 62 et 64 ans selon votre date de naissance) donne droit à la retraite, mais le taux plein n’est pas automatique 
  • prolonger son activité permet de bénéficier d’une surcote 
  • pensez à demander tous les dispositifs auxquels vous avez droit (majoration pour enfants, départ anticipé pour carrière longue, handicap) 

Dans le régime de base, le nombre de trimestres requis pour partir à la retraite à taux plein dépend de votre date de naissance : 

  • pour les générations nées à partir de 1965, il faut valider 172 trimestres, soit 43 années de carrière 
  • pour les générations précédentes, le nombre de trimestres requis varie entre 167 et 172. 

Si vous partez sans avoir validé tous vos trimestres, une décote sera appliquée sur le montant votre pension de retraite. 

Le montant de votre retraite dépend de plusieurs facteurs : pour les salariés du privé, la pension de base est calculée sur la moyenne des 25 meilleures années de salaire (dans la limite du plafond de la Sécurité sociale pour les revenus perçus à partir de 2005), à laquelle on applique un taux de liquidation (généralement de 50 % pour une carrière complète), puis un prorata selon le nombre de trimestres validés. À cela s’ajoute la retraite complémentaire, calculée avec un système de points selon vos cotisations. Plus vos salaires sont élevés et plus vous cotisez longtemps, plus votre retraite sera élevée.

Le montant minimum de la retraite de base pour une carrière complète est appelé le minimum contributif. En 2025, il s’élève à environ 747,69 € brut par mois pour les personnes ayant validé tous leurs trimestres. Ce montant peut être majoré si vous avez cotisé au moins 120 trimestres au régime général. Si votre retraite totale (base + complémentaire) est inférieure à ce seuil, le minimum contributif vient compléter votre pension de base, dans la limite d’un plafond.

Oui, il est possible de cumuler une pension de retraite avec un revenu d’activité, sous certaines conditions. Ce dispositif s’appelle le cumul emploi-retraite.  

Si vous avez liquidé toutes vos retraites à taux plein, le cumul est intégral et sans plafond. Vous pouvez percevoir votre pension de base de l’Assurance retraite tout en exerçant une activité professionnelle, sans limite de revenu. Cela est possible si vous avez obtenu toutes vos retraites (de base et complémentaires, françaises et étrangères) à taux plein entre 62 et 67 ans avec le bon nombre de trimestres, ou automatiquement à 67 ans. 

Si vous partez à la retraite sans avoir le taux plein, le cumul est plafonné et dépend de vos revenus et de votre situation. Ce dispositif permet de compléter ses revenus ou de continuer une activité professionnelle après la retraite.