Le cadre fiscal avantageux de l’assurance vie

Mis à jour le 15 juin 2026

Temps de lecture  : 7 minutes

L’ assurance vie séduit par sa grande souplesse et sa capacité à répondre à de nombreux objectifs patrimoniaux. Mais ce placement se distingue également par son régime fiscal avantageux, qui varie selon les situations, que ce soit lors d’un rachat ou dans le cadre d’une transmission en cas de décès.
L'essentiel :

L'imposition de l'assurance vie ne porte jamais sur les sommes versées, uniquement sur les gains réalisés au moment d'un retrait. La durée de détention du contrat joue un rôle déterminant : après 8 ans, un abattement annuel s'applique et le taux d'imposition peut être réduit à 7,5 %. Les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % sont toujours dus, quelle que soit la situation. Certains événements de vie, comme un licenciement ou une invalidité, peuvent ouvrir droit à une exonération d'impôt sur le revenu. 

Fiscalité assurance vie

Le montant que vous rachetez (donc celui que vous retirez) est composé de deux parts :

  • l’une correspondante à vos versements
  • l’autre correspondante aux produits acquis par vos versements.
Les produits acquis par vos versements sont soumis aux prélèvements sociaux au taux en vigueur au moment du rachat ou au terme.
Les produits acquis par vos versements sont soumis à une imposition dont le taux dépend de l'ancienneté de votre contrat et de la date de vos versements.

Les produits peuvent être totalement exonérés d’impôt dans les cas spécifiques : dénouement en rente, licenciement, mise à la retraite anticipée, invalidité (2ème ou 3ème catégorie) ou cessation d’activité consécutive à un jugement de liquidation judiciaire.

Le rachat doit avoir lieu avant la fin de l’année qui suit celle de l’événement.

Les produits sont imposés :

  • au barème progressif de l’impôt sur le revenu
  • ou sur option de votre part, au Prélèvement forfaitaire libératoire (PFL), en déduction de la part de produits au moment du rachat ou terme. Le taux est dégressif selon l’ancienneté de votre contrat :
    - avant 4 ans : 35%
    - entre 4 et 8 ans : 15%
    - à partir de 8 ans : 7,5%

Les produits sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU).

L’imposition est effectuée en deux temps :

  • Au moment du rachat ou au terme de votre contrat, l'assureur déduit des produits un prélèvement forfaitaire non libératoire, à titre d'acompte
  • L'année suivante, l'administration fiscale régularise l'impôt au taux de PFU.

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  Contrat de moins de 8 ans Contrat de 8 ans et plus
Prélèvement effectué par l'assureur au moment du rachat ou au terme. Taux de prélèvement forfaitaire non libératoire, à titre d'acompte 12.8%

7.5%

 

Régularisation par l'administration fiscale l'année suivante. Taux de PFU

 

12.8%

7.5% pour la part ≤ à 150.000€

12.8% pour la part > 150.000€

Lors de la régularisation, pour les produits ayant déjà supporté le prélèvement opéré par l’assureur, aucune imposition ne sera due. Pour les produits ayant supporté le taux de 7,5%, l'administration fiscale prélèvera, le cas échéant, le complément d’impôt dû (différence entre 7,5% et 12,8%).
Concernant le seuil de part de versements de 150.000€ :

  • Les 150.000€ correspondent à l’ensemble des versements effectués sur l'ensemble des contrats détenus, déduction faite de la part des versements déjà rachetés au 31/12 de l’année avant le rachat.
  • Il s’entend par personne, tous contrats et tous assureurs confondus.
  • Il est calculé par l’administration fiscale.
  • Pour les couples soumis à imposition commune, le montant des versements est apprécié distinctement par assuré (150.000€ chacun).

Par exception, certains contribuables peuvent demander -au plus tard lors de l’encaissement des revenus- à être dispensés du prélèvement forfaitaire non libératoire effectué par l'assureur. Il s’agit :

  • des contribuables célibataires, divorcés ou veufs dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 25.000€
  • ou des contribuables soumis à une imposition commune dont le revenu fiscal de référence est inférieur à 50.000€.

A partir de la 8ème année de votre contrat, les produits (ou plus-values) bénéficient d'un abattement annuel de 4.600€ pour une personne seule ou de 9.200€ pour un couple soumis à imposition commune. Cet abattement vaut pour l'ensemble des bons ou contrats que vous détenez.

Cet abattement s’applique en priorité sur les contrats souscrits et versements effectués avant le 27/09/2017, puis sur les versements effectués à partir du 27/09/2017 soumis au taux de 7,5% et, enfin sur ceux soumis au taux de 12,8%.
Vous pouvez opter pour l’imposition au barème progressif de l’ impôt sur le revenu. Cette option est globale et concerne l’ensemble des revenus et plus-values de l’année. Elle devra être exercée chaque année lors du dépôt de la déclaration de revenus auprès de l’administration fiscale et au plus tard avant la date limite de déclaration.

Bon à savoir

L'abattement annuel de 4 600 € (ou 9 200 € pour un couple) s'applique chaque année, et non une seule fois sur la durée du contrat. Si vous n'effectuez pas de rachat une année, l'abattement non utilisé ne se reporte pas sur l'année suivante. Il peut donc être judicieux d'étaler vos rachats dans le temps pour en bénéficier pleinement, selon votre situation personnelle.

L’assurance vie n’entre pas dans la succession de l’assuré et n’est donc pas soumise aux règles légales de partage de l’héritage si les bénéficiaires ont été clairement désignés (sauf cas particuliers, exemple : primes manifestement exagérées).

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Versements avant vos 70 ans

Versements après vos 70 ans

 
Abattement de 152.500€ sur le capital transmis par le bénéficiaire et taxation au-delà :                                                                                 
- au taux de 20% jusqu'à 700.000€
- au taux de 31,25% - au delà de 700.000€
Imposition des versements (hors éventuels produits) au barème des droits de succession, après abattement de 30.500€  
Abattement par bénéficiaire, tous contrats d'assurance vie confondus

Abattement par assuré, tous contrats d'assurance vie confondus, quel que soit le nombre de bénéficiaires

Les contrats de type « Vie Génération » bénéficient d’un abattement supplémentaire proportionnel de 20% sur le capital transmis constitué par vos versements effectués avant 70 ans, avant l’abattement de 152.500€.

Certains bénéficiaires sont exonérés de fiscalité en cas de décès, tels que le conjoint ou partenaire de PACS et, sous certaines conditions, les frères et sœurs de l’assuré décédé.

Les prélèvements sociaux au taux de 17,2 % s'appliquent systématiquement sur les gains de l'assurance vie. Ils sont dus quelle que soit la durée de détention ou le mode d'imposition choisi. Leur moment de prélèvement varie cependant selon le type de support sur lequel votre épargne est investie.

Les contrats d'assurance vie peuvent être investis sur 2 types de supports, avec des règles de prélèvement distinctes.

Pour les fonds euros (supports à capital garanti), les prélèvements sociaux sont prélevés automatiquement chaque année sur les intérêts crédités, sans attendre un rachat.

Pour les unités de compte (supports investis sur les marchés financiers, sans garantie en capital), les prélèvements sociaux ne sont prélevés qu'au moment d'un rachat ou au décès du souscripteur.

Les 17,2 % de prélèvements sociaux se décomposent ainsi :

  • CSG : 9,2 % ;
  • CRDS : 0,5 % ;
  • prélèvement de solidarité : 7,5 %.

Certains épargnants peuvent demander à être dispensés de l'acompte d'impôt sur le revenu prélevé au moment du rachat. Cette dispense est possible si votre revenu fiscal de référence de l'année N-2 est inférieur à 25 000 € pour une personne seule, ou 50 000 € pour un couple soumis à imposition commune.

Pour les revenus perçus en 2026, c'est donc votre revenu fiscal de référence de 2024 qui sert de base de calcul. Pour bénéficier de cette dispense, vous devez adresser une attestation sur l'honneur à votre assureur avant le 30 novembre de l'année précédant le rachat. Cette démarche ne dispense pas des prélèvements sociaux, qui restent toujours dus.

Certaines situations de vie permettent de racheter son contrat d'assurance vie sans être soumis à l'impôt sur le revenu. Ces exonérations, encadrées par l'administration fiscale sont soumises à des conditions strictes, notamment de délai.

Les événements suivants peuvent ouvrir droit à une exonération d'impôt sur le revenu sur les gains rachetés :

  • le licenciement (hors rupture conventionnelle et fin de contrat à durée déterminée) ;
  • la mise à la retraite anticipée (uniquement pour les produits issus de versements antérieurs au 01/01/2020) ;
  • l'invalidité de 2e ou 3e catégorie reconnue par la Sécurité sociale ;
  • la liquidation judiciaire.

Ces exonérations s'appliquent au souscripteur du contrat ou à son conjoint ou partenaire de PACS. Dans le cas de l'invalidité de 2e ou 3e catégorie, l'exonération est totale et porte également sur les prélèvements sociaux. Pour les autres situations, les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus.

Pour être valable, le rachat doit intervenir avant la fin de l'année qui suit celle de l'événement ouvrant droit à l'exonération. Concrètement, si vous êtes licencié le 5 mai 2026, vous devez effectuer votre rachat au plus tard le 31 décembre 2027 pour bénéficier de l'exonération d'impôt sur le revenu.

Passé cette date, les règles fiscales habituelles s'appliquent à nouveau, selon la durée de détention de votre contrat et la date de vos versements.

Vous souhaitez épargner, protéger vos proches ou encore prendre soin de votre santé ? 

Considéré comme le placement préféré des Français, le contrat d'assurance vie est un placement financier qui a plusieurs avantages vis à vis de l'assuré :

Le contrat d'assurance vie offre une grande flexibilité. Vous pouvez effectuer des versements sur votre contrat en une ou plusieurs fois, que ce soit par des versements ponctuels ou réguliers. En cas de besoin l'épargne reste accessible, et vous pouvez retirer votre capital selon vos besoins grâce au rachat.

En cas de décès de l'assuré, le capital sera transmis aux bénéficiaires désignés.

L'assurance vie constitue un moyen de transmission à la fois performant et adaptable. Les montants investis ne font pas partie de l'actif successoral, permettant ainsi aux bénéficiaires désignés de recevoir directement les fonds, tout en bénéficiant d'avantages fiscaux significatifs.

En savoir plus sur le cadre fiscal en cas de décès de l'assuré

Le montant d'une assurance vie peut être soumis à l'imposition, mais cela dépend de plusieurs facteurs, notamment : 

  • Si vous effectuez un rachat partiel ou total
  • la date de souscription du contrat
  • la date de versement des primes 

En savoir plus sur la fiscalité de l'assurance vie

Oui, il est tout à fait possible de posséder plusieurs contrats d'assurance vie auprès d'un ou de plusieurs assureurs. Cette stratégie permet notamment de diversifier ses supports d'investissement, de répartir son épargne selon différents objectifs (retraite, transmission, projet immobilier, etc.) ou encore de faciliter la gestion de ses rachats. Toutefois, certains avantages fiscaux, comme l'abattement annuel après 8 ans, s'apprécient sur l'ensemble des contrats détenus par une même personne et non contrat par contrat.