Excès de vitesse : quelles sanctions risquez-vous ?
L'excès de vitesse reste l’une des principales causes d’accidents mortels sur les routes françaises. Les sanctions sont précises, proportionnelles au dépassement constaté, et ont été récemment durcies. Amendes, retrait de points, suspension ou annulation du permis : les conséquences dépendent directement du seuil franchi.
Tout dépassement de la vitesse autorisée expose le conducteur à une amende et à un retrait de points, dont le montant et la sévérité augmentent avec l'écart constaté. Depuis le 29 décembre 2025, un excès égal ou supérieur à 50 km/h au-dessus de la limite constitue un délit pénal, avec inscription au casier judiciaire et annulation possible du permis. Les titulaires d'un permis probatoire sont soumis à des limitations spécifiques et risquent des conséquences plus lourdes en cas d'infraction.
- Qu'est-ce qu'un excès de vitesse ?
- Comment un excès de vitesse est-il constaté ?
- Quel est le barème des amendes et des retraits de points pour excès de vitesse ?
- Excès de vitesse à partir de 50 km/h : pourquoi c'est désormais un délit pénal ?
- Quelles limitations de vitesse s'appliquent selon le type de route ?
- Quelles règles spécifiques s'appliquent aux jeunes conducteurs en cas d'excès de vitesse ?
- Comment et sous quel délai reçoit-on une amende pour excès de vitesse ?
- Combien de temps a-t-on pour payer une amende pour excès de vitesse ?
- Comment savoir si l'on a une amende pour excès de vitesse ?
- Comment contester une amende pour excès de vitesse ?
- FAQ : consultez nos questions/réponses
Qu'est-ce qu'un excès de vitesse ?
Un excès de vitesse correspond au dépassement de la vitesse maximale autorisée sur un tronçon donné. Cette infraction est définie par l'article R413-14 du Code de la route. Les limitations en vigueur sont les suivantes :
Un conducteur peut également être verbalisé pour « vitesse excessive eu égard aux circonstances » sans dépasser la limitation affichée. C'est le cas lorsque les conditions météorologiques, la visibilité réduite ou la densité du trafic imposent une vitesse inférieure à la limite légale, conformément à l'article R413-17 du Code de la route.
Comment un excès de vitesse est-il constaté ?
La constatation d’un excès de vitesse repose sur différents dispositifs de contrôle, dont la précision technique influe directement sur la vitesse retenue à charge du conducteur.
Radars fixes, mobiles, tronçon : quels dispositifs contrôlent votre vitesse ?
Plusieurs types de radars sont déployés sur le réseau routier français pour mesurer et sanctionner les excès de vitesse.
Les infractions relevées par les radars automatiques sont transmises au Centre National de Traitement (CNT) de Rennes, qui édite et envoie les avis de contravention aux contrevenants.
Quelle est la tolérance appliquée pour un excès de vitesse ?
Les radars n'affichent pas directement la vitesse sanctionnée. Une marge technique est déduite de la vitesse brute mesurée, au bénéfice du conducteur.
Pour les radars fixes, la marge est de 5 km/h pour les vitesses inférieures à 100 km/h, et de 5 % au-delà. Pour les radars mobiles, la marge est de 10 km/h en dessous de 100 km/h, et de 10 % au-delà.
Concrètement, si un radar fixe vous mesure à 140 km/h, la vitesse retenue à votre charge sera de 133 km/h (140 - 5 % = 133). C'est cette vitesse retenue qui détermine le seuil de sanction applicable.
Quel est le barème des amendes et des retraits de points pour excès de vitesse ?
Les sanctions pour excès de vitesse sont strictement proportionnelles à l'importance du dépassement. Elles peuvent aller d'une amende sans retrait de points (pour les plus faibles excès) jusqu'au délit pénal pour les cas les plus graves.
Les sanctions par seuil de dépassement
Depuis le décret n° 2023-1150 du 6 décembre 2023, les excès inférieurs à 5 km/h (soit jusqu'à 4 km/h retenus après marge d'erreur) ne donnent plus lieu à un retrait de points. Pour les seuils supérieurs, les sanctions sont les suivantes :
Amende minorée, forfaitaire et majorée : quelles différences ?
Le montant que vous payez dépend du délai dans lequel vous réglez votre amende. Voici comment cela fonctionne :
Pour une contravention de 4e classe, cela donne par exemple : 90 € (minorée), 135 € (forfaitaire) ou 375 € (majorée).
Depuis le 1er janvier 2024, un excès de vitesse inférieur à 5 km/h ne donne plus lieu à un retrait de points, conformément au décret n° 2023-1150 du 6 décembre 2023. Cette évolution, issue du Comité interministériel de la sécurité routière de juillet 2023, ne supprime pas l'amende pour autant. Le conducteur peut donc recevoir une contravention sans perdre de points sur son permis. Cette mesure ne s'applique qu'aux petits excès constatés par radar : les contrôles par les forces de l'ordre peuvent donner lieu à des traitements différents selon les circonstances.
Excès de vitesse à partir de 50 km/h : pourquoi c'est désormais un délit pénal ?
Depuis le 29 décembre 2025, tout dépassement égal ou supérieur à 50 km/h au-dessus de la limite autorisée bascule du statut de contravention à celui de délit. Cette évolution majeure est issue de la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 relative à l'homicide routier. Elle alourdit considérablement les conséquences pour les conducteurs concernés.
Les sanctions encourues pour ce délit sont les suivantes :
Ce changement de qualification juridique est important à comprendre. Avant cette réforme, un grand excès de vitesse restait une contravention, même très sévèrement sanctionnée. Désormais, il s'agit d'un délit pénal, avec toutes les conséquences que cela implique sur le plan judiciaire et administratif. Pour en savoir plus, Service-public.fr détaille les nouvelles sanctions applicables.
Quelles limitations de vitesse s'appliquent selon le type de
route ?
Les vitesses maximales autorisées en France varient selon la nature de la voie, les conditions météorologiques et le profil du conducteur.
Les limitations de vitesse standard sont les suivantes :
Ces limites sont réduites par mauvais temps. En cas de pluie ou de chaussée mouillée, la limitation sur autoroute passe à 110 km/h et à 100 km/h sur les routes à 2 x 2 voies. Par visibilité inférieure à 50 mètres (brouillard dense, neige...), la vitesse maximale est fixée à 50 km/h sur tous les types de routes.
Quelles règles spécifiques s'appliquent aux jeunes conducteurs en cas d'excès de vitesse ?
Les titulaires d'un permis probatoire sont soumis à des limitations de vitesse plus strictes que les conducteurs confirmés. Un excès de vitesse peut avoir des conséquences particulièrement lourdes sur leur capital de points, encore limité en début de période probatoire.
Les limitations spécifiques aux conducteurs en permis probatoire sont les suivantes :
Les sanctions en points et en amendes sont identiques à celles des conducteurs confirmés. Mais avec un capital de départ limité à 6 points (contre 12 pour un permis classique), chaque retrait est proportionnellement plus lourd. Un excès de vitesse à partir de 50 km/h dès la première année entraîne en pratique une perte immédiate de l’ensemble des points, conduisant à l'invalidation du permis. En cas de perte de 3 points ou plus, un stage peut être imposé par l'autorité compétente.
Comment et sous quel délai reçoit-on une amende pour excès de vitesse ?
L’envoi de l’avis de contravention intervient généralement dans un délai relativement court après la constatation de l’infraction. Cela varie entre 2 et 15 jours, selon plusieurs facteurs :
Si le véhicule concerné est une voiture de location, un véhicule partagé ou appartenant à une entreprise, le délai peut être allongé, car il faut identifier précisément le conducteur au moment de l’infraction.
Combien de temps a-t-on pour payer une amende pour excès de vitesse ?
Une fois l’avis de contravention reçu, le paiement doit être réalisé dans les jours suivant la date de l'envoi de l'avis de contravention :
Comment savoir si l'on a une amende pour excès de vitesse ?
Quand un excès de vitesse est relevé, vous êtes informé par courrier par les coordonnées associées à votre véhicule. Ce courrier officiel, appelé avis de contravention, décrit précisément l’infraction, le montant de l’amende et les modalités pour la payer ou contester la sanction.
Dans certains cas, il peut être difficile de savoir si une amende a été reçue, notamment en cas d’achat récent de véhicule ou de changement d’adresse. Pour lever le doute, vous pouvez consulter le site officiel de l’Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infractions (ANTAI). En entrant votre numéro d’immatriculation et certaines informations personnelles, vous obtenez la liste des amendes en cours.
Comment contester une amende pour excès de vitesse ?
Les articles 529‑10 et 530 du Code de procédure pénale précisent les conditions dans lesquelles vous pouvez contester une contravention pour excès de vitesse ou une amende majorée. Il est également envisageable de remettre en question le retrait de points, voire la suspension de permis.
Voici les motifs recevables pour contester :
Pour contester une amende pour excès de vitesse, vous devrez suivre ces 6 consignes :
Sources :
- Légifrance - Article R413-14 du Code de la route
- Légifrance - Article R413-17 du Code de la route
- Service-public.fr – Permis de conduire : barème des points retirés par infraction
- Légifrance – Décret n° 2023-1150 du 6 décembre 2023
- Ministère de l'Intérieur – Le très grand excès de vitesse devient un délit à partir du 29 décembre 2025
- Légifrance – LOI n° 2025-622 du 9 juillet 2025
- Légifrance – Décret n° 2023-1150 du 6 décembre 2023
- Service-public.fr – Le grand excès de vitesse est désormais un délit
- Légifrance – Décret n° 2012-3 du 3 janvier 2012 portant diverses mesures de sécurité routière
- Légifrance – Article R413-14-1 du Code de la route
- Service-public.fr – Vitesse au volant
Excès de vitesse :
consultez nos questions/réponses
Vous pouvez vérifier le solde de points de votre permis de conduire sur le site de la Sécurité Routière à l'aide de votre numéro de dossier et de votre code confidentiel sécurisé ou en vous connectant à FranceConnect.
Un excès de vitesse de 10 km/h au-dessus de la limite autorisée entre dans la catégorie des dépassements compris entre 5 et moins de 20 km/h. Cela correspond à une contravention de 2e classe, assortie d'une amende forfaitaire de 68 euros et d'un retrait d'un point sur le permis de conduire. Ce point peut toutefois être récupéré automatiquement au bout de six mois sans nouvelle infraction. Il faut garder à l'esprit que c'est la vitesse retenue après déduction de la marge technique du radar qui compte : si vous êtes flashé à 65 km/h en agglomération, la vitesse retenue sera de 60 km/h et vous pourriez ainsi ne pas être sanctionné pour dépassement
Oui, c'est possible, et ce dès le premier écart. Pour les excès compris entre 40 et moins de 50 km/h, le permis peut être suspendu jusqu'à six mois, et sa rétention physique pendant 72 heures est possible dès le contrôle. Au-delà de 50 km/h, depuis le 29 décembre 2025, il s'agit d'un délit pénal en application de la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 : le permis peut être annulé, avec interdiction de le repasser pendant jusqu'à trois ans. Pour les jeunes conducteurs en permis probatoire, les conséquences sont encore plus immédiates : avec seulement six points au départ, un excès de vitesse à partir de 50 km/h la première année entraîne directement l'invalidation du permis.
Ne pas payer une amende dans les délais prévus entraîne une majoration automatique du montant. Pour une contravention de 4e classe (excès entre 30 et 40 km/h), l'amende forfaitaire de 135 euros passe ainsi à 375 euros passé le délai de 45 jours. Au-delà, le Trésor public peut engager des procédures de recouvrement forcé : saisie sur salaire ou sur compte bancaire ou encore opposition au renouvellement du certificat d'immatriculation du véhicule. Il est donc important de ne pas laisser une amende sans suite, sauf si vous souhaitez la contester auquel cas il ne faut surtout pas payer avant d'avoir engagé la démarche, car le paiement vaut reconnaissance de l'infraction.
Il existe deux façons de récupérer des points perdus à la suite d'un excès de vitesse. La première est automatique : si vous ne commettez aucune infraction entraînant un retrait de points pendant une période de 2 ans (ou 6 mois pour un retrait d'un seul point), votre capital est reconstitué à hauteur des points perdus. La seconde est volontaire : vous pouvez suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière, qui permet de récupérer jusqu'à 4 points, dans la limite de 12 points au total. Ce stage ne peut être effectué qu'une fois par an. Il est payant (entre 200 et 300 € environ) et dure 2 jours. À noter : si votre permis a été invalidé pour solde de points nul, vous devrez repasser les épreuves du permis de conduire avant de pouvoir conduire à nouveau.
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