Mis à jour le 3 juillet 2026
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L'excès de vitesse reste l’une des principales causes d’accidents mortels sur les routes françaises. Les sanctions sont précises, proportionnelles au dépassement constaté, et ont été récemment durcies. Amendes, retrait de points, suspension ou annulation du permis : les conséquences dépendent directement du seuil franchi. 

L'essentiel :

Tout dépassement de la vitesse autorisée expose le conducteur à une amende et à un retrait de points, dont le montant et la sévérité augmentent avec l'écart constaté. Depuis le 29 décembre 2025, un excès égal ou supérieur à 50 km/h au-dessus de la limite constitue un délit pénal, avec inscription au casier judiciaire et annulation possible du permis. Les titulaires d'un permis probatoire sont soumis à des limitations spécifiques et risquent des conséquences plus lourdes en cas d'infraction. 

 

Un excès de vitesse correspond au dépassement de la vitesse maximale autorisée sur un tronçon donné. Cette infraction est définie par l'article R413-14 du Code de la route. Les limitations en vigueur sont les suivantes :

  • 130 km/h sur autoroute (110 km/h par temps de pluie) ;
  • 110 km/h sur les voies rapides à chaussées séparées ;
  • 100 km/h sur les routes à chaussées séparées ;
  • 80 km/h sur les routes à double sens sans séparateur central, sauf dérogation locale à 90 km/h ;
  • 50 km/h en agglomération.

Un conducteur peut également être verbalisé pour « vitesse excessive eu égard aux circonstances » sans dépasser la limitation affichée. C'est le cas lorsque les conditions météorologiques, la visibilité réduite ou la densité du trafic imposent une vitesse inférieure à la limite légale, conformément à l'article R413-17 du Code de la route.

La constatation d’un excès de vitesse repose sur différents dispositifs de contrôle, dont la précision technique influe directement sur la vitesse retenue à charge du conducteur.

Plusieurs types de radars sont déployés sur le réseau routier français pour mesurer et sanctionner les excès de vitesse.

  • Le radar fixe mesure la vitesse à un point précis. Il est installé en bord de route ou sur portique.
  • Le radar tronçon calcule la vitesse moyenne d'un véhicule entre 2 points distants. Il est particulièrement efficace sur autoroute.
  • Le radar embarqué est installé à bord d'un véhicule banalisé en circulation. Il peut flasher les véhicules circulant dans les 2 sens.
  • Le radar double face contrôle simultanément les véhicules dans les 2 sens de circulation.
  • Le radar multi-infractions détecte, en plus de la vitesse, d'autres infractions comme le non-port de la ceinture ou l'usage du téléphone au volant.
  • Le radar pédagogique affiche la vitesse du conducteur sans verbaliser. Son rôle est uniquement préventif.

Les infractions relevées par les radars automatiques sont transmises au Centre National de Traitement (CNT) de Rennes, qui édite et envoie les avis de contravention aux contrevenants.

Les radars n'affichent pas directement la vitesse sanctionnée. Une marge technique est déduite de la vitesse brute mesurée, au bénéfice du conducteur.

Pour les radars fixes, la marge est de 5 km/h pour les vitesses inférieures à 100 km/h, et de 5 % au-delà. Pour les radars mobiles, la marge est de 10 km/h en dessous de 100 km/h, et de 10 % au-delà.

Concrètement, si un radar fixe vous mesure à 140 km/h, la vitesse retenue à votre charge sera de 133 km/h (140 - 5 % = 133). C'est cette vitesse retenue qui détermine le seuil de sanction applicable.

Les sanctions pour excès de vitesse sont strictement proportionnelles à l'importance du dépassement. Elles peuvent aller d'une amende sans retrait de points (pour les plus faibles excès) jusqu'au délit pénal pour les cas les plus graves. 

Depuis le décret n° 2023-1150 du 6 décembre 2023, les excès inférieurs à 5 km/h (soit jusqu'à 4 km/h retenus après marge d'erreur) ne donnent plus lieu à un retrait de points. Pour les seuils supérieurs, les sanctions sont les suivantes :

  • De 5 à moins de 20 km/h au-dessus de la limite : contravention de 2e classe, amende forfaitaire de 68 €, retrait de 1 point (récupéré automatiquement après 6 mois sans infraction).
  • De 20 à moins de 30 km/h : contravention de 3e classe, amende forfaitaire de 135 €, retrait de 2 points, suspension du permis possible jusqu'à 3 ans.
  • De 30 à moins de 40 km/h : contravention de 4e classe, amende forfaitaire de 135 €, retrait de 3 points, suspension du permis possible jusqu'à 3 ans.
  • De 40 à moins de 50 km/h : contravention de 5e classe, amende pouvant aller jusqu'à 1 500 €, retrait de 4 points, rétention du permis pendant 72 heures possible, suspension jusqu'à 6 mois.
  • À partir de 50 km/h : délit pénal (voir la section suivante), retrait de 6 points, amende jusqu'à 3 750 €.

Le montant que vous payez dépend du délai dans lequel vous réglez votre amende. Voici comment cela fonctionne :

  • Amende minorée : paiement rapide, généralement dans un délai de 15 jours (ou 30 jours en cas de paiement en ligne). Le montant est réduit par rapport au tarif de référence.
  • Amende forfaitaire : paiement dans le délai standard de 45 jours. C'est le montant de référence indiqué sur l'avis de contravention.
  • Amende majorée : au-delà de 45 jours sans paiement ni contestation, le montant augmente automatiquement.

Pour une contravention de 4e classe, cela donne par exemple : 90 € (minorée), 135 € (forfaitaire) ou 375 € (majorée).

Bon à savoir

Depuis le 1er janvier 2024, un excès de vitesse inférieur à 5 km/h ne donne plus lieu à un retrait de points, conformément au décret n° 2023-1150 du 6 décembre 2023. Cette évolution, issue du Comité interministériel de la sécurité routière de juillet 2023, ne supprime pas l'amende pour autant. Le conducteur peut donc recevoir une contravention sans perdre de points sur son permis. Cette mesure ne s'applique qu'aux petits excès constatés par radar : les contrôles par les forces de l'ordre peuvent donner lieu à des traitements différents selon les circonstances.

Depuis le 29 décembre 2025, tout dépassement égal ou supérieur à 50 km/h au-dessus de la limite autorisée bascule du statut de contravention à celui de délit. Cette évolution majeure est issue de la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 relative à l'homicide routier. Elle alourdit considérablement les conséquences pour les conducteurs concernés.

Les sanctions encourues pour ce délit sont les suivantes :

  • jusqu'à 3 mois d'emprisonnement ;
  • jusqu'à 3 750 € d'amende (une amende forfaitaire délictuelle peut toutefois être proposée dans certains cas : il s’agit d’une amende fixe qui permet d’éviter un passage devant le tribunal si elle est payée dans les délais);
  • inscription au casier judiciaire ;
  • annulation du permis de conduire avec interdiction éventuelle de le repasser pendant une durée pouvant aller jusqu'à 3 ans ;
  • confiscation possible du véhicule, obligatoire en cas de récidive ;
  • retrait de 6 points ;
  • stage de sensibilisation à la sécurité routière, pouvant être imposé, à la charge du conducteur.

Ce changement de qualification juridique est important à comprendre. Avant cette réforme, un grand excès de vitesse restait une contravention, même très sévèrement sanctionnée. Désormais, il s'agit d'un délit pénal, avec toutes les conséquences que cela implique sur le plan judiciaire et administratif. Pour en savoir plus, Service-public.fr détaille les nouvelles sanctions applicables.

Les vitesses maximales autorisées en France varient selon la nature de la voie, les conditions météorologiques et le profil du conducteur. 

Les limitations de vitesse standard sont les suivantes :

  • En agglomération : 50 km/h (30 km/h dans les zones 30, désormais généralisées dans plusieurs grandes villes comme Paris, Lyon ou Villeurbanne).
  • Sur route bidirectionnelle sans séparateur central : 80 km/h depuis 2018. L'autorité locale peut porter cette limite à 90 km/h sur certaines sections, selon l'article L3221-4-1 du Code de la route.
  • Sur route à 2 x 2 voies avec séparateur central : 110 km/h.
  • Sur autoroute : 130 km/h.

Ces limites sont réduites par mauvais temps. En cas de pluie ou de chaussée mouillée, la limitation sur autoroute passe à 110 km/h et à 100 km/h sur les routes à 2 x 2 voies. Par visibilité inférieure à 50 mètres (brouillard dense, neige...), la vitesse maximale est fixée à 50 km/h sur tous les types de routes.

Les titulaires d'un permis probatoire sont soumis à des limitations de vitesse plus strictes que les conducteurs confirmés. Un excès de vitesse peut avoir des conséquences particulièrement lourdes sur leur capital de points, encore limité en début de période probatoire.

Les limitations spécifiques aux conducteurs en permis probatoire sont les suivantes :

  • 110 km/h sur autoroute (contre 130 km/h pour les conducteurs confirmés) ;
  • 100 km/h sur les routes à chaussées séparées ;
  • 80 km/h sur les autres routes hors agglomération.

Les sanctions en points et en amendes sont identiques à celles des conducteurs confirmés. Mais avec un capital de départ limité à 6 points (contre 12 pour un permis classique), chaque retrait est proportionnellement plus lourd. Un excès de vitesse à partir de 50 km/h dès la première année entraîne en pratique une perte immédiate de l’ensemble des points, conduisant à l' invalidation du permis. En cas de perte de 3 points ou plus, un stage peut être imposé par l'autorité compétente.

L’envoi de l’avis de contravention intervient généralement dans un délai relativement court après la constatation de l’infraction. Cela varie entre 2 et 15 jours, selon plusieurs facteurs :

  • le type de radar utilisé (fixe, mobile, embarqué).
  • la nature de l’infraction (vitesse mesurée, conditions du contrôle).
  • le traitement administratif qui suit la verbalisation.

Si le véhicule concerné est une voiture de location, un véhicule partagé ou appartenant à une entreprise, le délai peut être allongé, car il faut identifier précisément le conducteur au moment de l’infraction.

Une fois l’avis de contravention reçu, le paiement doit être réalisé dans les jours suivant la date de l'envoi de l'avis de contravention :

  • le paiement minoré est possible dans un délai de 15 jours pour un paiement par courrier ou en bureau de tabac
  • en cas de paiement en ligne, ce délai de paiement minoré est étendu à 30 jours
  • passé ce délai, vous disposez encore de 45 jours pour payer au tarif minoré ou 60 jours si vous payez en ligne
  • si le paiement n’est pas effectué dans ces délais, l’amende est automatiquement majorée

Quand un excès de vitesse est relevé, vous êtes informé par courrier par les coordonnées associées à votre véhicule. Ce courrier officiel, appelé avis de contravention, décrit précisément l’infraction, le montant de l’amende et les modalités pour la payer ou contester la sanction. 

Dans certains cas, il peut être difficile de savoir si une amende a été reçue, notamment en cas d’achat récent de véhicule ou de changement d’adresse. Pour lever le doute, vous pouvez consulter le site officiel de l’Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infractions (ANTAI). En entrant votre numéro d’immatriculation et certaines informations personnelles, vous obtenez la liste des amendes en cours. 

Les articles 529‑10 et 530 du Code de procédure pénale précisent les conditions dans lesquelles vous pouvez contester une contravention pour excès de vitesse ou une amende majorée. Il est également envisageable de remettre en question le retrait de points, voire la suspension de permis. 

Voici les motifs recevables pour contester : 

  • votre véhicule était volé ou ne vous appartenait pas au moment de l’infraction  
  • la personne au volant n’était pas celle figurant sur la carte grise  
  • vous contestez la réalité même de l’infraction 

Pour contester une amende pour excès de vitesse, vous devrez suivre ces 6 consignes :  

  • agir dans les temps : vous disposez de 45 jours après réception de l’avis de contravention standard, ou 30 jours après réception de l’avis majoré pour contester 
  • ne pas payer mais consigner le montant : vous devez verser une somme appelée consignation, dont le montant correspond à celui de l’amende forfaitaire ou de l’amende forfaitaire majorée. Cette consignation a pour but de limiter les recours abusifs. La somme est encaissée puis, en principe, vous est remboursée à l’issue de la procédure, sauf si votre demande d’exonération est rejetée.  
  • remplir le formulaire de contestation (requête en exonération ou réclamation) et y joindre l’avis de contravention, une copie de la carte grise et une pièce d’identité  
  • verser une consignation équivalente à l’amende, obligatoire pour contester un excès de vitesse, sauf exceptions (vol, usurpation, etc.)  
  • joindre des justificatifs selon le motif : erreur de conducteur, véhicule volé ou usurpé, défaillance du radar, signalisation manquante, vice de procédure, urgence médicale, etc.  
  • envoyer le dossier en recommandé avec accusé de réception à l’Officier du Ministère Public ou utiliser le formulaire en ligne via le site de l’ANTAI
Vous pouvez payer votre amende pour excès de vitesse en ligne sur le site de l'Agence Nationale de Traitement Automatisé des Infractions (ANTAI) à l'aide de la référence indiquée sur votre avis de contravention. Vous pouvez aussi opter pour un paiement par chèque, virement, ou en espèces dans un bureau de tabac partenaire.
Si vous contestez une amende pour excès de vitesse, vous devez le faire par écrit dans un délai de 45 jours à compter de la notification de l'infraction. Votre contestation sera examinée par l'officier du ministère public qui décidera de la suite à donner.

Vous pouvez vérifier le solde de points de votre permis de conduire sur le site de la Sécurité Routière à l'aide de votre numéro de dossier et de votre code confidentiel sécurisé ou en vous connectant à FranceConnect.

Un excès de vitesse de 10 km/h au-dessus de la limite autorisée entre dans la catégorie des dépassements compris entre 5 et moins de 20 km/h. Cela correspond à une contravention de 2e classe, assortie d'une amende forfaitaire de 68 euros et d'un retrait d'un point sur le permis de conduire. Ce point peut toutefois être récupéré automatiquement au bout de six mois sans nouvelle infraction. Il faut garder à l'esprit que c'est la vitesse retenue après déduction de la marge technique du radar qui compte : si vous êtes flashé à 65 km/h en agglomération, la vitesse retenue sera de 60 km/h et vous pourriez ainsi ne pas être sanctionné pour dépassement

Oui, c'est possible, et ce dès le premier écart. Pour les excès compris entre 40 et moins de 50 km/h, le permis peut être suspendu jusqu'à six mois, et sa rétention physique pendant 72 heures est possible dès le contrôle. Au-delà de 50 km/h, depuis le 29 décembre 2025, il s'agit d'un délit pénal en application de la loi n° 2025-622 du 9 juillet 2025 : le permis peut être annulé, avec interdiction de le repasser pendant jusqu'à trois ans. Pour les jeunes conducteurs en permis probatoire, les conséquences sont encore plus immédiates : avec seulement six points au départ, un excès de vitesse à partir de 50 km/h la première année entraîne directement l'invalidation du permis.

Ne pas payer une amende dans les délais prévus entraîne une majoration automatique du montant. Pour une contravention de 4e classe (excès entre 30 et 40 km/h), l'amende forfaitaire de 135 euros passe ainsi à 375 euros passé le délai de 45 jours. Au-delà, le Trésor public peut engager des procédures de recouvrement forcé : saisie sur salaire ou sur compte bancaire ou encore opposition au renouvellement du certificat d'immatriculation du véhicule. Il est donc important de ne pas laisser une amende sans suite, sauf si vous souhaitez la contester auquel cas il ne faut surtout pas payer avant d'avoir engagé la démarche, car le paiement vaut reconnaissance de l'infraction.

Il existe deux façons de récupérer des points perdus à la suite d'un excès de vitesse. La première est automatique : si vous ne commettez aucune infraction entraînant un retrait de points pendant une période de 2 ans (ou 6 mois pour un retrait d'un seul point), votre capital est reconstitué à hauteur des points perdus. La seconde est volontaire : vous pouvez suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière, qui permet de récupérer jusqu'à 4 points, dans la limite de 12 points au total. Ce stage ne peut être effectué qu'une fois par an. Il est payant (entre 200 et 300 € environ) et dure 2 jours. À noter : si votre permis a été invalidé pour solde de points nul, vous devrez repasser les épreuves du permis de conduire avant de pouvoir conduire à nouveau.