La loi Warsmann est un dispositif légal qui protège les particuliers en cas de fuite d'eau sur leur installation privée. Elle permet de limiter le montant d'une facture d'eau anormalement élevée, causée par une surconsommation involontaire liée à une canalisation défectueuse.

Inscrite dans le Code général des collectivités territoriales (article L.2224-12-4), la loi Warsmann oblige les services d'eau à plafonner la facture d'un particulier lorsqu'une fuite est détectée sur une canalisation privative, c'est-à-dire située après le compteur. Elle s'applique dès lors que la consommation constatée dépasse le double de la consommation moyenne calculée sur les trois dernières années. Pour en bénéficier, le particulier doit signaler la fuite au service d'eau et fournir une attestation de réparation délivrée par un professionnel qualifié, dans les délais prévus par la procédure officielle.

La loi Warsmann ne s'applique pas aux fuites provenant des équipements sanitaires (chasse d'eau, robinetterie, lavabo, douche, baignoire, etc.), des appareils ménagers (lave-linge, lave-vaisselle) ni de leurs joints de raccordement. Elle concerne uniquement les fuites sur les canalisations d'eau potable après le compteur, à l'exclusion de ces équipements.

Imaginons qu'une canalisation d'alimentation en eau, encastrée dans un mur ou passant sous une dalle après le compteur, se fissure et laisse s'échapper de l'eau pendant plusieurs semaines sans que vous vous en rendiez compte. À la réception d'une facture d'eau anormalement élevée, vous faites intervenir un plombier qui localise et répare la fuite. En transmettant à votre service d'eau l'attestation de réparation établie par le professionnel dans les délais prévus, vous pouvez bénéficier d'un dégrèvement, c'est-à-dire d'une réduction de la part de votre facture correspondant à la surconsommation liée à cette fuite.

Il est important de noter que la loi Warsmann ne couvre pas les dommages matériels causés par la fuite (parquet gondolé, murs humides, mobilier abîmé). Ces dégâts relèvent d'une déclaration de sinistre auprès de votre assurance habitation, au titre de la garantie dégât des eaux. Les deux démarches sont donc complémentaires : l'une agit sur la facture d'eau, l'autre sur l'indemnisation des dommages subis dans votre logement.

Le plafonnement repose sur votre consommation moyenne habituelle, calculée sur les trois dernières années de facturation. La loi s'applique dès que votre consommation constatée dépasse le double de cette moyenne. Concrètement, si vous consommez habituellement 100 m³ par an et que la fuite vous en a fait consommer 250 m³, l'excédent au-delà de 200 m³ peut faire l'objet d'un dégrèvement. Vous ne payez donc pas la totalité de la surconsommation, mais uniquement jusqu'au seuil du double de votre consommation habituelle.

Pour bénéficier du dégrèvement prévu par la loi Warsmann, vous devez effectuer deux démarches essentielles : signaler la fuite à votre service d'eau dans les délais impartis, puis fournir une attestation de réparation établie par un plombier professionnel. Sans ce justificatif, votre demande de plafonnement ne pourra pas aboutir. Il est donc conseillé de faire intervenir rapidement un professionnel qualifié dès la détection d'une fuite d'eau après compteur, et de conserver tous les documents liés à l'intervention.

Non, la loi Warsmann agit uniquement sur le montant de votre facture d'eau. Elle ne prend pas en charge les dégâts matériels occasionnés par la fuite dans votre logement, comme un parquet abîmé ou des murs humides. Pour ces dommages, c'est votre assurance habitation qui intervient, au titre de la garantie dégât des eaux. Les deux démarches sont complémentaires et doivent être menées en parallèle. La convention IRSI et recherche de fuite peut également s'appliquer selon les situations, notamment en copropriété.