Versement PER après la retraite : peut-on encore alimenter son plan et avec quels avantages fiscaux ?

Publié le 21 mai 2026

Temps de lecture : 8 minutes

Une fois la retraite liquidée, beaucoup de titulaires d'un Plan d'Épargne Retraite (PER) individuel se demandent s'ils peuvent continuer à y effectuer des versements. Et surtout, ces versements ouvrent-ils encore droit à une déduction fiscale ? La réponse est oui, sous conditions. Les règles varient selon l'âge et le statut du titulaire, notamment à partir de 70 ans où il n'est plus possible de déduire fiscalement ses versements. 

L'essentiel :

Il est possible de continuer à verser sur un PER individuel après le départ à la retraite, sans limite d'âge légale stricte. Avant 70 ans, ces versements restent déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond annuel d'épargne retraite. Selon la législation fiscale applicable depuis le 1er janvier 2026, certaines évolutions peuvent limiter, dans des cas spécifiques, la déductibilité des versements réalisés après 70 ans. Le PER conserve néanmoins un intérêt successoral notable, y compris après 70 ans, qu'il convient d'évaluer selon sa situation personnelle.

Le départ à la retraite ne met pas fin à la possibilité d'alimenter un PER individuel. Contrairement à une idée reçue, la liquidation des droits à la retraite ne constitue pas une clôture automatique du contrat. Les versements volontaires restent ouverts, sans limite d'âge expressément fixée par la loi pour le PER individuel.

Ces versements concernent uniquement le compartiment 1 du PER, c'est-à-dire les versements individuels volontaires. Ils peuvent être libres, programmés ou ponctuels. En revanche, ils excluent les sommes issues d'un compte épargne-temps ou les versements obligatoires relevant des compartiments 2 et 3. Le Plan d'Épargne Retraite (PER) est un dispositif d'épargne à long terme issu de la réforme de l'épargne retraite prévue par la loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises, dite loi PACTE (loi n° 2019-486).

Voici ce qu'il faut retenir sur les conditions d'accès aux versements après la retraite :

  • Le PER individuel peut recevoir des versements volontaires après le départ à la retraite, quel que soit l'âge du titulaire.
  • Il n'existe pas de limite d'âge légale stricte pour effectuer des versements sur un PER individuel.
  • Les conditions fiscales attachées à ces versements évoluent avec l'âge, ce qui rend indispensable d'en connaître les règles avant de continuer à alimenter son plan.

L'un des principaux attraits du PER individuel réside dans la déductibilité des versements volontaires du revenu imposable. Cette déductibilité reste en principe accessible après la retraite, à condition que le titulaire dispose encore de revenus professionnels, car la déduction est calculée sur la base des revenus d’activité et non des pensions de retraite. Les pensions de retraite ne génèrent donc aucun nouveau plafond de déduction. En revanche, les plafonds non utilisés des années précédentes peuvent encore être mobilisés, y compris à la retraite, dans la limite de leur période de report. Depuis le 1er janvier 2026, la déductibilité fiscale des versements PER réalisés après 70 ans est encadrée par des règles spécifiques. Selon la situation du titulaire et la réglementation en vigueur, ces versements peuvent ne plus ouvrir droit à déduction fiscale, y compris en présence de revenus professionnels. En revanche, les versements restent autorisés. 

Pour un retraité ne percevant plus que des pensions versées par l' assurance retraite, la déduction ne s'applique donc plus, sauf en utilisant les plafonds de déduction antérieurs non consommés, le cas échéant. La déduction s'applique, lorsqu’elle est possible, au revenu brut global dans les limites annuelles adaptées au revenu professionnel du titulaire, en application de l' article 163 quatervicies du Code général des impôts. À la sortie en capital, la part des versements volontaires déjà déduits est imposée au barème progressif de l'impôt sur le revenu, sans abattement de 10 %, et intégrée aux pensions de retraite.

Par exemple : pour un retraité qui perçoit encore des revenus professionnels en complément de sa retraite (par exemple 50 000 € de bénéfices issus d’une activité indépendante), le plafond de déduction PER peut atteindre environ 5 000 € (10 % des revenus professionnels, dans les limites légales).

En revanche, si ce retraité ne perçoit que des pensions de retraite, aucun nouveau plafond de déduction n’est généré. Il ne peut alors déduire des versements PER que s’il dispose encore de plafonds non utilisés des années antérieures.

Il est également important de noter que l'option de non-déductibilité doit être déclarée au gestionnaire lors de chaque versement, si le titulaire choisit de ne pas déduire ses versements.

Le cas du retraité en situation de cumul emploi-retraite mérite une attention particulière. Lorsqu'un retraité exerce une activité professionnelle en parallèle de sa pension, il perçoit des revenus d'activité qui entrent dans le calcul du plafond d'épargne retraite. Cela lui permet de bénéficier d'une capacité de déduction plus élevée que le retraité sans activité, les pensions de retraite ne générant aucun plafond de déduction PER.

Cette situation offre donc une opportunité d'optimisation fiscale intéressante. Le retraité actif peut verser davantage sur son PER tout en réduisant son impôt sur le revenu de manière significative. C'est un levier à ne pas négliger pour ceux qui cumulent pension et activité professionnelle.

La question de l'âge est centrale dans la stratégie de versement PER après la retraite. Si aucune limite d'âge ne ferme le PER individuel aux versements, les règles fiscales associées se durcissent progressivement. Un seuil majeur se situe à 70 ans.

Avant 70 ans, un retraité peut continuer à alimenter son PER individuel et déduire ses versements de son revenu imposable dans les conditions de droit commun à condition de percevoir encore des revenus professionnels, les pensions de retraite ne générant aucun plafond de déduction. Cette période, notamment entre 65 et 70 ans, représente une fenêtre d'optimisation fiscale et patrimoniale intéressante. Elle est peut être utile pour les personnes disposant encore de revenus d'activité ou d'un patrimoine important à transmettre et pour les personnes en cumul emploi-retraite.

Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués après le 70ᵉ anniversaire peuvent, selon la situation du titulaire, ne plus ouvrir droit à déduction fiscale, même en présence de revenus professionnels. En revanche, les versements restent autorisés et peuvent conserver un intérêt successoral.

Conformément aux règles fiscales applicables depuis le 1er janvier 2026, les versements volontaires effectués sur un PER à compter du 70ᵉ anniversaire du titulaire ne sont plus déductibles du revenu imposable, les versements restant toutefois autorisés. Cette suppression de l'avantage fiscal à l'entrée peut modifier profondément l'intérêt du PER comme outil de défiscalisation pour les retraités les plus âgés.

Il convient donc d'anticiper cette limite. Avant 70 ans, évaluer l'opportunité de réaliser des versements importants peut permettre de maximiser la déduction fiscale encore accessible.  Cette anticipation est d’autant plus pertinente que le plafond non utilisé peut, conformément aux règles issues de la loi de finances 2026, être reporté sur cinq années, offrant ainsi davantage de souplesse dans la stratégie de versement.

La période comprise entre 65 et 70 ans constitue une fenêtre à ne pas laisser passer. Voici les points à vérifier pour en tirer le meilleur parti :

  • Vérifier le montant du plafond d'épargne retraite disponible pour l'année en cours, indiqué sur votre avis d'imposition ;
  • Identifier les plafonds non utilisés des années précédentes, qui peuvent être reportés sur les années suivantes ;
  • Évaluer l'impact fiscal d'un versement important avant le 70e anniversaire ;
  • Consulter un conseiller pour adapter la stratégie à sa situation personnelle.

Même lorsque la déductibilité fiscale à l'entrée n'est plus possible, notamment après 70 ans, le PER individuel conserve des atouts successoraux. Ces atouts peuvent justifier de continuer à l'alimenter dans une logique de transmission patrimoniale. Le capital accumulé sur un PER assurantiel bénéficie en effet d'un régime fiscal spécifique en cas de décès du titulaire avant la liquidation du plan. En cas de décès après 70 ans, les sommes versées par l'assureur sont soumises aux droits de succession après application d'un abattement de 30 500 €.

Il est donc utile de distinguer deux logiques complémentaires : l'optimisation fiscale à l'entrée (via la déduction des versements) et l'optimisation successorale à la sortie (via la fiscalité applicable au capital transmis aux bénéficiaires désignés).

La comparaison entre le PER et l' assurance vie est incontournable pour les retraités de plus de 70 ans souhaitant optimiser la transmission de leur patrimoine. Les deux produits obéissent à des règles différentes en matière de fiscalité successorale, et il est utile de les connaître pour faire les bons choix.

Pour l'assurance vie, selon l' article 757 B du Code général des impôts, les primes versées après 70 ans bénéficient d'un abattement global de 30 500 € tous bénéficiaires confondus. Les gains générés par ces primes sont en revanche exonérés de droits de succession. Pour les versements effectués avant 70 ans, l' article 990 I du Code général des impôts prévoit un abattement de 152 500 € par bénéficiaire.

Pour le PER assurantiel, si le titulaire décède avant d'avoir liquidé son plan, les sommes transmises aux bénéficiaires désignés peuvent bénéficier d’un traitement fiscal spécifique. Ce traitement dépend notamment de l’âge du titulaire au moment des versements : les primes versées avant 70 ans relèvent du régime de l’article 990 I du CGI, tandis que celles versées après 70 ans relèvent de l’article 757 B, comme en matière d’assurance vie.

Cette comparaison doit être menée au cas par cas. Elle dépend de la composition du patrimoine, de l'âge du titulaire, des bénéficiaires désignés et des objectifs de transmission. Un accompagnement personnalisé permet d'identifier la stratégie la plus adaptée à chaque situation.

Les informations de cette page sont fournies à titre général et pédagogique. Elles ne constituent ni un conseil fiscal, juridique, patrimonial ou d’investissement personnalisé.

 La fiscalité du Plan d’Épargne Retraite dépend de la situation individuelle et de la législation en vigueur, susceptible d’évoluer. Une analyse personnalisée est recommandée avant toute décision.

Oui, vous conservez la possibilité de transférer votre PER individuel vers un autre établissement même après votre départ à la retraite. Cette faculté de transfert est garantie par la loi PACTE du 22 mai 2019 (loi n° 2019-486) et peut s'exercer à tout moment, sans frais après cinq ans de détention du contrat. Avant ce délai, des frais de transfert plafonnés à 1 % de l'épargne accumulée peuvent s'appliquer selon une grille dégressive. Cette option vous permet de comparer les offres du marché et de choisir un contrat potentiellement plus performant ou mieux adapté à vos besoins actuels. Vous pouvez ainsi bénéficier de frais de gestion réduits, d'une meilleure gamme de supports d'investissement ou de services d'accompagnement plus personnalisés. Le transfert s'effectue de manière sécurisée entre établissements, sans sortie fiscale ni perte des avantages acquis. Il est recommandé de comparer attentivement les conditions proposées par les différents gestionnaires avant d'engager cette démarche, notamment en termes de performance historique et de qualité de service. En cas de litige ou de retard dans le traitement de votre demande, vous pouvez saisir le Médiateur de l'Autorité des marchés financiers (AMF) pour le PER bancaire / compte-titres et la Médiation de l'assureur ou l' ACPR (L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) pour le PER assurantiel.

Lorsque vous avez déjà liquidé votre PER sous forme de rente viagère et que vous décédez, le devenir de cette rente dépend des options que vous avez choisies lors de la mise en place du versement. Si vous avez opté pour une rente simple, celle-ci s'éteint à votre décès et aucun capital n'est transmis. En revanche, si vous avez souscrit une rente avec réversion, votre conjoint ou le bénéficiaire désigné continuera à percevoir tout ou partie de la rente selon le taux de réversion choisi initialement. Vous pouviez également avoir sélectionné une option avec annuités garanties, qui assure le versement de la rente pendant une durée minimale même en cas de décès prématuré. Dans ce cas, les versements se poursuivent au profit des bénéficiaires désignés jusqu'au terme de la période garantie. Il est donc essentiel de bien réfléchir aux options de rente lors de la liquidation du plan, car ces choix sont généralement irrévocables et déterminent la protection de vos proches. 

La fiscalité des rachats partiels sur un PER après la retraite dépend de la nature des sommes retirées et des choix effectués lors des versements. Si vous avez déduit vos versements volontaires de votre revenu imposable, les sommes correspondantes seront imposées au barème progressif de l'impôt sur le revenu lors du retrait, dans la catégorie des pensions de retraite, sans abattement de 10 %. Les gains générés par ces versements ne sont pas imposés comme des pensions : ils sont soumis soit au prélèvement forfaitaire unique, soit au barème progressif de l’impôt sur le revenu, avec application des prélèvements sociaux. En revanche, si vous aviez choisi de ne pas déduire certains versements, seuls les gains associés seront imposables lors du rachat. Vous pouvez opter pour le prélèvement forfaitaire unique à 31,4 % sur les gains ou pour le barème progressif selon ce qui est le plus avantageux pour vous. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s'appliquent systématiquement sur les gains. Il est conseillé de planifier vos rachats en fonction de votre tranche marginale d'imposition pour optimiser la fiscalité globale de vos retraits.

Après votre départ à la retraite, les conditions de déblocage anticipé de votre PER évoluent. Théoriquement, la liquidation de vos droits à la retraite constitue elle-même un cas de déblocage du plan, vous permettant de récupérer votre épargne sous forme de capital, de rente ou de combinaison des deux. Cependant, si vous n'avez pas encore procédé à cette liquidation, vous pouvez toujours bénéficier des autres cas de déblocage anticipé prévus par la loi : acquisition de votre résidence principale, accident de la vie comme invalidité, surendettement, expiration de vos droits au chômage, cessation d'activité non salariée suite à liquidation judiciaire, ou décès du conjoint. Ces situations exceptionnelles permettent de récupérer tout ou partie de votre épargne avant l'échéance normale, même si vous êtes déjà retraité. Notez que le déblocage pour achat de résidence principale ne peut être utilisé qu'une seule fois et uniquement si vous n'êtes pas déjà propriétaire de votre logement.