Excès de vitesse entre 10 et 20 km/h :
quelles sont les sanctions et comment réagir ?

Publié le 14 septembre 2026

Temps de lecture : 8 minutes

Être flashé pour un léger dépassement de vitesse peut sembler anodin. Pourtant, un excès entre 10 et 20 km/h entraîne des conséquences bien réelles : amende, retrait de point sur le permis, et, dans certains cas particuliers, des répercussions sur votre contrat d' assurance auto. Avant tout, il est utile de comprendre pourquoi même un petit excès de vitesse n'est pas sans risque, et ce qu'il implique concrètement pour vous.

L'essentiel :

Un excès de vitesse entre 10 et 20 km/h est une infraction routière au Code de la route, sanctionnée par une amende et le retrait d'1 point sur le permis. Le montant varie selon le lieu : 68 € hors agglomération ou 135 € en agglomération. Ce point perdu peut être récupéré automatiquement au bout de 6 mois, à condition qu'aucune autre infraction entraînant un retrait de points ne soit commise pendant cette période. Payer rapidement permet de bénéficier d'une amende réduite. Contester reste possible sous 45 jours, à condition de disposer d'un motif recevable.

On a parfois tendance à minimiser un léger dépassement de vitesse. Pourtant, la physique est implacable : la distance de freinage augmente de façon significative avec la vitesse. Rouler à 60 km/h au lieu de 50 km/h dans une zone urbaine, c'est allonger la distance d'arrêt de plusieurs mètres, ce qui peut faire toute la différence en cas d'obstacle imprévu.

La vitesse est l'un des principaux facteurs d'accidents graves sur les routes françaises, comme le rappelle l' Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR). Plus la vitesse est élevée, plus le choc est violent, et plus les blessures sont graves. Un excès de 10 à 20 km/h peut sembler négligeable, mais il modifie réellement les conditions de conduite et augmente le risque d'accident.

C'est précisément pour cette raison que le législateur a choisi de sanctionner ce type d'infraction, même s'il s'agit d'une contravention et non d'un délit.

Bon à savoir

La vitesse retenue par les radars intègre une marge technique favorable au conducteur. Pour les radars fixes en dessous de 100 km/h, cette marge est de 5 km/h. Ainsi, si vous êtes flashé à 60 km/h en zone 50, la vitesse retenue sera de 55 km/h, soit un excès de seulement 5 km/h. C'est cette vitesse retenue, et non la vitesse brute mesurée, qui détermine la qualification de l'infraction et le montant de l'amende. Depuis janvier 2024, les excès inférieurs à 5 km/h (après marge technique) ne donnent plus lieu à un retrait de point, mais restent sanctionnés par une amende.

L' article R413-14 du Code de la route encadre précisément les sanctions applicables aux dépassements de vitesse. Pour un excès compris entre 5 et 19 km/h (vitesse retenue après marge technique), la nature de la contravention et le montant de l'amende dépendent du lieu de l'infraction.

Sur les routes dont la limitation est supérieure à 50 km/h, un excès dans cette tranche constitue une contravention de 3e classe. Les montants applicables sont les suivants :

  • amende minorée : 45 € (paiement sous 15 jours) 
  • amende forfaitaire : 68 € 
  • amende majorée : 180 € (au-delà de 45 jours)
  • maximum légal : 450 €

À cela s'ajoute le retrait d'1 point sur le permis de conduire.

En agglomération, ou sur toute voie dont la limitation est égale ou inférieure à 50 km/h (y compris les zones 30), la sanction est plus lourde. Il s'agit d'une contravention de 4e classe, avec les montants suivants :

  • amende minorée : 90 € (paiement sous 15 jours) 
  • amende forfaitaire : 135 € 
  • amende majorée : 375 € (au-delà de 45 jours) 
  • maximum légal : 750 €

Le retrait est également d'1 point sur le permis. Cette règle s'applique aussi dans les zones 30 : rouler à 36 km/h dans une telle zone constitue un excès de 6 km/h, sanctionné dans les mêmes conditions qu'en agglomération.

Pour les conducteurs en permis probatoire, qui ne disposent que de 6 points au départ, chaque point retiré pèse davantage. La prudence au volant doit rester une constante à tout moment, mais elle prend un relief particulier durant cette période où le capital de points est déjà limité. 

Régler rapidement son amende est la décision la plus avantageuse financièrement. Le paiement s'effectue directement sur amendes.gouv.fr, le site officiel de l'Agence nationale de traitement automatisé des infractions (ANTAI), par carte bancaire, sans déplacement.

Les délais à respecter sont les suivants :

  • Sous 15 jours après réception de l'avis de contravention : amende minorée (45 € hors agglomération, 90 € en agglomération). Ce délai est porté à 30 jours en cas de paiement en ligne.
  • Entre 15 et 45 jours : amende au tarif forfaitaire (68 € ou 135 €).
  • Au-delà de 45 jours (60 jours pour le paiement en ligne) : amende majorée automatiquement (180 € ou 375 €).

L'avis de contravention arrive généralement par courrier simple dans les 7 à 15 jours suivant l'infraction. Si l'adresse figurant sur la carte grise n'est pas à jour, le délai de réception peut être allongé, ce qui augmente le risque de majoration. Vérifiez régulièrement que vos coordonnées sont correctes sur votre certificat d'immatriculation.

La perte d'1 point est systématique pour tout excès compris entre 5 et 19 km/h (vitesse retenue). Mais ce point peut être récupéré sans démarche active, à condition de respecter une règle simple.

Le point retiré est récupéré automatiquement au bout de 6 mois, à compter de la date d'enregistrement du paiement de l'amende. Cette récupération est conditionnée à l'absence de toute nouvelle infraction entraînant un retrait de point durant ces 6 mois. Vous pouvez consulter votre solde de points du permis à tout moment via le service en ligne « Mes points permis » disponible sur le site du gouvernement.

Pour les conducteurs en permis probatoire, cette période de 6 mois prend une importance particulière. Un second excès dans cet intervalle compromet la récupération du point et fragilise davantage un capital déjà limité.

Contester une contravention pour excès de vitesse est un droit, mais les chances de succès dépendent fortement des motifs invoqués. La contestation ne suspend pas l'obligation de payer, sauf dans certains cas spécifiques.

Vous disposez de 45 jours à compter de la réception de l'avis pour déposer votre requête en exonération, directement en ligne sur amendes.gouv.fr ou par courrier recommandé avec accusé de réception. Les motifs les plus couramment recevables sont :

  • le véhicule avait été volé ou ne vous appartenait pas au moment de l'infraction ;
  • le conducteur était une autre personne que le titulaire de la carte grise ;
  • vous contestez la réalité de l'infraction (vice de procédure sur le procès-verbal, erreur de mesure non corrigée).

La contestation est plus difficile en cas d'interception directe par les forces de l'ordre qu'en cas de radar automatique.

Non, dans la très grande majorité des cas. Il n'existe pas de transmission automatique entre les services de gestion du permis (retrait de points, contraventions) et les compagnies d'assurance : votre assureur n'est donc en principe pas informé d'un simple excès de vitesse sanctionné par une amende et un retrait de point.

La situation est différente en cas d'infraction plus grave entraînant une suspension ou une annulation du permis de conduire : celle-ci doit alors être déclarée à votre assureur, conformément à votre obligation légale de déclarer toute aggravation du risque. De même, si un accident survient alors que vous étiez en excès de vitesse, cet élément pourra être pris en compte dans le traitement du sinistre.

Après un contrôle par radar automatique, aucun flash visible ne garantit qu'une infraction a été relevée, certains appareils utilisant un flash infrarouge. Si une infraction est constatée, vous recevrez généralement un avis de contravention par courrier à l'adresse figurant sur votre carte grise. En cas de doute, veillez à ce que vos coordonnées soient bien à jour afin d'éviter tout retard de réception.

Oui. Les radars mobiles, embarqués ou utilisés par les forces de l'ordre, appliquent les mêmes règles que les radars fixes. Après application de la marge technique prévue par la réglementation, un excès de vitesse compris entre 10 et 20 km/h peut donner lieu aux mêmes sanctions : amende et retrait d'un point, selon les circonstances de l'infraction.

Oui. De nombreuses applications GPS et d'aide à la conduite affichent en temps réel la limitation de vitesse et émettent une alerte sonore lorsque vous la dépassez. Certains véhicules disposent également d'un limiteur ou d'un régulateur de vitesse intelligent. Ces outils ne remplacent pas la vigilance du conducteur, mais ils peuvent contribuer à limiter les dépassements involontaires.