Comment défiscaliser avec de l'immobilier ?

Publié le 28 avril 2025
Temps de lecture : 7 minutes
Réduire ses impôts tout en se constituant un patrimoine immobilier, c’est possible grâce à la défiscalisation immobilière. Ce mécanisme, soutenu par l’État, permet d’alléger votre fiscalité en investissant dans des biens immobiliers à vocation locative. Que vous soyez attiré par les logements neufs ou les immeubles anciens à rénover, les opportunités sont nombreuses et adaptées à différents profils d’investisseurs. 

La défiscalisation immobilière désigne l’ensemble des dispositifs légaux permettant aux contribuables de réduire leurs impôts en investissant dans l’immobilier. Elle repose sur une logique simple : encourager les particuliers à investir dans des biens immobiliers, souvent dans des secteurs stratégiques ou nécessitant une rénovation, en échange d’avantages fiscaux. Ce mécanisme, soutenu par l’État répond à plusieurs enjeux : 

  • soutenir le logement locatif : dans certaines zones où la demande locative est forte (zones tendues), ces mesures incitent les investisseurs à proposer des logements accessibles 
  • rénover le parc immobilier ancien : certains dispositifs ciblent les biens nécessitant des travaux afin d’améliorer leur état et leur performance énergétique 
  • stimuler l’économie locale : les investissements immobiliers génèrent des retombées économiques importantes, notamment pour les artisans et entreprises du bâtiment 

Le principe est simple : en respectant certaines conditions (type de bien, localisation, durée de location, plafonds de loyers et revenus des locataires), les investisseurs bénéficient d’une réduction d’impôt proportionnelle au montant investi ou aux travaux réalisés. 

Les principes de base :  

  • investissement locatif : la défiscalisation immobilière s’applique principalement aux biens destinés à la location. En contrepartie, l’investisseur s’engage à respecter certaines conditions, comme louer le bien pendant une durée minimale (souvent entre 6 et 12 ans) ou respecter des plafonds de loyers et de revenus des locataires 
  • réduction d’impôt : l’avantage fiscal se traduit par une réduction directe de l’impôt sur le revenu. Celle-ci est calculée en pourcentage du montant investi ou des travaux réalisés, selon le dispositif choisi 

Bon à savoir : en France, tous les locataires, qu'ils occupent un logement vide ou meublé, sont légalement tenus de souscrire une assurance habitation pour couvrir les risques locatifs. Cette obligation est définie par l'article 7 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 et renforcée par la loi Alur de 2014. 

Par ailleurs, les propriétaires bailleurs peuvent également, s'ils le veulent, souscrire une assurance habitation adaptée afin de protéger leur investissement contre les éventuels sinistres ou dommages locatifs. 

Plusieurs dispositifs fiscaux permettent aux investisseurs de bénéficier d'avantages fiscaux en investissant dans l'immobilier ancien. Ils visent principalement à encourager la rénovation de biens anciens, à préserver le patrimoine architectural et à répondre aux besoins locatifs dans certaines zones. Voici les principaux dispositifs disponibles.

La loi Denormandie, prolongée jusqu’au 31 décembre 2027, est un dispositif de défiscalisation immobilière qui encourage l’investissement dans des biens anciens à rénover. Elle vise à revitaliser les centres-villes en déclin et à améliorer la qualité du parc immobilier français. Ce mécanisme offre aux investisseurs une réduction d’impôt significative en contrepartie de travaux de rénovation et d’un engagement locatif. 

Conditions

  • investir dans un bien ancien nécessitant des travaux représentant au moins 25 % du coût total du projet 
  • louer le logement pendant 6, 9 ou 12 ans à des loyers plafonnés 
  • faire des travaux qui doivent être réalisés par une entreprise et doivent représenter au moins 25 % du coût total de l’opération (prix d’achat + frais annexes) 

Avantages fiscaux : réduction d'impôt de 12 %, 18 %, ou 21 % selon la durée de l'engagement locatif. 

La loi Malraux, instaurée en 1962, est l’un des dispositifs fiscaux les plus avantageux pour les investisseurs souhaitant conjuguer défiscalisation et préservation du patrimoine architectural français. 

Conditions

  • effectuer des travaux visant à restaurer entièrement l’immeuble, sous la supervision d’un architecte des Bâtiments de France, afin d’assurer le respect des normes patrimoniales. 
  • louer le bien pendant au moins 9 ans 

Avantages fiscaux : réduction d’impôt jusqu’à 30 % du montant des travaux, dans la limite de 400 000 € sur quatre ans. 

Le déficit foncier est un mécanisme qui permet de déduire de vos revenus fonciers le montant des travaux de rénovation ou d’entretien réalisés sur un bien immobilier. En d’autres termes, si vos dépenses dépassent vos revenus locatifs, vous pouvez imputer ce déficit sur votre revenu global, dans certaines limites, et ainsi réduire votre imposition. Ce dispositif est particulièrement intéressant pour les investisseurs dans des logements anciens qui prévoient des travaux importants. 

Les charges peuvent inclure

  • les travaux d’entretien, de réparation ou d’amélioration. 
  • les frais de gestion locative. 
  • les taxes foncières. 
  • les intérêts d’emprunt (bien que leur déduction soit limitée aux revenus fonciers). 

Conditions

  • type de location : le bien doit être loué vide (non meublé) et utilisé comme résidence principale par le locataire 
  • engagement locatif : le propriétaire doit s’engager à louer le bien jusqu’au 31 décembre de la troisième année suivant l’imputation du déficit sur le revenu global 
  • travaux éligibles : seuls les travaux d’entretien, de réparation ou d’amélioration sont déductibles. Les travaux de construction, d’agrandissement ou de reconstruction ne sont pas éligibles 

Avantages fiscaux en 2025

  • 10 700 € par an pour les charges classiques. 
  • 21 400 € par an pour les travaux permettant au logement de passer d’une classe énergétique E, F ou G à une classe A, B, C ou D (travaux réalisés entre 2023 et 2025). 
La défiscalisation immobilière dispose d'autres dispositifs législatifs permettant de réduire son impôt sur le revenu en contrepartie d’un investissement locatif.

Les Sociétés Civiles de Placement Immobilier (SCPI) fiscales offrent une solution d’investissement immobilier clé en main, idéale pour les contribuables souhaitant réduire leurs impôts sans avoir à gérer directement des biens immobiliers. Ces SCPI permettent de mutualiser les risques tout en bénéficiant des avantages fiscaux liés à d'autres dispositifs comme le dispositif Malraux, Denormandie ou le déficit foncier.  

Les investisseurs bénéficient

  • d’une réduction d’impôt proportionnelle au montant investi 
  • de revenus locatifs redistribués sous forme de dividendes 
  • d’une gestion déléguée, prise en charge par une société spécialisée 

Conditions :  

  • engagement long terme : les parts doivent être conservées pendant une durée minimale (souvent entre 9 et 15 ans) pour bénéficier pleinement des avantages fiscaux 
  • fiscalité sur les revenus fonciers : les dividendes perçus sont soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux 
  • liquidité limitée : la revente des parts peut être compliquée avant la fin de l’engagement fiscal 

Le dispositif Loc’Avantages, anciennement connu sous le nom de loi Cosse, vise à encourager les propriétaires bailleurs à proposer des logements à des loyers inférieurs au marché. En contrepartie, ils bénéficient d’avantages fiscaux significatifs. Ce mécanisme s’inscrit dans une politique visant à rendre le logement plus accessible pour les ménages modestes tout en mobilisant le parc immobilier privé.  

Bon à savoir : la loi de finances pour 2025 a prolongé Loc’Avantages jusqu’au 31 décembre 2027. 

Conditions

  • type de bien : le logement doit être loué nu (non meublé) et utilisé comme résidence principale par le locataire 
  • plafonds de loyers : le montant du loyer doit respecter les niveaux définis par l’Anah (Loc 1, Loc 2 ou Loc 3) 
  • plafonds de ressources du locataire : les revenus du locataire ne doivent pas dépasser les seuils fixés par l’État, variant selon la localisation et la composition du foyer 
  • performance énergétique : le bien ne doit pas être une passoire thermique (classé F ou G au diagnostic de performance énergétique) 
  • durée d’engagement : le propriétaire doit s’engager à louer le bien pendant au moins 6 ans (9 ans si des travaux ont été subventionnés) 
  • convention avec l’Anah : une convention doit être signée avec l’Agence Nationale de l’Habitat pour officialiser l’éligibilité 

Avantages fiscaux : déduction fiscale allant jusqu’à 85 % des revenus locatifs bruts selon le niveau de loyer appliqué. 

Le LMNP s’applique à tout propriétaire-bailleur mettant en location un bien meublé et équipé permettant une occupation immédiate par le locataire (lit, table, chaises, cuisine équipée, etc.). Ce statut est accessible tant pour les logements neufs que pour les anciens et inclut également les résidences de services (étudiantes, seniors, EHPAD, location saisonnière). 

Conditions

  • les recettes locatives annuelles ne doivent pas excéder 23 000 € ni constituer plus de 50 % du revenu total du foyer fiscal. 
  • l’activité doit rester secondaire par rapport aux autres revenus professionnels du foyer 

Avantages fiscaux :  

  • choix entre deux régimes fiscaux
  • Micro-BIC : Abattement forfaitaire de 50 % sur les revenus locatifs bruts 
  • Régime réel simplifié : Déduction des charges réelles (intérêts d’emprunt, frais d’entretien, etc.) et amortissement du bien immobilier et du mobilier 
  • amortissement comptable : l’amortissement permet de réduire la base imposable en déduisant chaque année une partie de la valeur du bien immobilier (jusqu’à 90 % sur environ 30 ans) et du mobilier (sur 5 à 10 ans). Cet avantage peut réduire voire annuler l’imposition sur les loyers perçus 
  • exonération des cotisations sociales : contrairement au statut de Loueur en Meublé Professionnel (LMP), les revenus issus du LMNP ne sont pas soumis aux cotisations sociales si les recettes locatives restent sous le seuil de 23 000 € 
  • récupération de la TVA : pour les biens situés dans des résidences de services éligibles, il est possible de récupérer la TVA sur le prix d’achat 
  • régime favorable des plus-values : en cas de revente, le bien est soumis au régime des plus-values des particuliers, généralement plus avantageux que celui applicable aux professionnels 
Le choix du dispositif dépend de plusieurs critères : votre horizon d’investissement, votre capacité à gérer un bien ou à déléguer cette gestion, et vos objectifs patrimoniaux et fiscaux. Par exemple, un investisseur souhaitant s’impliquer directement pourra privilégier l’achat dans l’ancien avec travaux (via la loi Denormandie ou le déficit foncier), tandis que ceux recherchant une solution plus déléguée opteront pour des SCPI fiscales ou le statut LMNP. Une analyse de votre situation personnelle et fiscale, idéalement avec un conseiller spécialisé, est indispensable.
La loi interdit de combiner plusieurs dispositifs fiscaux sur un même bien immobilier, car chaque dispositif a des contraintes réglementaires spécifiques. Par exemple, un investisseur peut bénéficier des avantages fiscaux liés à la loi Malraux pour un bien ancien à rénover tout en profitant du mécanisme de déficit foncier pour un autre bien.

La défiscalisation immobilière offre plusieurs atouts : 

  • réduction d’impôts immédiate : un allégement fiscal direct qui vient compenser le coût de l’investissement 
  • constitution d’un patrimoine : elle permet de se constituer un patrimoine immobilier tout en optimisant sa fiscalité 
  • effet de levier fiscal : les dispositifs encouragent l’investissement dans des secteurs ciblés (rénovation, logement locatif) et dynamisent ainsi l’économie locale 
  • diversification des placements : en intégrant l’immobilier à son portefeuille, l’investisseur diversifie ses sources de revenus et sécurise son patrimoine 
Revendre un bien avant la fin de l’engagement locatif entraîne généralement la perte des avantages fiscaux déjà obtenus, sauf exceptions (décès, invalidité ou licenciement de l’investisseur). Dans ces cas spécifiques, l’administration fiscale peut accorder une dérogation. Il faut donc bien évaluer votre capacité à respecter les conditions d’engagement avant d’investir.