Changer de syndic : mode d'emploi

Mise à jour le 31 décembre 2025
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Le syndic est indispensable à la gestion d’une copropriété. Pourtant, il arrive régulièrement que les copropriétaires soient mécontents de leur contrat de syndic, et souhaitent en changer. Que ce soit à cause d’une mauvaise gestion, de lenteurs dans le traitement des dossiers ou encore suite à une augmentation de tarif, il est toujours possible de changer de syndic pour sa copropriété ! On vous explique comment faire, étape par étape.

De nombreuses raisons peuvent pousser des copropriétaires à vouloir changer de syndic, mais beaucoup sont encore réticents à se lancer dans de telles démarches administratives. Pourtant, changer de syndic de copropriété est très simple. Il suffit de respecter quelques règles, et surtout de faire les choses dans l’ordre.

Selon l'article 17 de la loi du 10 juillet 1965, chaque copropriété doit obligatoirement nommer un syndic pour assurer sa gestion. Vous ne pouvez donc pas révoquer votre syndic actuel ou ne pas renouveler son mandat à moins d’avoir déjà choisi son remplaçant.

En règle générale, c’est le conseil syndical qui se charge de réunir plusieurs devis afin de les mettre en concurrence, via un appel d’offres par exemple. Cependant, un copropriétaire seul peut également proposer un autre contrat. Il est important de transmettre les devis sélectionnés à l’ensemble des copropriétaires en amont de l’assemblée générale, afin que ces derniers puissent avoir le temps de les étudier et faire leur choix.

Attention, il est impératif d’informer les éventuels syndics repreneurs de la situation de votre copropriété : données comptables, procédures et travaux en cours ou encore la raison de ce changement de syndic.

Nous vous conseillons également d’établir un cahier des charges reprenant chacune de vos attentes en termes de gestion : les candidats pourront ainsi évaluer au mieux les services à mettre en place, et vous fournir un devis détaillé et personnalisé.

Pour bien sélectionner votre futur syndic, veillez à prendre en compte les critères suivants :

  • Les services et prestations proposés dans le forfait de base ;
  • Les tarifs, et notamment ceux des prestations exceptionnelles hors forfait ;
  • Les compétences présentées ;
  • Les avis clients.

Le vote d’un changement de syndic se fait obligatoirement lors d’une assemblée générale de copropriété, et deux mentions doivent impérativement être inscrites à l’ordre du jour :

  • Le projet de désignation du nouveau syndic ;
  • Le projet de révocation du syndic de copropriété, si le changement de syndic intervient en cours de mandat.

Pour être certain que ces points sont bien inscrits à l’ordre du jour par le syndic actuel, nous vous recommandons de faire votre demande bien en amont de l’assemblée générale en envoyant un courrier en lettre recommandée accompagné des devis sélectionnés.

Toujours selon la loi du 10 juillet 1965, un nouveau syndic ne peut être élu que si la majorité absolue des voix est en sa faveur. En résumé, pour qu’un nouveau contrat soit adopté, il doit recueillir au moins la moitié des voix de tous les copropriétaires, qu’ils soient présents lors de l’AG, représentés ou absents.

Si un projet n’obtient pas la majorité absolue, mais au moins un tiers des voix, un second vote pourra alors être organisé. Cette fois, seules les voix des copropriétaires présents ou représentés seront prises en compte, et le projet pourra être adopté à la majorité simple.

Dans le cas où le conseil syndical est divisé, et qu’aucun devis n’obtient au moins un tiers des voix, il sera possible de convoquer une assemblée générale exceptionnelle trois mois plus tard. Un nouveau vote se tiendra cette fois à la majorité simple.

Le contrat de l’ancien syndic sera automatiquement révoqué dès la date de prise de fonction du syndic fraichement élu.

Il existe deux cas de figure dans lesquels vous pouvez changer de syndic : à l’occasion d’un non-renouvellement de mandat, ou lors d’une révocation.

En règle générale, la durée d’un mandat de syndic est fixée à un an, mais peut aller jusqu’à 3 ans maximum. Ce mandat ne peut en aucun cas être renouvelé de façon tacite : une assemblée générale doit donc être convoquée avant l’échéance pour prendre une décision quant à l’avenir du syndic actuel.

Si le mandat de votre syndic actuel arrive à son terme et que vous ne souhaitez pas le renouveler, c’est tout à fait possible. Lors de l’assemblée générale, il vous suffit de voter en majorité absolue contre le renouvellement du mandat actuel.

Un second vote — à la majorité simple cette fois — peut être organisé immédiatement, ou lors d’une prochaine AG. Si le syndic n’arrive toujours pas à faire voter son renouvellement, alors le contrat prendra fin et sera révoqué dès la prise de fonction du nouveau syndic.

En cas de faute de gestion ou de litige avec le syndic, les copropriétaires sont en droit de le révoquer sans attendre la fin de son mandat. Attention, seuls certains motifs sont considérés comme légitimes pour demander la révocation d’un syndic. En cas de rupture de contrat jugée abusive, le syndic pourra prétendre à des dommages et intérêts.

Pour les contrats de syndic signés ou renouvelés avant le 1er juin 2020, il fallait invoquer un « motif légitime » pour pouvoir faire une révocation. Désormais, il faut pouvoir invoquer une « inexécution suffisamment grave » :

  • L’inexécution des décisions votées lors des assemblées générales ;
  • La non-organisation des assemblées générales annuelles ;
  • Le non-recouvrement des impayés, notamment si ces derniers ont porté préjudice à la copropriété ;
  • Le syndic ne fait pas respecter le règlement de copropriété ;
  • Une faute de gestion : mauvais entretien de l’immeuble, carnet d’entretien non tenu, travaux urgents non commandés, etc. ;
  • Une faute grave : détournement de fonds, fraude, etc.

La révocation d’un syndic peut se faire lors de l’assemblée générale annuelle, mais une assemblée générale exceptionnelle peut également être convoquée pour l’occasion. Un courrier en recommandé doit être adressé au syndic, demandant la tenue d’une AG avec, à l’ordre du jour, la révocation du contrat actuel et la nomination d’un nouveau syndic. Si le syndic refuse, ce qui constitue par ailleurs une faute grave, le président du conseil syndical est en droit de lui adresser une mise en demeure et de convoquer l’AG lui-même.

Tout comme un changement de syndic classique, la révocation du syndic doit être votée à la majorité absolue par l’ensemble des copropriétaires, ou par un vote à majorité simple si la majorité absolue n’est pas atteinte.

Le changement de syndic peut intervenir à l’échéance du contrat en cours, généralement lors de l’assemblée générale annuelle. Il est également possible de changer de syndic avant cette échéance en cas de manquement grave à ses obligations. Dans tous les cas, la décision doit être votée par les copropriétaires selon les règles de majorité prévues par la loi.

Le changement de syndic est soumis à un vote à la majorité absolue des copropriétaires (article 25 de la loi du 10 juillet 1965). Si cette majorité n’est pas atteinte mais que le projet recueille au moins un tiers des voix, un second vote à la majorité simple peut être organisé immédiatement. Ces règles garantissent une décision collective équilibrée.

Avant de faire votre choix, il est essentiel d’analyser les missions incluses dans le contrat, les honoraires, ainsi que la qualité du suivi proposé. La transparence financière, la disponibilité du syndic et son expérience sont des critères déterminants. Un syndic adapté contribue à une gestion plus sereine et durable de votre copropriété.