Combien de trimestres faut-il valider pour partir à la retraite à taux plein ?

Publié le 28 avril 2026

Temps de lecture : 8 minutes

Le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier d'une retraite à taux plein est une question centrale pour tout actif qui prépare son départ. Ce chiffre dépend de votre année de naissance et a évolué avec les réformes successives. La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2026 a récemment suspendu une partie de la trajectoire prévue par la réforme de 2023, rebattant les cartes pour plusieurs générations. 

L'essentiel :

Pour partir à la retraite à taux plein, vous devez valider un nombre de trimestres qui varie selon votre année de naissance, entre 170 et 172 trimestres. Un trimestre de retraite se valide en atteignant un seuil de cotisations sur l'année, et non en travaillant trois mois calendaires. À partir de 67 ans, le taux plein vous est accordé automatiquement, quel que soit votre nombre de trimestres validés. La LFSS 2026 a suspendu la montée en charge progressive prévue par la réforme de 2023, ce qui modifie les règles applicables à certaines générations. 

Un trimestre de retraite n'est pas une période de 3 mois calendaires. C'est un seuil de cotisation retraite à atteindre sur l'année civile.

Pour valider un trimestre de retraite au régime général, vous devez avoir cotisé sur la base d'un salaire équivalent à 150 fois le SMIC horaire brut sur l'année. En 2026, avec un SMIC horaire brut fixé à 12,02 €, cela représente une assiette minimale de 1 803 € par trimestre, soit 7 212 € pour valider 4 trimestres dans l'année. Ce seuil de 150 heures de SMIC par trimestre a été introduit par la loi n° 2014-40 du 20 janvier 2014 garantissant l'avenir et la justice du système de retraites, dite loi Touraine.

Vous pouvez valider jusqu'à 4 trimestres par an, quel que soit votre temps de travail effectif. Ce qui compte, c'est le montant cotisé, pas le nombre de mois travaillés.

Par exemple : si vous travaillez à temps partiel mais que votre salaire annuel atteint 7 212 €, vous validez 4 trimestres, exactement comme un salarié à temps plein.

Au-delà des périodes d'activité salariée, d'autres situations ouvrent des droits à la validation de trimestres. Voici les principales :

  • les périodes de chômage indemnisé ;
  • les arrêts maladie ou maternité pris en charge par l'Assurance maladie ;
  • le service militaire ;
  • certaines périodes d'apprentissage.

Ces trimestres dits « assimilés » s'ajoutent aux trimestres cotisés pour calculer votre durée d'assurance totale.

Bon à savoir

Le plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026) limite le revenu pris en compte chaque mois. Ainsi, même avec un salaire élevé, un seul mois ne permet pas de valider plus de 2 trimestres. Toutefois, le nombre total de trimestres validés reste plafonné à 4 par an. Par ailleurs, si vous envisagez de racheter des trimestres manquants, l’assiette forfaitaire trimestrielle applicable en 2026 est fixée à 6 094 €.

Le taux plein correspond au taux maximum de liquidation de votre pension retraite de base, soit 50 % du salaire annuel moyen retenu pour le calcul. Pour y accéder, deux voies existent.

La première consiste à atteindre le nombre de trimestres requis selon votre année de naissance. La seconde consiste à attendre l'âge de 67 ans : à cet âge, le taux plein vous est accordé automatiquement, quel que soit votre nombre de trimestres validés.

En 2026, le nombre de trimestres requis pour le taux plein varie entre 170 et 172 trimestres selon votre génération, suite à la suspension partielle de la réforme de 2023 par la LFSS 2026.

Le nombre de trimestres nécessaires pour obtenir une retraite à taux plein a progressivement augmenté au fil des réformes, génération après génération. La LFSS 2026 a suspendu cette trajectoire ascendante jusqu'au 1er janvier 2028, ce qui modifie les règles pour plusieurs générations.

Avant la réforme des retraites de 2023, le nombre de trimestres requis pour le taux plein était fixé à 166 trimestres (soit 41,5 années de cotisation) pour les personnes nées à partir de 1955. Les générations antérieures bénéficiaient d'une durée légèrement inférieure.

Pour un assuré né en 1965, la règle applicable dépend de la date de naissance dans l'année. Si vous êtes né entre le 1er janvier et le 31 mars 1965, il vous faut 170 trimestres. Si vous êtes né entre le 1er avril et le 31 décembre 1965, il vous en faut 171.

Par exemple : une personne née le 15 février 1965 devra valider 170 trimestres pour partir à taux plein, soit 42,5 annuités.

Pour un assuré né en 1966 ou après, y compris les générations nées en 1973 et au-delà, le nombre de trimestres requis est fixé à 172. C'est le plafond prévu par la réforme de 2023, maintenu par la LFSS 2026 pour ces générations.

Dans tous les cas, consultez votre relevé de carrière sur le site de l'Assurance retraite pour connaître votre situation personnelle et le nombre de trimestres déjà validés.

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a introduit une suspension partielle de la trajectoire d'allongement de la durée de cotisation de la retraite prévue par la réforme des retraites de 2023. 

La LFSS 2026 a gelé la montée en charge progressive du nombre de trimestres jusqu'au 1er janvier 2028. En effet, selon l' article 105 de la loi n°2025-1403 du 30 décembre 2025, la trajectoire initialement prévue par la réforme de 2023, qui devait porter progressivement la durée d'assurance à 172 trimestres pour toutes les générations nées à partir de 1965, est suspendue pour la période concernée.

La durée d'assurance requise pour le taux plein est fixée par la loi de financement de la sécurité sociale, votée chaque année par le Parlement. C'est ce texte qui encadre les règles applicables aux pensions de retraite de base du régime général, en définissant notamment les durées d'assurance par génération.

Le cadre de référence est posé par le Code de la sécurité sociale, notamment ses articles L. 351-1 et suivants. La réforme des retraites de 2023 avait prévu une trajectoire d'allongement progressif jusqu'à 172 trimestres. La LFSS 2026 est venue modifier partiellement cette trajectoire, rendant indispensable une vérification régulière de votre situation auprès des organismes compétents, comme l'Assurance retraite ou le service Info Retraite.

Par ailleurs, si vous êtes fonctionnaire ou relevant d'un régime spécial, les règles de calcul diffèrent. Vous pouvez consulter les informations spécifiques sur le site dédié aux retraites de l'État pour comprendre les mécanismes de décote retraite applicables à votre situation.

Sources :

Vie Publique – https://www.vie-publique.fr/loi/300445-loi-de-financement-de-la-securite-sociale-2026-retraites-lfss
Circulaire CINAV – https://legislation.lassuranceretraite.fr/Pdf/circulaire_cnav_2024_40_23122024.pdf
Circulaire CINAV – https://legislation.lassuranceretraite.fr/Pdf/circulaire_cnav_2026_04_05022026.pdf
Service Public – https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1761
L'Assurance Retraite – https://www.lassuranceretraite.fr/portail-info/home/actif/ma-carriere/rachat-trimestres-retraite.html
Code de la sécurité sociale – https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006073189/LEGISCTA000006156616/2024-07-07/
Service Public – https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F14044
Solidarités Gouv – https://solidarites.gouv.fr/loi-de-financement-de-la-securite-sociale-2026-les-mesures-phares
Service Public – https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35063
Légifrance – https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000028493476
Service Public – https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1761
Retraites de l'État – https://retraitesdeletat.gouv.fr/actif/le-calcul-de-ma-retraite/la-decote
Service Public – https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F19666
Service Public – https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F15675
Code de la sécurité sociale – https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000025014540/
Service Public – https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/actualites/A15386

Oui, vous pouvez tout à fait partir à la retraite avant d'avoir validé le nombre de trimestres requis pour le taux plein. Cependant, votre pension sera réduite par l'application d'une décote. Cette minoration est calculée en fonction du nombre de trimestres manquants ou du nombre de trimestres vous séparant de l'âge du taux plein automatique (67 ans). Le coefficient de minoration retenu est le plus avantageux pour vous. Concrètement, chaque trimestre manquant entraîne une réduction de votre pension de 1,25 % (soit 5 % par année manquante). Par exemple, s'il vous manque 8 trimestres, votre pension sera réduite de 10 % par rapport au montant à taux plein. Cette décote s'applique définitivement et impactera le montant de votre retraite tout au long de votre vie. Il est donc important de bien évaluer l'impact financier avant de prendre votre décision de retraite anticipée. Pour compléter une pension réduite en cas de départ anticipé, il est également possible de s’appuyer sur des dispositifs d’épargne comme le plan d’épargne retraite (PER), qui permet de se constituer un revenu complémentaire à la retraite.

Pour connaître précisément le nombre de trimestres que vous avez validés, plusieurs solutions s'offrent à vous. La plus simple consiste à créer votre espace personnel sur le portail Info Retraite. Vous y trouverez votre relevé de carrière, document qui récapitule l'ensemble de vos périodes d'activité et les trimestres validés année par année. Ce relevé est mis à jour régulièrement et prend en compte vos différentes activités professionnelles, qu'elles relèvent du secteur privé, public ou des régimes spéciaux. Vous pouvez également demander ce document par courrier auprès de votre caisse de retraite. À partir de 55 ans, vous recevez automatiquement un Estimation Indicative Globale (EIG) qui vous donne une projection du montant de votre future retraite selon différents âges de départ. N'hésitez pas à vérifier régulièrement ces informations pour détecter d'éventuelles anomalies ou périodes manquantes.

Oui, le rachat de trimestres, appelé officiellement « versement pour la retraite », est possible sous certaines conditions. Vous pouvez racheter jusqu'à 12 trimestres au maximum, correspondant à des années d'études supérieures validées par un diplôme ou à des années civiles incomplètes (durant lesquelles vous avez validé moins de 4 trimestres). Le coût d'un trimestre racheté varie considérablement selon votre âge au moment du rachat, votre revenu professionnel et l'option choisie. Deux options existent : racheter uniquement pour le taux (éviter la décote) ou racheter pour le taux et la durée d'assurance (augmenter aussi le montant de la pension). Plus vous rachetez tard, plus le coût est élevé. À titre indicatif, le prix d'un trimestre se situe généralement entre 1 000 € et 6 000 €, selon votre âge, vos revenus et l’option choisie. Cette opération représente un investissement important qu'il convient d'évaluer attentivement en fonction de votre situation et de vos perspectives de départ. Vous pouvez simuler le coût d'un rachat de trimestres directement depuis votre espace personnel sur lassuranceretraite.fr.

Si vous continuez à travailler après avoir validé le nombre de trimestres requis pour le taux plein, vous pouvez bénéficier d'une surcote. Ce mécanisme, prévu par l' article L. 351-1-2 du Code de la sécurité sociale, augmente le montant de votre pension de retraite de base de 1,25 % par trimestre supplémentaire travaillé au-delà de l'âge légal de départ et du nombre de trimestres requis. Concrètement, si vous travaillez une année complète supplémentaire (4 trimestres), votre pension sera majorée de 5 %. Cette majoration est définitive et s'applique à vie sur votre retraite de base. De plus, en poursuivant votre activité, vous continuez à cotiser et à améliorer votre salaire de référence, ce qui peut également augmenter le montant de votre pension. Certains dispositifs permettent même de cumuler emploi et retraite sous conditions. La poursuite d'activité peut donc être financièrement intéressante, notamment si vous êtes en bonne santé et souhaitez optimiser le montant de votre future assurance retraite.

L’âge légal de départ à la retraite correspond à l’âge minimum à partir duquel vous pouvez demander votre pension. En France, cela dépend de votre année de naissance.

En 2026, il varie globalement entre 62 ans et 64 ans, avec des ajustements liés à la suspension de la réforme des retraites. Par exemple, certaines générations (nées entre 1964 et 1968) bénéficient d’un âge légèrement réduit, autour de 62 ans et 9 mois à 63 ans et 9 mois, tandis que les personnes nées à partir de 1969 devront partir à 64 ans.