La maladie de Cushing chez le chien : comprendre et traiter ce trouble hormonal

Publié le 7 août 2025
Temps de lecture : 5 minutes

La maladie de Cushing, aussi connue sous le nom d'hyperadrénocorticisme, est un déséquilibre hormonal courant chez les chiens. Elle se caractérise par une production excessive de cortisol, une hormone essentielle au métabolisme. Ce trouble affecte principalement les chiens âgés et peut entraîner divers symptômes qui altèrent leur qualité de vie. 

La maladie de Cushing est due à une surproduction de cortisol, une hormone produite par les glandes surrénales situées près des reins. Ce déséquilibre hormonal peut être causé par plusieurs facteurs, divisés en trois formes principales :  

  • la forme hypophysaire, la plus fréquente, résulte d'une tumeur de l'hypophyse qui stimule excessivement les glandes surrénales 
  • la forme surrénalienne, moins commune, est causée par une tumeur directement sur les glandes surrénales 
  • la forme iatrogène est due à l'utilisation prolongée de médicaments à base de corticoïdes 

Certaines races sont plus susceptibles de développer la maladie de Cushing. Les Caniches, Teckels et Yorkshires, par exemple, sont particulièrement à risque. La maladie touche principalement les chiens âgés, généralement après 6 ans. Il est à noter que cette maladie n'est pas contagieuse, mais elle nécessite une attention particulière pour un diagnostic précoce. 

Les premiers signes de la maladie de Cushing chez le chien sont souvent discrets. Ils peuvent s’installer lentement, parfois sur plusieurs mois. Ils sont aussi parfois confondus avec un simple vieillissement. 

Voici les symptômes les plus fréquents à observer chez un chien atteint : 

  • soif excessive : le chien boit beaucoup plus que d’habitude 
  • envies fréquentes d’uriner, même la nuit 
  • appétit augmenté : le chien demande souvent à manger 
  • poils qui tombent de manière symétrique sur les flancs ou le dos 
  • peau fine, sèche ou qui met du temps à cicatriser 
  • ventre qui gonfle, avec une posture plus "affaissée" 
  • fatigue inhabituelle, essoufflement après de courts efforts 
  • dermatite ou infections cutanées récurrentes 
  • tremblements (moins fréquents, mais parfois présents) 

Tous ces symptômes ne se manifestent pas en même temps, et leur intensité peut varier. L’important est de rester attentif à l’évolution du comportement général de son chien. 

La maladie de Cushing chez le chien peut entraîner des complications comme le diabète et l'hypertension. Les problèmes cutanés, tels que la dermatite, sont courants. Des troubles neurologiques, y compris des tremblements, peuvent survenir. La fragilité osseuse est également un risque, augmentant la probabilité de fractures.

Le diagnostic de la maladie de Cushing repose sur plusieurs étapes : 

  • un examen clinique initial permet de suspecter la maladie 
  • des analyses sanguines et urinaires de base sont ensuite réalisées pour détecter des anomalies 
  • des tests hormonaux spécifiques, tels que le test de stimulation à l'ACTH et le test de freinage, sont utilisés pour confirmer le diagnostic 

Pour identifier la cause précise de la maladie, des examens d'imagerie peuvent être nécessaires. Une échographie abdominale permet d'examiner les glandes surrénales, tandis qu'un scanner ou une IRM est souvent requise pour détecter une tumeur hypophysaire. Ces examens aident à différencier les causes et à adapter le traitement en conséquence. 

Il existe aujourd’hui plusieurs méthodes pour traiter le syndrome de Cushing, mais il n’existe pas (encore) de traitement qui guérit définitivement la maladie. L’objectif est de stabiliser les symptômes et améliorer la qualité de vie. Les soins pouvant être longs et coûteux, il peut être utile de souscrire à une assurance chien/chat afin de mieux faire face aux frais vétérinaires

Voici les principales solutions de traitement :  

  • traitement médical : il s’agit de donner un médicament quotidien (comme le trilostane ou le mitotane) pour bloquer la production excessive de cortisol 
  • chirurgie de l’hypophyse ou ablation de la glande surrénale si la tumeur est clairement identifiée et opérable 
  • radiothérapie de l’hypophyse dans certains cas spécifiques, notamment s’il y a une tumeur visible au scanner 

Quel que soit le traitement choisi, il est toujours accompagné d’un suivi régulier avec examen, dosage hormonal, ajustement des doses... 

L’alimentation d’un chien atteint de la maladie de Cushing doit être adaptée. L’objectif est de soutenir l’organisme et d’éviter les complications secondaires (comme le diabète ou l’obésité). 

Voici quelques conseils simples pour l’alimentation quotidienne : 

  • privilégiez les aliments riches en protéines de qualité 
  • limitez les graisses et sucres 
  • évitez les aliments industriels trop transformés 
  • fractionnez les repas en petites quantités pour limiter la tension digestive 

Pensez également à faire régulièrement de courtes promenades, à adapter les jeux, à surveiller le poids de votre compagnon et surtout garder une routine stable. 

En fin de parcours, la maladie de Cushing peut entraîner des complications : insuffisance rénale, lésions au foie, épuisement général. 

Il est alors essentiel de renforcer l’accompagnement, de favoriser le confort de vie et de respecter les besoins du chien :

  • maintenir les soins quotidiens (hydratation, toilette, environnement calme). 
  • continuer le traitement tant qu’il apporte du confort. 
  • prendre des décisions en lien avec le vétérinaire si l’état du chien se dégrade. 

Le pronostic de la maladie de Cushing dépend de sa forme et de sa gravité. Avec un traitement adéquat, de nombreux chiens peuvent vivre plusieurs années avec une bonne qualité de vie. Les signes d'amélioration incluent une réduction des symptômes et un retour à une activité normale. 

Les complications à long terme, comme le risque d'insuffisance rénale, nécessitent une surveillance continue. Les effets secondaires des traitements doivent également être surveillés. Il est crucial de consulter un vétérinaire en cas de symptômes inquiétants ou de changements soudains dans l'état de santé de votre chien. 

Il n’existe malheureusement pas de méthode de prévention garantie contre la maladie de Cushing, car elle est souvent liée à l’âge ou à des prédispositions génétiques. Cependant, il est possible de limiter certains risques en évitant l’administration prolongée de corticoïdes sans suivi vétérinaire. Un suivi régulier de la santé de votre chien, en particulier s’il appartient à une race prédisposée ou s’il est senior, permet de détecter la maladie tôt et d’améliorer la prise en charge.

La maladie de Cushing n’est pas contagieuse et n’empêche pas votre chien de vivre avec d’autres animaux. Il peut continuer à partager ses activités et son environnement avec ses congénères. Il faudra cependant veiller à adapter son rythme en fonction de sa fatigue et de ses besoins spécifiques.

La maladie de Cushing en elle-même n’est généralement pas douloureuse, mais certains symptômes ou complications peuvent entraîner un inconfort, comme des problèmes de peau, des douleurs abdominales, ou des difficultés à se déplacer dues à la fonte musculaire. Un suivi vétérinaire adapté permet d’atténuer ces désagréments et d’améliorer le bien-être de l’animal.

Bien que le traitement médicamenteux reste la solution principale validée scientifiquement, certaines approches complémentaires peuvent aider à améliorer le confort de votre chien, comme la phytothérapie ou des compléments alimentaires spécifiques. Toutefois, il est essentiel d’en parler à votre vétérinaire avant d’ajouter tout traitement naturel, pour éviter les interactions ou les effets indésirables.