Comment cesser son activité de travailleur indépendant pour cause de retraite ?

Mise à jour le 22 mai 2025
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Prendre sa retraite est une étape majeure dans la vie professionnelle. Cette transition marque la fin d'une carrière et nécessite de bien comprendre les démarches à suivre pour cesser son activité professionnelle.
La cessation d'activité pour cause de retraite  correspond à l’arrêt définitif de l'exercice d'une profession à la suite de l’atteinte de l’âge de départ à la retraite ou d’une décision personnelle de mettre fin à une carrière professionnelle. Elle se distingue des autres formes de cessation d’activité, telles que celles provoquées par une maladie, un arrêt volontaire pour changer de voie professionnelle ou une cession d'entreprise.

La loi impose généralement la cessation de toute activité professionnelle pour bénéficier de sa retraite de base. Depuis le 1er janvier 2015, cette règle s'applique à tous les régimes, suite à la réforme des retraites​. Avant cette date, il était encore possible de cumuler une activité avec certaines retraites mais les nouvelles réglementations obligent aujourd'hui à suspendre l'exercice professionnel pour commencer à percevoir sa pension de retraite.

Cependant, cette obligation n’est pas sans exceptions. En fonction de votre statut professionnel (salarié, indépendant, fonctionnaire), la cessation d’activité peut être partielle ou totalement flexible. Voici quelques exemples :

  • les indépendants et les professions libérales : certains peuvent continuer leur activité sous conditions. Par exemple, les travailleurs indépendants peuvent liquider leur retraite de base tout en poursuivant leur activité, à condition de respecter des plafonds de revenus​
  • les exploitants agricoles : la cessation définitive de l'activité est requise pour liquider leur retraite.  Il faut informer la Chambre d'agriculture de l’intention de cesser l’activité au moins trois ans avant la date prévue de départ en retraite, sauf en cas de force majeure. Cette démarche se formalise par la Déclaration d'Intention de Cessation d'Activité Agricole (DICAA), qui permet d'identifier les exploitations disponibles pour une reprise et d'en faciliter la transmission. La retraite n'est pas attribuée automatiquement. L'exploitant doit en faire la demande en complétant le formulaire de "Demande Unique de Retraite" disponible sur le site de la Mutualité Sociale Agricole (MSA) ou directement auprès de sa caisse MSA. Des exceptions existent, notamment la possibilité de conserver une parcelle de subsistance dont la superficie est fixée par arrêté préfectoral (généralement moins de 3 hectares). Cette parcelle permet de continuer une activité agricole à titre personnel sans compromettre le droit à la retraite
  • les fonctionnaires : ils doivent arrêter complètement leur activité pour percevoir leur pension, et en cas de reprise d'activité, ils seront embauchés comme agents non titulaires​
Si vous ne souhaitez pas fermer définitivement votre entreprise, mais plutôt la transmettre avant de partir à la retraite, la cession d’activité est une option à envisager. Cela consiste à vendre ou céder votre entreprise à un repreneur, ce qui permet de continuer l’activité tout en vous assurant une valorisation de vos efforts.

Dans le cas où vous choisissez de fermer définitivement votre entreprise, vous devrez entamer une procédure de liquidation. Cette démarche consiste à vendre les actifs restants (stocks, équipements) pour rembourser les créanciers et clôturer tous les comptes associés à l’entreprise. Cette étape est indispensable pour régulariser votre situation vis-à-vis des organismes sociaux et fiscaux.

La liquidation s’accompagne de la radiation de l’entreprise auprès du CFE, qui assure la transmission de l’information aux organismes concernés (URSSAF, caisse de retraite, impôts).

La cessation d’activité ne se fait pas de manière automatique. Il est conseillé de préparer son départ à l’avance et d’entamer les démarches administratives au moins six mois avant la date prévue pour la retraite. Voici les étapes à suivre :

  • faire la demande de liquidation de la retraite : vous devez contacter votre caisse de retraite (spécifique à votre profession). La demande peut se faire en ligne via les plateformes dédiées, comme le site de l’Assurance Retraite ou celui de votre caisse
  • déclarer la fin de votre activité auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) ou de l’organisme compétent en fonction de votre statut (profession libérale, commerçant, artisan)
  • envoyer l'attestation de fin d'activité à sa caisse de retraite. Si vous prévoyez de continuer à travailler sous un régime de cumul emploi-retraite, il faudra l’indiquer
  • prendre en compte les spécificités selon le régime :
  • indépendants et professions libérales : ils doivent vérifier si leur caisse de retraite complémentaire exige une cessation d’activité pour liquider les droits. Certaines caisses comme la CAVAMAC et la CAVOM imposent cette obligation
  • fonctionnaires : la cessation d’activité est nécessaire pour être radié des cadres et toucher la pension

Lorsque vous mettez fin à votre activité pour partir à la retraite, il est crucial de vérifier l’impact de cette cessation sur vos droits à la retraite. Vous devrez calculer la date à laquelle vous êtes éligible à une pension de retraite complète, en fonction de votre âge et du nombre de trimestres cotisés.

Il est recommandé de contacter votre caisse de retraite au moins six mois avant la cessation pour demander une estimation de vos droits. Vous devrez également fournir des documents prouvant la cessation de votre activité, comme une attestation de cessation d'activité délivrée par le CFE.

Assurez-vous également que tous les trimestres de cotisation sont bien pris en compte. Si vous ne les avez pas tous, il peut être possible de les racheter avant la liquidation de vos droits.

Sur le plan fiscal, la cessation d'activité entraîne la fin des cotisations sociales et fiscales liées à l’activité professionnelle, mais cela implique également de régulariser les impôts dus jusqu’à la date de cessation. Par exemple, vous devrez peut-être payer un impôt sur la plus-value si vous vendez des actifs de votre entreprise avant de fermer.

La liquidation de la pension de retraite dépend des organismes auxquels vous avez cotisé tout au long de votre carrière. Les délais de traitement peuvent varier, mais il est important de ne pas attendre le dernier moment pour faire les démarches.

Si vous avez des salariés, leur situation sera également impactée par la cessation d'activité. Ils pourront, dans certains cas, bénéficier d'une indemnité de départ en retraite. Ils auront également droit à des allocations chômage s'ils ne retrouvent pas immédiatement un emploi. Vous devrez leur fournir une attestation de travail pour qu'ils puissent entamer les démarches nécessaires auprès de France Travail.
Lorsque vous cessez votre activité professionnelle pour prendre votre retraite, vous avez droit à certaines indemnités de départ, selon votre statut et votre ancienneté dans l'entreprise. Elles sont encadrées par le Code du travail et les conventions collectives applicables à votre secteur.

Le Code du travail fixe un cadre minimum pour les indemnités de départ à la retraite pour les salariés qui quittent volontairement leur entreprise. Cette indemnité varie en fonction de l’ancienneté :

  • entre 10 et 15 ans d’ancienneté : un demi-mois de salaire​
  • entre 15 et 20 ans d’ancienneté : un mois de salaire
  • entre 20 et 30 ans d’ancienneté : un mois et demi de salaire
  • au-delà de 30 ans : deux mois de salaire​

Le calcul du salaire de référence pour l'indemnité peut se faire de deux façons, selon ce qui est le plus avantageux pour le salarié :

  • le 12e des salaires bruts des 12 derniers mois.
  • le tiers des salaires des 3 derniers mois (si des primes ont été versées, elles sont réintégrées au prorata)

Dans de nombreux secteurs, les conventions collectives prévoient des indemnités de départ plus généreuses que celles définies par le Code du travail. Par exemple, certaines conventions prennent en compte l’ensemble de la carrière à temps plein même si le salarié a terminé en temps partiel, notamment dans le cadre d'une retraite progressive​.

Ainsi, il est recommandé de consulter la convention collective applicable à votre profession pour connaître vos droits exacts. Ces conventions peuvent également prévoir des avantages additionnels, comme des primes de départ ou des conditions plus favorables en cas de longue carrière ou de carrières pénibles.

Les dirigeants d’entreprise (par exemple, les gérants de SARL) et les indépendants ne bénéficient pas toujours des mêmes règles en matière d’indemnités de départ. Leur situation dépendra souvent de leur statut social, du régime de retraite auquel ils cotisent et des dispositifs complémentaires comme une assurance prévoyance professionnelle :

  • les gérants de SARL : l'indemnité de départ dépendra des clauses contractuelles ou des accords avec l’entreprise. Il est rare qu’ils perçoivent une indemnité de départ réglementée comme les salariés​.
  • les indépendants :ils ne bénéficient pas d'indemnité de départ liée à une cessation d'activité, sauf si des contrats spécifiques sont négociés (ex. indemnités compensatoires en cas de cessation d’activité prévue dans certains contrats d’assurances)​.
Dans le cadre d’une retraite progressive, c’est-à-dire si vous travaillez à temps partiel tout en percevant une partie de votre pension de retraite, l'indemnité de départ est calculée en prenant en compte vos périodes de travail à temps plein et à temps partiel. Le calcul est effectué en proportion de ces deux périodes​. Si vous avez travaillé plusieurs années à temps plein avant de passer en temps partiel, cette période à temps plein est intégrée dans le calcul pour ne pas pénaliser votre indemnité.
Dans le cas d'une cessation pour cause de retraite, une attestation de départ à la retraite émise par votre caisse de retraite est nécessaire. Pour une cessation liée à une cession d’entreprise, un acte de vente ou un accord de transmission sera exigé. Si l’arrêt est causé par des difficultés financières, une justification via un bilan comptable peut être requise. Enfin, dans le cas de maladies graves, un certificat médical peut être présenté.
La fermeture d'une entreprise du jour au lendemain n'est généralement pas possible, car elle implique de respecter certaines démarches administratives et obligations légales. Il faut d'abord déclarer la cessation d'activité auprès du Centre de Formalités des Entreprises (CFE) et régulariser les aspects fiscaux et sociaux. Une liquidation des actifs peut également être nécessaire, notamment si l'entreprise a des dettes. Le processus de fermeture peut prendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois, selon la structure de l’entreprise.
La cessation d’activité est un acte volontaire qui peut se faire pour des raisons personnelles, telles que la retraite ou un changement de voie professionnelle. Elle se fait en respectant les démarches administratives nécessaires. La liquidation judiciaire, en revanche, est imposée par un tribunal lorsque l’entreprise ne peut plus faire face à ses dettes et qu’il n’existe aucune possibilité de redressement. Dans ce cas, les actifs de l’entreprise sont liquidés pour rembourser les créanciers.
Lors de la cessation d'activité, il est important de contacter vos assureurs pour informer de la fermeture de l'entreprise. En général, les contrats d'assurance professionnelle, comme la responsabilité civile professionnelle ou l'assurance des locaux, doivent être résiliés ou ajustés. Si l’activité continue partiellement (par exemple, si vous restez propriétaire des locaux), certaines garanties peuvent être maintenues. Pensez également à vérifier si votre contrat prévoit des clauses spécifiques en cas de cessation d'activité.