Cessation d'activité et licenciement salarié : comment se passe une fermeture d'entreprise ?

Mise à jour le 16 janvier 2026
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La cessation d’activité de l’entreprise signifie qu’elle arrête définitivement son activité. L'impact de cette cessation d'activité professionnelle pour un salarié peut désigner l'arrêt de son contrat de travail, qu'il soit permanent ou temporaire. Cet évènement peut être volontaire, comme dans le cas d'une démission, ou involontaire, tel un licenciement.

La cessation d’activité professionnelle d’un salarié fait référence à l’arrêt de son contrat de travail, que ce soit de manière volontaire (départ à la retraite, démission) ou imposée (licenciement). Ce moment peut marquer la fin d’une carrière, une réorientation professionnelle, ou encore un changement dans la structure de l’entreprise.

Les motifs de cessation d’activité professionnelle sont multiples :

  • démission du salarié : un acte volontaire par lequel un salarié met fin à son contrat de travail de manière unilatérale
  • rupture conventionnelle : une procédure qui permet à l’employeur et au salarié de mettre fin à leur collaboration d’un commun accord
  • départ à la retraite : le salarié choisit de quitter définitivement le marché du travail
  • licenciement : l’entreprise met fin au contrat de travail pour des raisons économiques ou disciplinaires
  • fermeture de l’entreprise : c’est la cessation totale de l’activité de l’entreprise qui entraîne la fin des contrats de travail
  • liquidation amiable ou dissolution de la société : lorsque l’entreprise cesse son activité de manière volontaire ou pour cause de difficultés économiques
  • liquidation judiciaire :  lorsque l’entreprise cesse son activité pour cause de difficultés économiques

La cessation d’activité de l’entreprise fait référence à l’arrêt volontaire ou forcé de l’entreprise, entraînant souvent la fin des contrats de travail. En revanche, un redressement judiciaire est une procédure où l'entreprise continue son activité sous la surveillance d’un administrateur judiciaire afin de redresser la situation financière. Les contrats de travail ne sont pas nécessairement rompus pendant un redressement, et l'objectif est de sauver l’entreprise et les emplois. Lorsque le redressement de l’entreprise est jugé impossible, le tribunal prononce la liquidation judiciaire.

Lorsque vous cessez votre activité, il faut respecter un certain nombre de formalités pour que cette cessation soit valide.

Voici la démarche à suivre pour fermer une société 

1. Déclaration de cessation d’activité  

La déclaration de cessation d’activité ne se limite pas à une simple information transmise aux organismes sociaux. Lorsqu’une entreprise cesse définitivement son activité, l’employeur doit suivre une procédure juridique et administrative en plusieurs étapes, afin de régulariser sa situation et mettre fin à l’existence légale de la société. 

Cette démarche comprend notamment les étapes suivantes : 

  • La dissolution de la société : la cessation d’activité débute par la décision officielle de mettre fin à la société. Cette décision est prise par les associés ou actionnaires lors d’une assemblée générale. Elle entraîne l’arrêt de l’activité et la nomination d’un liquidateur chargé de gérer la fin de la société. La dissolution doit être déclarée et publiée afin d’informer les tiers. 
  • La liquidation de la société : une fois la société dissoute, elle entre en phase de liquidation. Cette étape consiste à régler l’ensemble des affaires en cours : vente des biens, remboursement des dettes, paiement des charges sociales et fiscales, et recouvrement des créances. Pendant cette période, la société continue d’exister uniquement pour les besoins de la liquidation. 
  • Le dépôt des comptes : même en cas de cessation d’activité, l’entreprise doit établir et déposer ses comptes jusqu’à la date de clôture définitive. Cela permet de régulariser la situation comptable et fiscale de la société et de solder les obligations restantes auprès de l’administration. 
  • La radiation du Registre du commerce et des sociétés (RCS) : après la clôture de la liquidation, la société doit être radiée du Registre du commerce et des sociétés. Cette radiation marque la disparition juridique définitive de l’entreprise et confirme que celle-ci ne peut plus exercer d’activité. 
  • La radiation auprès des organismes sociaux :enfin, l’employeur doit procéder à la radiation de la société auprès des organismes sociaux, tels que l’URSSAF et les caisses de retraite.  

2. Attestation France-Travail (ex Pôle emploi)  

C’est un document essentiel remis au salarié. Ce dernier pourra le transmettre à Pôle Emploi pour bénéficier de ses droits au chômage. Il résume la situation du salarié et mentionne les raisons de la fin du contrat 

3. Radiation des organismes  

En cas de fermeture totale de l’entreprise, une radiation des différents organismes comme l’URSSAF est nécessaire. Cette radiation met fin aux obligations de l’employeur envers les organismes sociaux 

Dans certains cas, la cessation d’activité entraîne le licenciement des salariés. Le licenciement économique, en particulier, est souvent utilisé lorsque l’entreprise doit fermer ou réduire son activité pour des raisons financières.

Le licenciement économique survient lorsque l’employeur est conduit à supprimer ou transformer un emploi, ou à modifier un élément essentiel du contrat de travail pour un motif non inhérent à la personne du salarié ou doit fermer définitivement et ne doit pas être pour motif lié à la personne du salarié. Il peut être déclenché pour plusieurs raisons, notamment lors d'une liquidation amiable ou d’une dissolution de la société.

L'employeur doit notifier le salarié, s’il est seul, ou consulter les représentants du personnel du licenciement pour motif économique en lui envoyant une lettre de licenciement (suite à un entretien préalable selon le nombre de salariés). Le délai d'envoi de cette lettre dépend du nombre de salariés concernés par un licenciement économique :

  • licenciement individuel : l'employeur doit attendre 7 jours ouvrables après l'entretien préalable avant d'envoyer la lettre de licenciement. Pour un salarié cadre, ce délai est de 15 jours ouvrables
  • licenciement de 2 à 9 salariés : l'employeur doit respecter un délai de 7 jours ouvrables après l'entretien préalable
  • licenciement de 10 à 49 salariés : un délai minimum de 30 jours doit être respecté à partir de la notification du projet de licenciement à la Dreets (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités), un service de l’État chargé de mettre en œuvre, au niveau régional, les politiques publiques en matière d’emploi, de travail, d’insertion et de développement économique. Elle accompagne et contrôle notamment les entreprises sur les questions de droit du travail, de licenciements économiques et de relations sociales
  • licenciement de 50 salariés ou plus : la notification du licenciement intervient après la validation ou l'homologation du plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) par la Dreets  par lettre recommandée
Lorsqu’un salarié voit son contrat de travail prendre fin, il bénéficie de droits spécifiques. Ces droits visent à compenser la perte de son emploi et à l’accompagner dans sa recherche d’un nouveau travail.

Le salarié licencié a droit à une indemnité de licenciement, sauf en cas de faute grave ou lourde. Cette indemnité se calcule en fonction de son ancienneté qui doit être d’au moins 8 mois ininterrompus dans l’entreprise :

  • 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté pour les 10 premières années
  • 1/3 de mois de salaire par année pour les années suivantes

Il est également important de vérifier si la convention collective ou le contrat de travail prévoient des indemnités plus avantageuses.

En plus de l’indemnité, le salarié a droit à d’autres compensations et protections :

  • Indemnisation compensatrice de préavis : varie selon si le salarié effectue ou pas son préavis, demande à l’employeur de ne pas l’effectuer ou en est dispensé.
  • congés payés non pris : ils sont rémunérés sous forme d’indemnité compensatrice
  • droit au chômage : si le salarié ne trouve pas immédiatement un nouvel emploi, il pourra bénéficier des allocations chômage en faisant les démarches sur France Travail
  • maintien des droits sociaux : certaines protections comme la mutuelle d'entreprise peuvent être maintenues pendant un certain temps après la cessation du contrat

Les salariés licenciés peuvent bénéficier d’un congé de reclassement ou d’un contrat de sécurisation professionnelle (CSP), selon la taille de l’entreprise. Ces dispositifs permettent d’accéder à des formations ou un accompagnement personnalisé pour retrouver un emploi. 

Lors de la cessation d’activité, l’employeur doit remettre plusieurs documents au salarié. Ces documents sont essentiels pour que ce dernier puisse faire valoir ses droits

  • attestation France Travail : ce document est obligatoire et permet au salarié de bénéficier des indemnités chômage
  • solde de tout compte : ce dernier récapitule l’ensemble des sommes dues au salarié (indemnités, congés payés, primes)
  • certificat de travail : ce document atteste de la période pendant laquelle le salarié a travaillé pour l’entreprise
En cas de cessation d'activité, les salariés peuvent être confrontés à un licenciement économique. Ce licenciement est justifié par la fermeture de l'entreprise ou une baisse significative de son activité. L'employeur doit prouver l’existence de motifs économiques (baisse du chiffre d'affaires, difficultés financières, réorganisation nécessaire pour sauvegarder la compétitivité)

Afin d’éviter le licenciement, tous les employeurs sont dans l’obligation proposer au salarié un poste adapté au sein de l’entreprise et du groupe (si groupe il y a). Si aucun reclassement ne peut être trouvé ou si le salarié refuse les offres, l’employeur pourra procéder au licenciement.

Les salariés en congé maladie ou maternité bénéficient d'une protection particulière. En cas de cessation d’activité de l’entreprise, leur contrat de travail ne peut pas être rompu avant la fin de leur congé, sauf si la fermeture de l'entreprise est définitive (comme dans une liquidation judiciaire). Dans ce cas, ils sont licenciés dans les mêmes conditions que les autres salariés. Ils continuent également à percevoir leurs indemnités journalières de sécurité sociale pendant leur congé.

Les salariés peuvent contester leur licenciement économique s'ils estiment que la procédure n’a pas été respectée ou que les raisons invoquées par l'employeur ne justifient pas réellement une cessation d'activité. Ils peuvent saisir le Conseil de Prud'hommes pour réclamer des dommages et intérêts voire une réintégration. Cela peut être le cas si l’entreprise n’a pas respecté les délais légaux ou les procédures d’information et de consultation des représentants du personnel.

Lorsqu’une entreprise cesse définitivement son activité, cela constitue un cas de force majeure et amener à rompre le CDD avant terme. Le salarié concerné perçoit alors une indemnité compensatrice équivalente aux salaires qu’il aurait dû toucher jusqu’à la fin du contrat, sauf en cas de liquidation judiciaire où l’AGS (Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés) peut intervenir pour assurer le paiement des sommes dues.

En cas de défaillance de l’entreprise, notamment lors d’une liquidation judiciaire, les salariés sont protégés par le régime de garantie des salaires (AGS). Cet organisme prend en charge le paiement des indemnités de licenciement, des salaires impayés, du préavis et des congés payés dus. Les salariés n’ont donc pas à craindre de perdre leurs droits financiers en raison de la situation économique de l’entreprise.

Oui, l’employeur a une obligation d’information et de consultation. Avant toute fermeture ou cessation d’activité, il doit informer les salariés et, le cas échéant, consulter le Comité social et économique (CSE). Cette étape permet d’expliquer les raisons économiques ou juridiques de la décision et d’étudier d’éventuelles alternatives, comme le reclassement ou la reprise de l’activité par un tiers.

Contrairement aux salariés, les chefs d’entreprise et travailleurs indépendants ne bénéficient pas automatiquement d’indemnités de cessation d’activité. Toutefois, certains dispositifs existent, comme l’allocation des travailleurs indépendants (ATI). Cette aide peut temporairement compenser la perte d’activité en attendant une reconversion ou une nouvelle création d’entreprise.