Accident de trottinette électrique : que faire ?

Publié le 1 juillet 2026

Temps de lecture : 7 minutes

Un accident de trottinette électrique peut survenir à tout moment : chute seule, collision avec un véhicule ou un piéton renversé. En tant qu' EDPM (engin de déplacement personnel motorisé), la trottinette électrique est soumise au Code de la route. Son conducteur a des obligations, notamment en matière d'assurance. Voici les réflexes à adopter immédiatement après un accident, les démarches pour déclarer le sinistre.

L'essentiel :

La trottinette électrique est un véhicule motorisé, ce qui impose des règles de circulation, une assurance responsabilité civile et  une législation. Son conducteur doit avoir souscrit une à une assurance responsabilité civile, obligatoire sous peine d'amende. En cas d’ accident de trottinette électrique, les premières actions sur place (appel des secours, constat, photos) conditionnent directement la suite de vos démarches. Vous disposez de 5 jours ouvrés pour déclarer le sinistre à votre assureur. 

Qu'il s'agisse d'une chute seule ou d'une collision avec un autre usager, les premières minutes après un accident de trottinette électrique sont déterminantes. Elles influencent votre sécurité immédiate, mais aussi  vos démarches ultérieures.

Avant tout, évaluez la gravité de la situation et appelez les secours adaptés. Voici les numéros à connaître :

  • le 15 (SAMU) : pour toute urgence médicale ou blessure grave ;
  • le 17 (police) : en cas d'accident avec un tiers, de délit de fuite ou de litige ;
  • le 18 (pompiers) : si des personnes sont coincées ou en danger immédiat ;
  • le 112 : numéro d'urgence européen, accessible depuis n'importe quel téléphone, y compris sans réseau

Si une personne est blessée, ne la déplacez pas, sauf si elle se trouve en danger immédiat (incendie, circulation). Déplacer un blessé sans précaution peut aggraver les lésions.

Une fois les secours alertés, sécurisez la zone. Si vous en disposez, utilisez un gilet réfléchissant et signalez le danger aux autres usagers.

Recueillez ensuite les coordonnées des témoins présents : nom, prénom, numéro de téléphone. Leur témoignage peut s'avérer précieux pour établir les responsabilités.

Documentez la scène avec votre téléphone :

  • photographiez les positions des véhicules et de la trottinette électrique ;
  • prenez en photo les dégâts matériels et les éventuelles blessures visibles ;
  • notez la plaque d'immatriculation du tiers impliqué.

Même en l'absence de douleur immédiate, consultez un médecin rapidement. Certaines douleurs (cervicales, dorsales) peuvent apparaître plusieurs heures après le choc. Un certificat médical initial est indispensable si vous souhaitez faire valoir un préjudice corporel. Si vous avez subi des blessures ou si le tiers a pris la fuite, déposez plainte auprès des forces de l'ordre.

Le constat amiable n'est pas réservé aux automobilistes. Il s'applique à tout accident impliquant un EDPM avec un tiers. Ce document est indispensable pour déclencher la procédure d'indemnisation auprès de votre assureur. 

Remplissez le constat sur place, en présence de l'autre partie impliquée. Voici les points de vigilance à respecter :

  • Vérifiez chaque case avant de signer. Une fois signé, le document est difficile à contester.
  • Indiquez précisément les circonstances : lieu exact, heure, conditions météo, type de voie ( piste cyclable, route, carrefour).
  • Utilisez le cadre prévu pour schématiser la scène. Un croquis clair vaut mieux qu'une longue description.
  • Conservez votre exemplaire. Chaque partie repart avec une copie.
  • Notez les coordonnées des témoins dans la zone prévue à cet effet.

Si l'autre partie refuse de remplir le constat ou prend la fuite, notez tous les éléments disponibles (description du véhicule, plaque, direction prise) et contactez immédiatement la police. Votre déclaration à l'assureur pourra s'appuyer sur le rapport de police.

En France, le délai légal de déclaration d'un sinistre est de 5 jours ouvrés à compter de la date de l'accident, conformément à l' article L113-2 du Code des assurances

Déclarez le sinistre le plus tôt possible, avec l'ensemble des pièces justificatives :

  • le constat amiable signé ;
  • les photos de la scène et des dégâts ;
  • les témoignages recueillis ;
  • le certificat médical si vous avez été blessé ;
  • le rapport de police ou de gendarmerie si établi.
Bon à savoir

Le délai de 5 jours ouvrés court à partir du jour de l'accident, et non du jour où vous prenez connaissance des dommages. Si vous avez été hospitalisé, informez votre assureur dès que possible et conservez tous les justificatifs médicaux. 

La réglementation française impose une assurance responsabilité civile à tout conducteur d'EDPM depuis le décret n° 2019-1082 du 23 octobre 2019 relatif à la réglementation des engins de déplacement personnel

L'assurance responsabilité civile (RC) est obligatoire pour tout EDPM motorisé circulant sur la voie publique. Elle couvre les dommages corporels et matériels causés à des tiers : piétons, automobilistes, cyclistes.

Il est donc strictement interdit de rouler sans assurance. Le défaut d'assurance est sanctionné par une amende pouvant aller de 350 € (minorée) à 3 750 € (majorée). Au-delà de la sanction financière, l'absence d'assurance vous expose à devoir assumer personnellement l'intégralité des préjudices causés à une victime, sans plafond. 

Des garanties complémentaires existent :

  • la garantie corporelle conducteur, qui couvre vos propres blessures en cas d'accident responsable ;
  • la formule tous risques, qui prend en charge les dommages subis par votre trottinette électrique ;
  • la garantie vol de trottinette électrique ou incendie.

Si ces options ne sont pas imposées par la loi, elles offrent une protection nettement plus complète. Pour bénéficier d'une couverture adaptée, vous pouvez souscrire une assurance trottinette électrique, EDPM et cyclomobiles légers qui regroupe l'ensemble de ces garanties.

La trottinette électrique étant un véhicule terrestre à moteur (VTM), la  loi n° 85-677 du 5 juillet 1985, dite loi Badinter, s'applique. Cette loi garantit l'indemnisation des victimes impliquées dans un accident avec un VTM, indépendamment de leur propre faute (sauf faute inexcusable de leur part).

Concrètement, voici comment s'organise la responsabilité selon les situations :

  • Si vous êtes conducteur de trottinette électrique et responsable de l'accident : votre assurance RC indemnise la victime (piéton, cycliste, automobiliste) pour ses dommages corporels et matériels.
  • Si vous êtes victime d'un automobiliste fautif : c'est l'assurance du conducteur du véhicule qui intervient pour vous indemniser.
  • En cas de responsabilité partagée : les indemnisations sont calculées proportionnellement à la part de responsabilité de chacun.

Texte

Les démarches à engager après un accident varient selon votre rôle dans l'accident. Voici les situations les plus fréquentes et les actions à mener dans chaque cas.

Déclarez le sinistre à votre assureur dans les 5 jours ouvrés. Transmettez lui l'ensemble des pièces : constat amiable, photos, rapport de police si établi, et justificatifs médicaux.

Si le tiers est reconnu responsable, son assurance RC prend en charge vos dommages corporels et matériels, en application de la loi Badinter. Si votre trottinette électrique a été endommagée, demandez une expertise de l'engin pour évaluer les réparations ou le remplacement.

Votre assurance RC couvre les dommages causés au tiers. Déclarez rapidement le sinistre à votre assureur avec le constat amiable et les pièces disponibles.

Si vous avez également été blessé lors de l'accident, sachez que la RC ne couvre pas vos propres blessures. Seule une garantie corporelle conducteur vous permettra de pouvoir demander à être indemnisé pour vos propres dommages physiques. 

Oui, il est tout à fait possible de remplir un constat amiable après un accident impliquant une trottinette électrique. Ce document n’est pas réservé aux voitures : il s’applique à tout accident avec un tiers (automobiliste, cycliste, piéton). Il permet de décrire précisément les circonstances et facilite l’indemnisation par les assurances.

La responsabilité est déterminée selon les règles du Code de la route et les circonstances de l’accident. 

La trottinette électrique est un moyen de déplacement pratique, mais qui comporte des risques réels, notamment en milieu urbain. Les accidents impliquent souvent des chutes seules, des collisions avec des véhicules ou des renversements de piétons. Le port du casque en trottinette électrique, bien que non obligatoire pour les adultes en milieu urbain mais obligatoire hors agglomération, est fortement recommandé à chaque fois que vous roulez pour limiter les conséquences d'une chute. Respecter le Code de la route (vitesse, priorités, zones de circulation autorisées) est primordial. Enfin, assurez vous d'avoir les équipements obligatoires et de disposer des équipements recommandés en plus d'être bien assuré.

Pour circuler, votre trottinette électrique doit être équipée de feux avant et arrière, de dispositifs réfléchissants (catadioptres), d’un avertisseur sonore et d’un système de freinage efficace. En plus de ces équipements, le port d’un gilet réfléchissant est obligatoire la nuit ou lorsque la visibilité est insuffisante. Le port du casque est recommandé partout, et obligatoire hors agglomération. Le non-respect de ces obligations peut entraîner une amende et engager votre responsabilité en cas d’accident.