Assurance perte d’exploitation entreprise 

Mise à jour le 17 décembre 2025
Temps de lecture : 3 minutes

Incendie, explosion, dégâts des eaux... En cas de sinistre entraînant la destruction totale ou partielle de votre outil de travail, les conséquences financières peuvent être très importantes :

  • arrêt de l’activité
  • maintien des charges fixes
  • dépenses supplémentaires occasionnées par la recherche de solutions
Comment vous prémunir contre cette situation et la baisse de bénéfices qu’elle peut engendrer ?
 
Pour pallier ce manque à gagner qui pourrait conduire à la cessation de votre activité, les
contrats d ’assurance multirisque professionnelle proposent des garanties de protection financière, et notamment des garanties en cas de pertes d’exploitation.

Prévention perte d'exploitation

On parle de perte d’exploitation lorsque, après un sinistre entraînant la destruction de l’outil de travail, l’activité s’arrête ou ralentit. L’entreprise voit donc son chiffre d’affaires diminuer alors qu’elle doit continuer à payer ses salariés et rembourser ses intérêts d’emprunt. Sans compter les dépenses supplémentaires engagées pour la mise en place de solutions permettant de continuer l’activité (location de locaux temporaires, ….).

Par ailleurs, le délai entre la survenue du sinistre et la reprise d’activité peut être plus ou moins long, selon les dommages subis. Plusieurs mois peuvent s’écouler !

L’assurance perte d’exploitation n’est pas une garantie qui fonctionne en toutes circonstances. Elle s’active uniquement lorsque l’entreprise subit un sinistre reconnu par son contrat d’assurance. 

Les cas les plus fréquents sont les suivants : 

  • un incendie : destruction partielle ou totale du local qui empêche de travailler 
  • un dégât des eaux : inondation dans une boutique, infiltration dans un bureau, matériel endommagé 
  • une catastrophe naturelle : tempête, tremblement de terre ou inondation massive 
  • une panne électrique prolongée stoppant la chaîne de production d’une usine 
  • une tempête qui détruit une partie d’un bâtiment industriel 
  • une fermeture administrative imposée par une autorité compétente après un événement garanti. 

Il est important de noter que ces sinistres ne sont pas tous couverts par défaut : cela dépend   des garanties et dommages aux biens prévues dans votre contrat, certaines garanties étant automatiques et d’autres optionnelles. Il est donc essentiel de bien lire les conditions de votre contrat et de vérifier les garanties souscrites. 

Certaines entreprises sont plus exposées aux risques de pertes d’exploitation que d’autres. Chaque entreprise doit évaluer ses propres risques pour déterminer ses besoins. L’assurance perte d’exploitation concerne avant tout les structures dont l’activité repose fortement sur des locaux, du matériel ou une chaîne de production difficile à remplacer rapidement. 

  • Les commerces de proximité, comme les boulangeries, pharmacies ou restaurants, sont particulièrement concernés. Si un incendie ou un dégât des eaux immobilise leur boutique, la perte de chiffre d’affaires est immédiate, mais les charges fixes, elles, continuent de peser sur la trésorerie. 
  • Les industries et ateliers, qui utilisent beaucoup de machines ou de stocks, sont aussi très exposés. Un sinistre les prive souvent d’outils essentiels au maintien de la production. Cela peut avoir pour conséquence une baisse des ventes, des difficultés à honorer des commandes ou même une perte de clients. 
  • Les prestataires de services implantés dans des locaux spécialisés, comme les cabinets vétérinaires, dentaires ou les centres de formation, doivent également se protéger. Leur activité peut s’arrêter du jour au lendemain suite à un sinistre, ce qui fragilise vite l’équilibre financier si les frais fixes restent élevés. 

De manière générale, toute entreprise qui craint qu’un sinistre majeur engendre une interruption, totale ou partielle, de son activité doit envisager cette assurance. C’est une couverture particulièrement adaptée si l’entreprise ne peut fonctionner de manière délocalisée ou télétravaillée, ou si la reprise en cas de coup dur s’annonce longue et coûteuse. 

Enfin, les entreprises travaillant avec des sous-traitants ou ayant d’importantes obligations contractuelles (délais, pénalités) bénéficient aussi de ce type d’assurance. Elle leur permet de maintenir leur activité et leur réputation si un aléa majeur se présente. 

Il est possible d’adapter la garantie perte d’exploitation à des risques spécifiques, comme la dépendance à un fournisseur clé ou à un équipement unique.

Pour éviter les dommages matériels et les pertes d'exploitation qu’ils peuvent entraîner, il est important de vous prémunir contre certains sinistres aux conséquences particulièrement importantes tels que :
  • incendie, explosion, chute de la foudre
  • tempêtes, grêle, neige
  • dommages électriques
  • dégât des eaux
  • bris de machine
  • attentats, actes de vandalisme
  • catastrophes naturelles
dommage grele

En plus de souscrire une assurance, il est essentiel de mettre en place des mesures préventives pour minimiser les impacts de ces sinistres.

L’établissement d’un document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP) (obligatoire dès le premier salarié)  peut vous permettre d’identifier les risques les plus susceptibles de se produire au sein de votre entreprise, puis de mettre en place les mesures préventives adéquates. Il est également important de réévaluer régulièrement le DUERP pour s’assurer qu’il reflète les changements dans l’entreprise ou l’environnement.

Si certains risques restent difficilement prévisibles (aléas climatiques par exemple), vous devez pouvoir estimer le temps d’interruption de votre activité, selon plusieurs scénarii de sinistre. Plusieurs facteurs influencent cette durée, notamment :

  • temps nécessaire à la reconstruction des bâtiments et au réapprovisionnement
  • délai de remplacement du matériel
  • délais de fabrication
  • caractère saisonnier ou non de l’activité
  • possibilité de maintenir une activité partielle malgré le sinistre
  • possibilité de sous-traitance

Cette estimation est essentielle : elle conditionne la durée d’indemnisation à souscrire dans votre garantie perte d’exploitation.

Tentez également d’évaluer le coût d’un arrêt d’activité partiel ou total, sachant que vous aurez toujours à régler vos charges fixes et que vous devrez engager des frais supplémentaires. N’oubliez pas d’inclure dans votre estimation la perte de bénéfices occasionnée.

Cette analyse vous permettra de construire "un plan B" prévisionnel, en identifiant des solutions dès aujourd’hui (locaux de remplacement, sous-traitants). Le cas échéant, cela vous évitera des pertes de temps (et donc d’argent) supplémentaires !

Autre intérêt de la démarche : vous permettre de souscrire une garantie Perte d’exploitation adaptée aux besoins de votre activité.
 

Alors que l’assurance des "dommages aux biens" indemnise les dommages matériels aux locaux, machines, marchandises…, l’assurance « Pertes d’exploitation » vise à compenser les effets de la diminution de votre chiffre d’affaires et de faire face à vos charges fixes ainsi qu’à une baisse de votre résultat.

Le contrat d’assurance peut proposer deux types de garanties : les Pertes d’exploitation ou les Frais d’exploitation seuls.

assurance pertes exploitation
Des garanties de base couvrant :
  • la perte consécutive à la baisse du chiffre d’affaires causée par l’interruption ou la réduction de l’activité ou perte de marge brute  ;
  • les frais supplémentaires d’exploitation engagés à la suite du sinistre pour en limiter les conséquences. 
  • location de matériel ou de locaux, installations provisoires, recours à des fabrications extérieures, frais exceptionnels de transport, de publicité.
Location de matériel ou de locaux, installations provisoires, recours à des fabrications extérieures, frais exceptionnels de transport, de publicité. Chiffre d’affaires – charges variables y compris les charges salariales
Des garanties complémentaires couvrant :
  • les frais complémentaires (dépenses exceptionnelles : pub, location provisoire, stocks d’urgence...) de maintien sur le marché de produits et/ou services fournis par l’entreprise pour éviter une perte de clientèle  ;
  • les éventuelles pénalités de retard dues aux clients à la suite du sinistre garanti.

Le montant de la garantie tient compte de la marge brute du dernier exercice connu. Cette base de calcul est ajustée selon la croissance prévisible de l’entreprise et du contexte économique. 
La garantie Pertes d’exploitation n’indemnise généralement l’entreprise que si elle a aussi souscrit une assurance couvrant les dommages matériels directs causés par les événements garantis (incendie, explosion, dégât des eaux…).

C'est l'entreprise qui détermine la période d'indemnisation avec l'assureur au moment de la souscription du contrat. La période doit permettre à l’entreprise de redémarrer son activité et de retrouver son équilibre financier d'avant sinistre.

Informations publiées en juillet 2022.

Non, l’assurance perte d’exploitation n’est pas obligatoire en France. Cependant, elle est fortement recommandée pour toutes les entreprises dont l’activité dépend fortement de locaux, de machines ou d’un réseau de distribution. Sans cette couverture, une société qui subit un sinistre majeur (incendie, inondation, panne longue) doit assumer seule la baisse de chiffre d’affaires et le poids de ses charges fixes, ce qui peut mettre en péril sa survie.

Le choix d’une assurance perte d’exploitation doit se faire en fonction de plusieurs critères : 

  • la durée d’indemnisation : il faut qu’elle couvre le temps réellement nécessaire pour reprendre une activité normale, ce qui peut aller de 12 à 36 mois selon les secteurs 
  • la marge brute assurée : c’est le montant de référence qui déterminera l’indemnisation. Il doit être évalué avec précision à partir des derniers exercices comptables 
  • les garanties complémentaires : par exemple, la couverture des pénalités de retard, les frais supplémentaires pour conserver la clientèle ou encore l’indemnisation liée à des événements exceptionnels (attentats, mouvements sociaux, cyberattaques) 

Un audit préalable des risques et des besoins de l’entreprise est essentiel pour adapter le contrat. 

Voici les étapes pour souscrire une assurance perte d'exploitation : 

  1. Évaluation des risques : un bilan des vulnérabilités de l’entreprise (locaux, équipements, dépendance à certains fournisseurs, caractère saisonnier de l’activité). 
  2. Choix de la formule : définir la période d’indemnisation, les types de sinistres couverts et les éventuelles extensions. 
  3. Fixation du montant de la garantie : basé sur la marge brute annuelle et ajusté selon les perspectives de croissance. 
  4. Signature du contrat : après validation du devis, la couverture est intégrée à votre police d’assurance professionnelle. 

Oui, certains contrats permettent d’inclure une garantie pertes d’exploitation "dépendance". Celle-ci couvre les conséquences financières si un sinistre touche un fournisseur clé, un sous-traitant ou même un client majeur, et empêche indirectement votre entreprise de fonctionner. Par exemple : la panne prolongée d’un fournisseur exclusif de matières premières, ou l’arrêt d’activité d’un sous-traitant essentiel à votre chaîne de production.