Chauffage en entreprise : comment réduire les risques d'incendie ? 

Mise à jour le 12 octobre 2026

Temps de lecture : 8 minutes

Qui dit chauffage dit source de chaleur et transport d’énergies thermique ou électrique, donc danger. Avec ou sans fluide, direct ou indirect, le système de chauffage comporte un certain nombre de risques qu’il faut appréhender pour éviter tout accident.

Qu’il ait une fonction thermique ou de séchage, qu’il soit utilisé dans les processus industriels ou pour le confort des locaux, le chauffage en entreprise présente des risques d’incendie.

Il est donc important de s’intéresser au type de chauffage, au combustible utilisé, à l’emplacement de l’appareil, aux dispositifs de sécurité... et de mettre en place les mesures de prévention adéquates.

L'essentiel :

Le chauffage en entreprise, bien que nécessaire, présente un risque d'incendie important, nécessitant des mesures de prévention telles que l'entretien régulier des installations, le respect des normes de sécurité et la formation du personnel.

Le risque incendie lié au chauffage désigne la probabilité qu'un système de chauffage déclenche ou contribue à un départ de feu dans un environnement professionnel. Ce risque est particulièrement préoccupant car il combine plusieurs facteurs dangereux : présence de combustibles (gaz, fioul, bois), sources d'inflammation (flammes, surfaces chaudes, étincelles) et proximité avec d'autres matériaux inflammables présents dans l'entreprise.

Les conséquences d'un incendie d'origine thermique peuvent être dramatiques : 

  • Sur le plan humain, elles vont de blessures légères à des décès, principalement causés par l'inhalation de fumées toxiques.
  • Sur le plan matériel, les dégâts touchent les bâtiments, les équipements et les stocks, tandis que l'impact économique inclut l'arrêt d'activité, la perte de clients et parfois la fermeture définitive de l'entreprise. Dans ce contexte, disposer d’une assurance des biens professionnels adaptée permet de limiter les conséquences financières d’un sinistre et d’accompagner plus rapidement la reprise d’activité.

Le chauffage est l'un des postes de dépense les plus importants pour une entreprise. Face à la flambée des prix de l'énergie, il est essentiel de choisir la bonne source de chauffage lors de l'installation.

Aujourd'hui, vous avez le choix entre de nombreux modes de chauffage :

  • la chaudière à gaz
  • les radiateurs électriques
  • la pompe  à chaleur (PAC)
  • la climatisation réversible
  • le chauffage au sol
  • l'énergie solaire et l'éolien...

Depuis le 1er juillet 2022, il n'est plus possible d'installer une nouvelle chaudière au fioul dans la grande majorité des cas. Cette interdiction connaît toutefois quelques dérogations, notamment lorsqu'aucune solution alternative n'est techniquement envisageable. Elle concerne l'installation de nouveaux équipements : une chaudière déjà en place peut continuer à fonctionner, à condition d'être correctement entretenue. Avant tout remplacement, renseignez-vous auprès de votre chauffagiste pour savoir si votre situation relève d'une exception.

Le choix d'un mode de chauffage dépend bien entendu de multiples critères :

  • des activités de votre entreprise
  • du type de bâtiment (industriel ou tertiaire)
  • de sa surface (plus ou moins grand)
  • de la situation géographique
  • de l'utilisation de l'équipement (chauffage uniquement ou production d'eau chaude et climatisation)
  • du taux d'occupation
  • de la source de chauffage disponible
  • du nombre d'ouvertures
  • de l'isolation
  • de l'environnement de travail
  • de l'aspect sécurité...

Le chauffage des locaux professionnels est encadré par plusieurs textes réglementaires qui définissent vos obligations en tant qu'employeur.

L' article R4223-13 du Code du travail(1) l'employeur doit maintenir les locaux fermés où travaillent ses salariés à une température adaptée, en toute saison. Cette température dépend à la fois de la nature de l'activité exercée et de l'environnement de travail.

À titre indicatif, les températures recommandées varient selon l'activité exercée :

  • 19°C pour les bureaux (travail sédentaire) ;
  • 16 à 18°C pour un travail physique léger ;
  • 14 à 16°C pour un travail physique intense.

L' article R241-26 du Code de l'énergie(2) fixe quant à lui une limite maximale de chauffage à 19°C en moyenne pour les locaux à usage de bureau.

Les exigences de température diffèrent selon la nature des espaces professionnels :

Pour les bureaux :

  • température de confort entre 19 et 21°C ;
  • humidité relative entre 40 et 60%.
  • Pour les ateliers et entrepôts :
  • 18°C pour un travail physique léger en position debout ;
  • 16°C minimum pour les locaux où s'exerce un travail physique soutenu ;
  • des dérogations peuvent s'appliquer pour certains locaux techniques spécifiques.

Zoom réglementaire : En période de sobriété énergétique, le gouvernement recommande une température de 19°C dans les bureaux, avec une baisse à 16°C la nuit et 8°C lors des fermetures prolongées. 

risque incendie entreprise

Les entreprises utilisent principalement 3 modes de chauffage :

  • Le chauffage indirect avec fluide intermédiaire : la chaudière qui contient un fluide intermédiaire ou "caloporteur" (eau, vapeur, huile...) le chauffe et le transmet via des tuyaux vers un émetteur.
  • Le chauffage indirect sans fluide intermédiaire : l’air est prélevé directement puis chauffé au moyen d’un brûleur alimenté par un combustible liquide (fioul), solide (bois, charbon) ou gazeux (gaz de ville, propane…).
  • Le chauffage direct sans fluide intermédiaire : il peut être à air chaud pulsé par un ventilateur ou par rayonnement infrarouge. Les appareils de chauffage mobiles sont à éviter.

Pour comprendre le risque incendie, il faut connaître le triangle du feu : la combinaison d'un combustible, d'un comburant (généralement l'oxygène de l'air) et d'une source d'inflammation. Les systèmes de chauffage peuvent réunir ces trois éléments.

Les entreprises utilisent différents types de chauffage, chacun présentant des risques spécifiques :

  • Chauffage au gaz : fuites, mauvaise combustion, ventilation insuffisante pouvant conduire à des explosions ou intoxications
  • Chauffage au fioul : stockage inadapté, fuites de combustible, surchauffe du brûleur
  • Chauffage électrique : surcharges, court-circuits, vétusté des installations, radiateurs d'appoint non conformes
  • Chauffage au bois : stockage inapproprié, accumulation de poussières, défauts d'évacuation des fumées
  • Pompes à chaleur : défaillances électriques, surchauffe des compresseurs

Les causes fréquentes d'incendie incluent :

  1. Le défaut d'entretien des installations (conduits encrassés, filtres obstrués)
  2. L'installation non conforme (absence de dispositifs de sécurité, non-respect des distances)
  3. Le stockage inadapté des combustibles à proximité des sources de chaleur
  4. La surcharge des circuits électriques, particulièrement avec des radiateurs d'appoint
  5. Les travaux par points chauds (soudure, découpe) à proximité des installations de chauffage

À éviter : Ne jamais stocker de matériaux combustibles (cartons, papiers, produits chimiques) à moins d'un mètre des appareils de chauffage, même éteints.

Chaudière
Un combustible liquide

Prévoir :

  • un bac de rétention autour de la chaudière
  • un extincteur automatique à poudre au-dessus du brûleur
  • un coupe-circuit arrêtant le fonctionnement de la pompe d’alimentation en combustible
Un combustible solide

Prévoir :

  • la pose d’un extincteur automatique 
  • pas plus d’une journée de stockage de combustible à la fois
Un combustible gazeux

Prévoir :

  • la pose autour du générateur d’une main courante ou d’une grille à mailles serrées entre la main courante et le sol 
  • des appareils qui disposent d’un système de coupure automatique d’arrivée de gaz en cas d’extinction automatique de la flamme
  • des vannes de barrage facilement accessibles à l’extérieur et à l’intérieur du bâtiment
Quelle que soit l’énergie utilisée, veillez à ce que la chaudière soit toujours dégagée de toute matière combustible, propre et munie d’un extincteur approprié.
Appareils de chauffage
Un combustible solide ou liquide

Prévoir :

  • la pose autour du générateur d’une main courante ou d’une grille à mailles serrées entre la main courante et le sol.
  • la pose d’un extincteur automatique au-dessus du brûleur.

La mise en place d’une rétention autour du générateur et un coupe-circuit arrêtant le fonctionnement de la pompe d’alimentation en combustible (pour les combustibles liquides uniquement).

Un combustible gazeux

Prévoir :

  • La pose autour du générateur d’une main courante ou d’une grille à mailles serrées entre la main courante et le sol.
  • Des appareils qui disposent d’un système de coupure automatique d’arrivée de gaz en cas d’extinction automatique de la flamme.
  • Des vannes de barrage facilement accessibles à l’extérieur et à l’intérieur du bâtiment.

Dans tous les cas, éloignez les matières combustibles de la production de chaleur. Les gaz de combustion doivent être évacués par un conduit réalisé en matériau incombustible.

 
 

Si vous enterrez une cuve de liquides inflammables, privilégiez les cuves à double paroi munies d’un détecteur de fuite avec report d’alarme.

Si vous utilisez une cuve aérienne, une rétention d’une contenance égale au contenant doit être réalisée autour de la cuve.

Si vous envisagez l'installation d'un équipement de chauffage, nous vous conseillons de faire appel à un chauffagiste professionnel Qualibat "RGE" (Reconnu Garant de l’Environnement) 

Les entreprises Qualibat RGE sont des entreprises qualifiées qui ont fait la preuve de leur efficacité dans le domaine de l’amélioration énergétique.

Un professionnel RGE pourra vous aider à définir vos besoins et à choisir une solution adaptée à vos contraintes et à votre activité. Vous éviterez ainsi de surdimensionner vos systèmes de chauffage. 

Retrouvez l'annuaire des professionnels certifiés RGE sur le site 

france-renov.gouv.fr

Sources : 

L'employeur doit garantir un confort thermique minimal aux salariés. Ce qui nécessite généralement la mise en place d'un système de chauffage, en particulier lors des périodes froides. Cette obligation s'inscrit dans le Code du travail, qui prévoit que l'employeur doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et la santé des travailleurs, ce qui inclut le maintien d'une température convenable dans les locaux.

La réglementation ne fixe pas une température précise. En pratique, une température minimale de 19°C est recommandée dans les bureaux et locaux occupés en permanence. Pour les ateliers ou locaux industriels, la température peut varier selon la nature de l'activité, mais l'employeur doit veiller à un confort thermique suffisant pour préserver la santé et la productivité des salariés. En cas de doute, il est conseillé de se référer aux préconisations de l'INRS ou de l'inspection du travail.

Les chauffages d'appoint sont tolérés, mais leur usage est strictement encadré. Ils doivent être conformes aux normes en vigueur, placés à distance des matériaux inflammables et ne jamais être laissés sans surveillance. En cas d'utilisation, il est fortement recommandé de privilégier des équipements récents et certifiés, et d'informer le personnel des risques spécifiques liés à ces appareils.

Oui, il est indispensable d'informer votre assureur de toute installation, modification ou remplacement d'un système de chauffage. Cela permet d'actualiser votre contrat d'assurance et de garantir que vous êtes bien couvert en cas de sinistre lié à ce type d'installation. Omettre cette déclaration pourrait compromettre la prise en charge en cas d'incendie ou d'accident.

Il est essentiel d'agir rapidement. Le salarié doit immédiatement prévenir le responsable sécurité ou l'employeur, évacuer la zone si nécessaire et ne pas tenter de réparer lui-même l'installation. L'accès au local technique doit être restreint, et un professionnel qualifié doit intervenir pour diagnostiquer et sécuriser l'équipement. En cas de suspicion de fuite de gaz ou de début d'incendie, il faut également alerter les secours sans délai.