Paris, le 4 décembre 2017

Épargner plus pour gagner moins

  • Le montant épargné par les ménages a baissé de 40% par rapport à son niveau d'avant crise, en Europe comme en France
  • Seuls les Allemands épargnent plus, sans grand succès
  • Avec des rendements moyens sur leurs actifs de 4,6%, les ménages français sont dans la moyenne européenne
  • La stratégie finno-néerlandaise, orientée actions, est plus rémunératrice

Le dernier rapport du groupe Allianz « Rendements des actifs privés dans certains pays de la zone euro », étudie le comportement d’épargne des ménages dans neuf pays européens depuis 2003. Il s’intéresse non seulement au volume de l’épargne, mais également aux contributions des revenus d’investissement et des plus-values (rendement implicite des actifs financiers) avant, pendant et après la crise.

Des plus-values en hausse et une épargne en baisse

La croissance annuelle moyenne des actifs par tête dans les pays étudiés est passée de 5,3 % entre 2003 et 2007 à 3,7 % entre 2012 et 2016. Parallèlement, les moteurs de la croissance des actifs (épargne et plus-values) ont radicalement changé. Au cours des cinq dernières années, tandis que les plus-values ont augmenté de près de 50 % par rapport à leur niveau d’avant-crise, l’épargne par tête a reculé, elle, de plus de 40 % pour atteindre 1060 EUR par an.

À l’exception de l’Allemagne, où l’épargne des ménages a progressé d’un tiers, cette tendance est commune à tous les pays étudiés. Les baisses les plus significatives des montants épargnés concernent les ménages italiens, espagnols et portugais: ces cinq dernières années, la constitution d’actifs financiers par tête a reculé de 80 à 90 % par rapport aux années d’avant-crise dans ces pays. Ce phénomène s’explique par la crise économique qui a contraint les ménages à réduire les montants épargnés, voire à vendre des placements financiers.

En France, l’épargne des ménages (1190 EUR par tête et par an) a diminué d’environ 40%, en comparaison avec son niveau d’avant-crise. Les plus-values moyennes ont en revanche légèrement augmenté à 1550 EUR par tête. « La crise a bouleversé les comportements d’épargne en Europe, explique Ludovic Subran, chef économiste adjoint du groupe Allianz. Dans l’ensemble, les ménages mettent beaucoup moins d’argent de côté. Dans le même temps, ils bénéficient de la hausse des prix des actifs en droite ligne avec les faibles taux d’intérêt. En d’autres termes, la politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) compense en partie les efforts d’épargne des ménages. »

Des stratégies d’épargne différentes

Afin d’atteindre leurs objectifs d’épargne, les ménages peuvent utiliser les revenus de leurs investissements ou leurs revenus du travail. Les revenus de l'investissement sont restés globalement stables sur la période dans tous les pays : l’augmentation de deux tiers du patrimoine financier entre 2003 et 2016 a compensé la baisse constante des rendements.

Toutefois, des différences notables ont été observées parmi les pays et les périodes étudiées quant aux efforts d’épargne reposant sur les revenus du travail. À l’exception des Pays-Bas, les ménages de tous les pays recouraient à leurs revenus de l'investissement, mais aussi à leurs revenus du travail, pour épargner entre 2003 et 2007 (près de 400 EUR en moyenne par tête et par an). Pendant la crise, les revenus du travail ont été utilisés pour la constitution d'un patrimoine en France (290 EUR), en Allemagne (250 EUR) et en Autriche (370 EUR). Depuis 2012, cela n’est vrai que pour l’Allemagne (700 EUR), où le montant épargné a doublé par rapport à la période d’avant-crise, et l’Autriche (230 EUR). En revanche, dans tous les autres pays, l’épargne a été exclusivement financée par les revenus de l'investissement – aussi utilisés comme compléments de revenus – à hauteur de 700 EUR par tête et par an. En France, ce montant s’élève à 170 EUR.

Pas de risque, pas de rendement

Le recours important aux revenus du travail dans le cadre de l’épargne peut permettre de compenser la faiblesse des rendements des actifs. Pendant les années caractérisées par une politique monétaire accommodante, les rendements des actifs ont atteint les plus bas niveaux en Allemagne et en Autriche, à 3,4 % et 2,6 % respectivement. Seul le Portugal a affiché des rendements aussi bas (3,2 %), en raison des performances négatives de son marché boursier.

En Allemagne et en Autriche, c'est la composition des portefeuilles (beaucoup de dépôts bancaires et pas assez d'actions) qui est en cause. « Les maigres rendements obtenus par les ménages allemands, malgré leurs efforts d’épargne accrus, en disent long : en période de faiblesse extrême des taux, les épargnants doivent se montrer plus audacieux, précise Kathrin Brandmeir, coauteure de l’étude. Il est nécessaire de faire une croix sur les livrets d’épargne peu rémunérateurs et de se tourner vers des investissements plus risqués pour obtenir de meilleurs rendements et faire durablement fructifier ses actifs. »

C’est ce qu’ont compris les ménages finlandais. Ils ont engrangé les rendements les plus élevés (7,9 % au cours des cinq dernières années) parmi tous les pays en investissant le plus dans les actions. En 2016, plus d’un tiers de leur portefeuille était composé d’actions, tandis qu’en Autriche et en Allemagne, les actions ne représentent respectivement que 4,7 % et 6,8 % des actifs financiers. Avec des rendements s’élevant à 4,6 %, les ménages français se classent dans le milieu de tableau des pays étudiés. Les actions représentent 14 % de leur portefeuille, soit plus de deux fois plus qu’en Autriche et en Allemagne.

Le rendement moyen des actifs a seulement perdu 0,5 point de pourcentage par rapport à son niveau d’avant-crise pour atteindre 4,8 % dans les pays étudiés grâce à la hausse des plus-values réalisées. Si l’on prend en compte l’inflation, le rendement a en réalité gagné 0,5 point de pourcentage au cours des cinq dernières années pour s’établir à 3,7 %. Les foyers finlandais (6,6 %) et néerlandais (5,2 %) ont surclassé les autres pays. Aux Pays-Bas, les ménages ont même indirectement contribué à l’évolution positive du marché de capitaux grâce à la part importante de leurs actifs investis dans des plans de pension. En réel aussi, la France occupe le milieu du classement européen avec 3,8 %.

Les épargnants allemands, portugais et autrichiens se situent quant à eux en bas de tableau, avec des rendements réels moyens s’élevant à 2,4 %, 2,3 % et 1 % respectivement. Même les ménages espagnols durement touchés par la crise ont obtenu des rendements nettement supérieurs (4,9 %) malgré des efforts d’épargne moindres. « Les Allemands épargnent beaucoup, sans grand succès, ajoute Kathrin Brandmeir. C’est la hausse du prix des actifs qui influe réellement sur les rendements. »

Ce qu’il faut retenir : les actifs financiers peuvent fructifier même lorsque les taux d’intérêt sont bas. Deux solutions s’offrent aux épargnants : engranger des rendements élevés en investissant principalement dans les marchés de capitaux (stratégie finno-néerlandaise) ou limiter leur consommation et injecter une plus grande part de leurs revenus professionnels dans l’épargne (stratégie germano-autrichienne).

Évolution des rendements des actifs financiers depuis 2003

Allianz - tableau

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