La génèse des assurances

L’origine des assurances

Se protéger contre l’imprévu, un désir ancien de l’homme

Depuis toujours, les hommes veulent se protéger de l'imprévu. C’est particulièrement vrai des négociants du commerce maritime ! C'est véritablement sous leur impulsion que commence l'histoire des assurances.


Il était une fois... Jean-Baptiste Colbert

Ce brillant administrateur français, recommandé au roi Louis XIV par Mazarin, est l'artisan du cadre légal de la toute 1e loi sur l'assurance maritime.

Surintendant des Bâtiments du roi, intendant des Finances, secrétaire d'État à la Maison du roi et à la Marine… Telles sont les différentes fonctions occupées par ce grand commis de la monarchie.

Puis vint l’année 1681, date de naissance d’une nouvelle ordonnance royale inspirée par Colbert, lançant officiellement le commerce de l'assurance…

L'assurance maritime, de l'ordonnance royale à la Compagnie Générale

Un texte fondateur des assurances modernes…

En 1681, Colbert inspire une nouvelle ordonnance royale lançant officiellement le commerce de l'assurance. Ce document original et de portée très générale, conçu par Colbert, fixe les contours des tout 1ers contrats d'assurances du monde moderne.

Généraliste, de portée universelle mais capable aussi d'une grande précision, ce texte sera adopté peu à peu dans la plupart des pays européens.

Colbert y détaille déjà des problèmes précis :
- de juridiction maritime,
- d'armement des navires,
- de protection des biens et des personnes.
Il va même jusqu'à donner des définitions précises des fortunes de mer et des avaries potentielles des grands bâtiments à voile de l'époque !



… à l’origine de la 1e Compagnie générale pour les assurances maritimes en France

La 1e Compagnie générale pour les assurances maritimes voit donc naturellement le jour en France au cours de l’année 1686. Ainsi, tous les éléments du contrat d'assurance maritime, son fonctionnement et ses effets, sont clairement établis dès le XVIIème siècle.

Les modifications qui suivront n'aborderont plus que des détails résultant des évolutions, des inventions et des progrès de la navigation.

La naissance des assurances terrestres

Un prolongement naturel des assurances maritimes

Complémentaires de l'assurance maritime, des assurances « terrestres » apparaissent au XVIIème siècle pour assurer, par exemple, le transport des marchandises arrivées par la mer. En Angleterre, une assurance sur la vie des navigateurs entre même en vigueur.

Des freins théologiques à leur essor

Mais ces assurances se démocratisent mal en Europe, quand elles ne sont pas purement et simplement interdites. En cause notamment : l'interdiction du prêt à intérêt, dicté par l'Église.

En France, une ordonnance de 1681 proscrit les assurances sur la vie. Les tontines, du nom de leur créateur, Tonti, comme les rentes viagères, se développent alors considérablement.

Le risque d'incendie

Un développement longtemps retardé

En France il n'existe, jusqu'en 1717, que les « bureaux des incendiés », dont l'initiative revient à l'Église. Paradoxe : l'assurance contre l'incendie est prévue dès 1686. Pourtant, ce n'est qu'un siècle plus tard qu'est créée la 1e compagnie d'assurance contre le feu, sous l'impulsion des frères Périer, directeurs de la Compagnie des Eaux.

Sous la Révolution, les Compagnies royales d'assurances incendie et vie deviennent suspectes. Résultat : elles sont liquidées par décret, en août 1793. Aucune Compagnie d'assurance n'obtient l'autorisation de se reformer. Seule la tontine échappe aux rigueurs des révolutionnaires.


1815 et la Restauration : une rupture

Quelques mutuelles sont ensuite autorisées sous le Consulat et l'Empire, mais leur essor véritable débute à partir de la Restauration, en 1815. Les Compagnies d'assurances à primes apparaissent. Parmi elles, la Compagnie d'Assurances Générale et la Compagnie française du Phénix, ancêtres prestigieuses du Groupe AGF et d’Allianz France aujourd’hui.