L’actualité des marchés financiers

(édition avril 2018)


A retenir

Confirmation d’une croissance mondiale solide et synchronisée. La réforme fiscale de Donald Trump votée en décembre 2017 bénéficiera à l’économie américaine en 2018.

Si l’inflation devrait progressivement accélérer en 2018, elle restera en ligne ou sous les cibles des banques centrales ce qui leur permettrait de resserrer très progressivement leurs politiques monétaires.

Ce contexte reste favorable aux actifs risqués même si la volatilité devrait remonter. Des réactions excessives des banques centrales ou des risques politiques (protectionnisme par exemple) et géopolitiques sont à surveiller.

Bilan économique et financier

Une croissance mondiale forte et synchronisée

La croissance mondiale du PIB en 2017 a finalement été de +3,7% selon le FMI sans la moindre fausse note puisqu’aucun pays de l’OCDE n’était en récession, une première depuis 2007. Parmi les pays développés, la zone euro a été particulièrement dynamique (+2,5%), suivie par les États-Unis (+2,3%). Dans les pays émergents, la Chine a ré-accéléré (+6,9%) pour la 1ère fois depuis 2011 alors que la Russie et le Brésil sont sortis de récession.

Les perspectives en 2018 restent favorables puisque le FMI s’attend à une légère accélération de la croissance à +3,9%. Le fait majeur qui soutiendrait cette bonne performance serait la mise en place de la réforme fiscale de Donald Trump votée en décembre 2017. Celle-ci favoriserait à la fois la consommation (grâce aux baisses des tranches  marginales d’imposition sur le revenu) et l’investissement (via la réduction du taux d’imposition sur les sociétés de 35% à 21%). L’économie afficherait ainsi une croissance du PIB supérieure en 2018 à celle de 2017. L’autre source favorable proviendrait  des pays émergents où le Brésil poursuivrait son redressement et où l’Inde repartirait de l’avant (+7,4% attendu en 2018 après +6,7% en 2017), les effets négatifs de certaines réformes structurelles se dissipant.

Des banques centrales prudentes

Cette croissance synchronisée se traduit par une baisse généralisée des taux de chômage comme aux États-Unis à 4,1% de la population active, en zone euro à 8,6% ou encore au Japon à 2,8% soit des niveaux proches du plein-emploi pour chaque zone. Si cela s’est matérialisé par une hausse dynamique des salaires de +2,9% sur un an aux États-Unis en janvier, les hausses restent très sages dans les autres pays développés. De plus, les effets sur l’inflation sont pour l’instant limités. Si l’on ne parle plus de déflation, il est difficile de s’inquiéter de l’inflation dans la mesure où les données sous-jacentes (les moins volatiles et peu sensibles aux prix de l’énergie) restent en-dessous des  cibles des banques centrales de +2% (+1,5% aux États- Unis, +1% en zone euro et +0,4 %  au Japon). De fait, les banques centrales resserreront leurs politiques monétaires de manière très graduelle.

La Réserve Fédérale américaine, après une nouvelle hausse de 0,25% des taux directeurs en fin d’année, pourrait les augmenter de nouveau trois fois en 2018 (comme en 2017) tout en réduisant progressivement son bilan. La BCE restera acheteuse de titres obligataires (30 Mds€ par mois) au moins jusqu’en septembre 2018 mais laissera ses taux directeurs à 0% pendant une période prolongée.

Une remontée de la volatilité

Après une année 2017 très calme sur les marchés financiers, la volatilité a fait son retour en février. D’un côté, la maturité du cycle économique aux États-Unis fait peser un risque de remontée trop brutale des taux d’intérêts américains dans un contexte d’économie endettée (sphère privée et publique). Sur ce volet, la banque centrale devrait rester vigilante face à tout dérapage. De l’autre, Donald Trump relance le risque protectionniste avec la hausse des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium. Une guerre commerciale élargie serait un mauvais signal envoyé au commerce mondial et à la croissance.