L’actualité des marchés financiers

(édition juillet 2018)


A retenir

La croissance mondiale est restée dynamique en début d’année grâce aux États-Unis notamment.

Mais des risques baissiers sont présents : le déclenchement d’une guerre commerciale Etats-Unis / Chine mais aussi les incertitudes politiques en Europe, tant en Italie qu’au Royaume-Uni.

Sans surprise, la volatilité est revenue sur les marchés sans qu’elle n’affecte outre mesure les performances. La guerre commerciale est un jeu perdant pour tout le monde et le scénario central reste une désescalade.

Bilan économique et financier

Une croissance toujours solide

L’environnement économique reste toujours aussi porteur, l’OCDE confirmant ses prévisions d’une accélération de la croissance mondiale en 2018 à +3,9% (après +3,7% en 2017).

Les États-Unis jouent un rôle moteur puisque la croissance y est proche de +3% en moyenne au premier semestre tirée à la hausse par le plan de relance fiscale voté en fin d’année dernière. Si ce rythme sera difficile à maintenir au 2nd semestre, la robustesse de l’investissement et du marché de l’emploi (taux de chômage à seulement 3,8%) plaident pour une poursuite d’un rythme de croissance modéré.

À l’inverse, la zone euro et le Japon ont ralenti même si ces zones restent sur une tendance plutôt favorable. Les dynamiques respectives de leur marché du travail et les hausses salariales qui commencent à se matérialiser sont positives et permettent d’entrevoir un rebond au 2nd semestre.

Dans les pays émergents, la Chine se tient toujours bien à +6,8%, le tout avec une moindre dépendance au crédit, ce qui est positif. L’Inde confirme qu’elle a absorbé les réformes menées par N. Modi avec une accélération de la croissance au-delà de +7,5%.

Le risque de guerre commerciale et la politique européenne remontent la volatilité

Si le panorama macro-économique est favorable, les velléités protectionnistes de D. Trump pourraient changer la donne. Fort du constat d’un déficit commercial annuel d’un peu plus de 800 Mds $ (dont la moitié avec la Chine) et compte-tenu de barrières faibles aux États-Unis (1,4% en moyenne), le Président américain souhaite rééquilibrer les termes des échanges avec certains partenaires commerciaux.

Ainsi après s’être attaqué à des sujets mineurs sur l’acier et l’aluminium, les États-Unis sont passés à la vitesse supérieure en taxant à hauteur de 25%, 34 Mds $ de produits importés chinois qui seront suivis de 16 Mds $ supplémentaires en juillet. La Chine a riposté immédiatement pour un montant identique en s’attaquant à des produits ciblés touchant l’électorat républicain. Si les mesures prises restent minimes (la moyenne des tarifs douaniers passant à 2,2%), le risque de guerre commerciale prend de l’ampleur, D. Trump évoquant ouvertement la possibilité de taxer 200 à 500 Mds de produits chinois mais aussi les voitures européennes, asiatiques ou produites au Mexique.

Le principal point d’achoppement de cette stratégie est que les États-Unis ont besoin d’importer de nombreux produits compte-tenu de leur forte consommation et qu’une hausse des tarifs douaniers conduira inexorablement à une hausse des prix qui ne fera qu’avancer la prochaine récession. Gageons que D. Trump en aura conscience une fois les élections de mi-mandat passées.

Après une accalmie suite à l’élection d’E. Macron, le risque politique est revenu en Europe avec les difficiles débuts de la coalition en Allemagne mais surtout la formation d’un gouvernement populiste en Italie (possibilité d’accroissement du déficit public dans un contexte de fort endettement du pays) et l’absence d’avancées tangibles au Royaume-Uni sur le Brexit.

Ces évènements se traduisent par plus d’incertitudes sur les marchés financiers et donc plus de volatilité (15% en moyenne au deuxième trimestre vs 10% en 2017). Cela n’affecte néanmoins pas les performances de la plupart des marchés actions en raison de la solidité des résultats, à l’exception des pays émergents.