L’actualité des marchés financiers

(édition juillet 2017)


A retenir

Les banques centrales sont à la manœuvre et préparent les marchés avec précaution au resserrement monétaire.

  • La croissance mondiale bien orientée est révisée en hausse et se resynchronise quelles que soient les zones.
  • La prime de risque politique qui pesait sur les actifs européens se dégonfle après l’élection française.
  • L’inflation reste sur des niveaux relativement bas malgré les bonnes orientations économiques.

Bilan économique et financier

Croissance mondiale, le millésime 2017 se présente bien

La conjoncture mondiale est restée favorable au 2e trimestre. En juin, l’OCDE a revu ses prévisions à la hausse et anticipe une progression du PIB mondial relativement dynamique de +3,5% (après +3,0% en 2016).

L’élection française passée, la visibilité est restaurée en zone euro

La zone euro représente la bonne surprise du début d’année avec une croissance annualisée de +2,3% au 1er trimestre. À l’image de 2016, celle-ci reste tirée à la hausse par les locomotives allemande et espagnole mais on note que, progressivement, la France et l’Italie raccrochent les wagons. Les perspectives sont positives avec des enquêtes de confiance bien orientées. Cette dynamique a été renforcée par la baisse du risque politique liée à l’élection d’Emmanuel Macron en France.

Le risque politique change de rive aux États-Unis

Après le choc de confiance provoqué par l’élection de Donald Trump, les indicateurs économiques se sont normalisés. En cause, l’absence de réformes majeures depuis le début de son mandat et le report de la réforme fiscale tant attendue. De fait, la tendance de croissance reste relativement stable autour de +2% (+1,4% au 1er trimestre).

Dans les pays émergents, la situation s’améliore progressivement

La Chine gère le ralentissement structurel de son économie tout en restant vigilante sur le niveau d’endettement tandis que la Russie et le Brésil se remettent lentement du contre-choc pétrolier de 2015-2016.

Malgré cet environnement, l’inflation ne réagit pas

Si la croissance se porte bien, la progression des prix reste limitée. Certes, les craintes déflationnistes semblent derrière nous mais l’inflation a ralenti au 2e trimestre. La baisse du prix du pétrole explique en partie ce ralentissement mais l’inflation sous-jacente (hors éléments volatils comme le pétrole) reste très sage (+1,6% aux États-Unis et +1,1% en zone euro).

Des banques centrales aux discours moins accommodants

En dépit de l’absence de tension sur les prix, les deux plus grandes banques centrales (Réserve Fédérale américaine et Banque Centrale Européenne) ont communiqué sur la nécessité de réduire le caractère très accommodant de leur politique monétaire.

Ainsi, après une nouvelle hausse de 25 points de base début juin (la 2e de l’année), la Fed souhaite poursuivre la hausse progressive de ses taux directeurs en 2017 et 2018. De plus elle envisage de commencer à réduire son bilan (400 Mds $ au total) sur un rythme très progressif et passant par le non-réinvestissement des lignes obligataires à échéance.

La BCE va, quant à elle, poursuivre ses achats d’actifs à hauteur de 60 Mds € par mois jusqu’à fin 2017. Pour 2018, une réduction progressive du QE est envisagée par M. Draghi. Néanmoins, contrairement à la Réserve Fédérale, un resserrement monétaire n’est pas à l’ordre du jour tant que l’inflation ne sera pas revenue vers l’objectif cible de +2%.