L’actualité des marchés financiers

(édition novembre 2017)


A retenir

  • La croissance mondiale est solide et surtout l’accélération est synchronisée dans la plupart des principales économies mondiales, à l’exception de l’Inde et du Royaume-Uni.
  • La faiblesse généralisée de l’inflation permet aux banques centrales de conserver des politiques monétaires très accommodantes.
  • Dans ce contexte macroéconomique plus serein, les risques politiques et géopolitiques sont les principaux facteurs de risque.

Bilan économique et financier

Une croissance mondiale robuste

Selon le FMI, la croissance mondiale atteindrait +3,6% en 2017 au plus haut depuis 2011 grâce à un rebond synchronisé de la quasi-totalité des économies.

Au 2e trimestre, le PIB a ainsi affiché des progressions trimestrielles de +3,0% aux États-Unis, +2,4% en zone euro et +6,8% en Chine, soit des chiffres dynamiques pour ces zones. Les enquêtes de confiance signalent qu’aucun retournement majeur n’est en vue, la plupart de celles-ci se situant sur des niveaux historiquement élevés.

Les seuls pays en ralentissement le sont via des facteurs spécifiques comme l’Inde (démonétisation de leurs billets de 500 et 1000 roupies) ou le Royaume-Uni (incertitudes liées au Brexit).

Peu de tensions inflationnistes

Si le pétrole a nettement rebondi d’un peu plus de 20% depuis fin juin grâce au rééquilibrage du marché pétrolier entre l’offre et la demande, force est de constater que l’inflation reste faible dans la majorité des économies mondiales.

En cause, une inflation sous-jacente qui n’accélère pas en l’absence de tensions salariales et ce malgré l’amélioration du marché du travail.

Le meilleur exemple se situe aux États-Unis où le taux de chômage est tombé à un point bas cyclique de 4,1% de la population active mais où la croissance salariale est très stable depuis près de deux ans : autour de +2,5% sur un an, à peine plus que l’inflation totale.

En zone euro, même si le marché du travail s’améliore avec une baisse du taux de chômage sous les 9% pour la première fois depuis février 2009, celui-ci reste au-dessus du seuil théorique à partir duquel une accélération des salaires pourrait avoir lieu.

Maintien de politiques monétaires accomodantes

Dans ce contexte d’inflation faible, les banques centrales ne sont pas pressées de retirer leur soutien monétaire voire l’amplifient pour certaines. Certes la réserve fédérale américaine a débuté le rachat d’une partie de son bilan et compte poursuivre la remontée des taux directeurs mais tout cela se fait à un rythme progressif (les rachats mensuels porteront sur 0,2% du bilan d’ici la fin de l’année). En zone euro, la BCE a même annoncé la poursuite de son programme d’achats d’actifs jusqu’en septembre 2018 pour des montants toutefois plus lents qu’actuellement (30 Mds € par mois plutôt que 60).

Dans les pays émergents, la tendance est à une forte baisse des taux directeurs pour soutenir la croissance comme au Brésil par exemple.

Le risque politique et géopolitique, l'épée de Damoclès

Comme depuis maintenant plusieurs mois, le risque provient des évènements à caractère politique. Si les tensions entre la Corée du Nord et les États-Unis se sont apaisées après un pic cet été, elles ne vont pas disparaître du jour au lendemain tout comme celles au Moyen-Orient. En Europe, les discussions sur le brexit sont au point mort (même si l’impact est mineur aujourd’hui) alors que l’indépendance de la Catalogne va se régler dans les urnes en décembre.